Publié dans Chronique

Je lis encore des manga !

Vous vous dites sûrement « tiens, tiens, Léa… tu es bien active pour quelqu’un qui n’a quasiment rien posté en deux ans »… Hé bien la raison est très simple : j’ai un mémoire à écrire, et c’est bien plus intéressant pour moi de procrastriner et d’écrire ici plutôt que de rédiger ledit mémoire !!! Et parmi mes autres façons de constamment repousser le moment de travailler, il y a aussi… la lecture ! Mais pas la lecture d’ouvrages en rapport avec mon mémoire, non… quel intérêt ? A la place, je lis des manga !

C’est quelque chose que j’ai repris récemment. Ca faisait bien quelques années que je ne lisais plus régulièrement : pas le temps, pas l’argent. J’avais un peu décroché, je n’étais plus au courant des nouvelles sorties, je n’arrivais pas à compléter mes séries. Puis c’est revenu tout seul ! Je suis dans une période où j’achète, j’achète, j’en termine un, j’en rachète deux autres derrière. Je pense que je suis dans une période où j’en ai bien besoin.

Par contre, je ne consomme plus comme avant : principalement des one-shots, que des séries courtes. Je me remets doucement dans le bain, on verra plus tard pour les séries qui font plus de 30 tomes !

Bref, je parle, je parle, mais qu’est-ce que je lis ? Je vous présente mes dernières découvertes.

My Broken Mariko de Waka Hirako, disponible aux éditions Ki-oon.

C’est une lecture courte… mais qui restera longtemps avec moi.

Tomoyo est chamboulée lorsqu’elle apprend le décès de son amie Mariko. Après une vie d’abus et de violences, elle s’est finalement donnée la mort. Après tout ce que son père lui a fait subir, Tomoya est folle de rage à l’idée qu’il ose seulement lui rendre hommage. Ni une ni deux, elle se rend chez lui, s’empare des cendres de son amie… et fuit.

C’est un récit bouleversant, qui déborde d’émotions. Qui déborde de douleur et de rage. Le trait est brut, plein d’énergie, à l’image de Tomoyo qui fonce, qui va droit de l’avant, pour essayer de comprendre l’incompréhensible, accepter l’inacceptable, trouver le moyen d’offrir à Mariko un dernier adieu. Les thèmes sont durs mais traités avec beaucoup de justesse et de sensibilité, et l’autrice dépeint avec brio la relation qui en découle entre les deux jeunes femmes : un mélange ambigu d’amité, de jalousie, de dépendance affective, de sentiment maternel et d’amour. Tout va très vite, aussi vite que les émotions contradictoires de Tomoyo se bousculent dans sa tête, et tout est très fort.

Ki-oon nous propose une très belle édition avec une jolie jaquette gaufrée, fidèle à l’originale, une interview de l’autrice et Yiska, son one-shot western en bonus.

J’ai particulièrement apprécié l’interview où elle explique sa volonté de dessiner une héroïne impulsive, clope au bec, qui ne soucie pas de son apparence, qui hurle, avec la morve qui lui dégouline encore du nez.

« Ce que je recherche, ce sont des héroïnes moins genrées, plus nuancées, qui ne sont pas dépeintes de manière conventionnelle, même si elles sont bien dotées d’un corps féminin. »

Moi aussi Waka Hirako, moi aussi !

Je suis née dans un village communautaire de Kaya Takada, disponible aux éditions Rue de L’échiquier.

Je triche… ce n’est pas du tout une lecture récente ! Mais je veux en parler depuis tellement longtemps sans jamais vraiment avoir eu l’occasion que je me permets de le caser ici.

Si vous me connaissez un peu, vous savez que j’aime beaucoup tout ce qui est inspiré de faits réels, et plus particulièrement, les autobiographies, les témoignages… J’ai donc trouvé mon compte dans ce manga où l’autrice raconte les 19 ans qu’elle a passé au sein d’un village communautaire, une sorte de société alternative auto-gérée et où les biens matériels sont partagés.

C’est un concept qui me fascine, un mode de vie auquel je pourrais totalement aspiré de prime abord, et un sujet que j’avais rapidement survolé en cours lorsqu’on avait étudié l’oeuvre de Saneatsu Mushanokôji, un romancier de l’ère Shôwa appartenant au mouvement Shirakabaha qui a notamment fondé un village communautaire, Atarashiki-mura. Les villages communautaires font partie des idées qui ont l’air fort chouettes sur le papier mais qui sont la porte ouverte à moultes dérives une fois mises en oeuvre.

Kaya Takada le montre très bien dans son récit où les enfants sont maltraités et exploités. Quand je n’étais pas révoltée, j’étais presque émue aux larmes lorsque l’autrice relatait certaines anecdotes : battue, affamée, parfois même torturée. Les adultes ne vivent pas forcément mieux. Alors que cette société se veut égalitaire, les personnes en charge des ressources abusent de leur pouvoir et vivent confortablement pendant que certains foyers peinent à s’habiller en hiver.

C’est une réalité très dure qui est comptée dans ce manga, mais l’autrice se remémore ces souvenirs avec légèreté. Le ton, qui est celui de l’enfant insouciante qu’elle était à l’époque, contraste avec les horreurs dépeintes. Dans son récit, on sent une fillette curieuse, bornée, innocente et intelligente, qui était vouée à choisir une vie en dehors de cette communauté.

Je n’entends jamais parler de ce manga mais je ne peux que vous le recommander. Même si elle souffre parfois de quelques longueurs et répétitions, c’est une histoire qui vaut la peine d’être lue !

blanc, tomes 1 et 2, de Asumiko Nakamura, disponibles aux éditions Hana.

J’adore Doukyuusei, j’adore Asumiko Nakamura, c’est un manga que j’ai lu il y a des années et, encore aujourd’hui, il suffit que je le feuillette pour qu’il me mette dans tous mes états. Presque dix ans plus tard, blanc, c’est la suite de l’histoire de Rihito et Hikaru, maintenant adultes, leur promesse de se marier toujours en suspend.

Evidemment, j’adore aussi ! Rien que les couvertures qui se complètent sont magnifiques… et reflètent bien toute la douceur de l’histoire. Histoire qui n’en est pas moins chargée d’émotions ! Certaines des thématiques me touchent tout particulièrement, surtout la relation à distance à une période si charnière pour les deux héros ; blanc s’attarde sur le passage à l’âge adulte, les questionnements qui l’accompagnent et sur comment les gens changent et s’éloignent malgré eux. D’autres thèmes lourds sont abordés : le deuil, l’homophobie… Au début, naïve que j’étais, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus feel-good ! Heureusement, l’autrice sait récompenser ses personnages en leur offrant une conclusion aussi belle qu’émouvante. C’est un manga qui m’a fait beaucoup de bien, et ça aurait été une belle façon de dire au revoir à ses personnages… mais !…

Il semblerait qu’Asumiko Nakamura n’en ait pas encore fini avec eux puisqu’elle publie actuellement les chapitres d’une nouvelle série : Futarigurashi. J’espère qu’on l’aura aussi en France dans quelques années !

Boire pour fuir ma solitude de Kabi Nagata, disponible aux éditions Pika.

Ici, on aime beaucoup Kabi Nagata. J’ai parlé de ses trois précédents titres, tous publiés en France depuis : Solitude d’un autre genre (My Lesbian Experience with Loneliness) et Journal de ma Solitude (My Solo Exchange Diary), tomes 1 et 2.

Ce nouveau manga est consacré à ses problèmes de santé liés à son alcoolisme, un problème qu’elle a déjà évoqué par le passé mais qui prend la place centrale de cet ouvrage puisque sa consommation a entraîné une pancréatite. Maux de ventre insupportables, séjour à l’hôpital, une alimentation particulièrement restrictive, et une interdiction formelle de retoucher à la boisson… l’autrice est confrontée aux conséquences de ses actions de manière brutale et est contrainte de changer son mode de vie.

Kabi Nagata est la reiiiine de l’introspection et elle n’hésite pas à dévoiler des détails très sombres qui ne la mettent pas en valeur. En ressort un récit authentique, honnête, complètement transparent. C’est la grande force de son écriture, poignante tant elle est crue et dure.

Ceci étant dit, je dois avouer que c’est, jusqu’à présent, son manga qui m’a le moins parlé. Peut-être parce que je peux moins m’identifier à ces problèmes-là, ou peut-être parce que tout le jargon médical et le passage à l’hôpital m’intéressaient moins… mais je n’ai pas été chamboulée par cette lecture comme ça a pu être le cas avec My Lesbian Experience et My Solo Exchange Diary.

Par contre, j’ai trouvé très intéressant qu’elle parle de sa démarche artistique et de comment elle comptait arrêter les autobiographies au profit de la fiction pour ne plus faire de mal à sa famille qui souffrait de voir tous ces détails exposés. Je serais curieuse de voir une histoire originale de sa plume, mais elle brille tellement dans l’autobiographie que je suis aussi très contente qu’elle ait continué dans cette voie. My Wandering Warrior Existence, qui parle de son parcours pour trouver l’amour, est sorti en mars dernier chez Seven Seas en anglais ; j’ai très hâte de le lire.


Et ce n’est pas tout ! Mais je garde la suite pour un prochain article… En tout cas, ça me fait très plaisir de relire beaucoup de manga. En contraste, je ne regarde plus aucun anime… mais ça aussi, ça reviendra.

J’espère vous avoir fait découvrir des titres sympathiques et, en retour, je suis à l’écoute : si jamais vous avez des titres similaires, one shots ou séries en quelques tomes, je suis preneuse de vos recommandations !

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MANKO MONOLOGUE #2 — Boy’s love : fétichisme ou féminisme ?

J’entends d’ici vos cris de surprise… moi non plus, je ne pensais pas qu’il y aurait vraiment une suite à cette série, mais force est de constater que ce débat ne s’éteint jamais et ça m’a toujours démangé d’écrire sur le sujet. Vous l’aurez compris au titre, nous allons parler de boy’s love, un terme qui englobe toutes les histoires de relations amoureuses et/ou sexuelles entre personnages masculins… un genre extrêmement populaire et connu pour être écrit par des femmes, pour des femmes.

On pourrait être tenté de parler de féminisme, car il s’agit de femmes qui ont créé leur propre espace. C’est une façon, autant pour les autrices que pour les lectrices, d’explorer leur sexualité, leur rapport au corps, à l’abris du male gaze. Sur internet, on va trouver beaucoup de gens qui défendent cette idée et nombre d’articles et études l’appuient.

Mais on a également un autre camp, qui prend tout autant de place dans la discussion, qui considère que cette libération se fait au détriment des hommes gays, fétichisés par ces oeuvres qui mettent en scène des schémas relationnels parfois toxiques, véhiculant des idées homophobes, et souvent éloignés de leur réalité.

Pendant des années et des années, quand j’étais encore au collège/lycée, j’étais plutôt de cet avis-là. Si on ne creuse pas trop, c’est facile de réduire tout ce débat au fait que le boy’s love fait de l’ombre aux concernés qui, dans une société encore homophobe et très hétéronormée, ont encore du mal à faire publier leur propre histoire, tandis que des femmes a priori hétéros les traitent comme des fantasmes et se font de l’argent là-dessus. J’ai même un article qui part de ce principe. J’y pose la question suivante : est-ce que le BL et, par extension, toutes ces oeuvres destinés au public féminin qui se servent d’un sous-texte homoérotique pour vendre, peuvent être considérés comme de la représentation LGBT+ ? ou est-ce simplement de l’exploitation ?

Je ne l’ai jamais supprimé parce que, de toute évidence, il attire encore du monde et je pense qu’il pose quand même quelques questions intéressantes, mais mon avis a quand même beaucoup évolué depuis. Déjà, je me prends beaucoup moins la tête… mais je me considère aussi un peu plus renseignée sur la question et je vais profiter de cet article pour partager le fruit de mes réflexions avec vous.

Un peu d’histoire

J’ai eu l’occasion de le mentionner quelques fois mais, durant ma licence, j’ai rédigé un mémoire de taille bien modeste sur la revue Takarazuka et le travestissement chez les femmes japonaises. Si le sujet vous intéresse, j’ai un article qui précède mon travail de recherche qui traite aussi du sujet.

J’y analyse notamment pourquoi la revue, exclusivement féminine, a eu autant de succès auprès des jeunes femmes mais aussi comment elle a inspiré le shôjo manga, en particulier l’oeuvre de Tezuka. En 1953, il sort Princesse Saphir, considéré comme un des premiers manga du genre et dont les éléments visuels s’inspirent de la revue Takarazuka. Son héroïne a deux coeurs : celui d’une femme, et celui d’un homme. Elle est basée sur les actrices « otokoyaku », qui incarnent les rôles masculins.

Dans les années 70, le genre va vraiment se développer grâce à des autrices qui vont introduire de nouvelles thématiques dans leurs histoires, souvent plus matures, qui ont permis au shôjo d’être pris un plus au sérieux et de toucher un public plus large. On parle du « groupe de l’an 24 » pour désigner toutes ces autrices qui ont fait partie de « l’âge d’or » du shôjo et qui ont permis aux jeunes filles, comme la revue Tarazuka avant elles, d’explorer leur corps, leur genre et leur sexualité à travers la fiction.

Parmi ces autrices, on peut citer Riyoko Ikeda et son manga La Rose de Versailles, paru pour la première fois en 1972, avec une héroïne encore une fois calquée sur la figure de l’otokoyaku. En retour, l’oeuvre a été adaptée au théâtre par Takarazuka deux ans plus tard et demeure l’une des pièces les plus populaires de la revue.

Et, dans le même temps, le proto-boys love, un peu dans la même veine que le shôjo manga puisqu’il s’adresse au même public, fait son apparition. Deux ans avant La Rose de Versailles, Keiko Takemiya sortait In the Sunroom, où, pour la première fois, on voyait deux personnages de sexe masculin échanger un baiser. Elle est rapidement suivie de Moto Hagio (Le coeur de Thomas) et Yasuko Aoiki (From Eroica with Love), toutes deux de la génération du groupe de l’an 24, qui dépeignent également des relations homoérotiques dans leurs oeuvres. Et ça plaît !

Comme je me suis penchée sur tout ça pour un mémoire, vous vous doutez bien que j’ai des sources pour expliquer pourquoi ! Deborah Shamoon en particulier est une chercheuse dont les travaux m’ont beaucoup aidée. Dans Passionate Friendship – The Aesthetics of Girls’ Culture in Japan, elle explique ceci :

Les histoires des boy’s love permettaient aux dessinatrices de shôjo manga de dépeindre la sexualité et l’érotisme d’une façon rassurante et inoffensive. Comme les personnages sont des garçons, la lectrice peut prendre de la distance par rapport à son propre corps mais aussi, s’éloigner des idées de mariage et de grossesse. En outre, dans les années 1970, il était plus facile d’imaginer des garçons avoir une vie sexuelle active plutôt que des filles.

Et elle fait également remarquer que les personnages masculins, de par leur apparence féminine invitent à l’identification. On peut faire le parallèle avec exactement tout ce qui se disait des otokoyaku au théâtre.

Il n’est donc pas étonnant que, rapidement, les sous-entendus ont été remplacés par des productions explicites, sans ambiguïté. On est toujours dans les années 70 quand se tient le premier Comiket, plus grand rassemblement de créateur·ices amateur·ices. On parle alors de dôjinshi pour décrire les créations de fans auto-éditées que ça soit des bandes dessinées, de la musique ou des jeux. C’est dans ce contexte que naît le « yaoi » pour qualifier toutes ces productions parodiques mettant en scène des personnages masculins dans un contexte sexuel. Et ça plaît !

Au début des années 80, suite au succès de Kaze to ki no uta, l’éditeur Magazine Magazine se lance dans la publication de magazines yaoi, le plus iconique étant JUNE, magazine auquel Takemiya Keiko sera d’ailleurs une importante contributrice.

Le yaoi devient tellement populaire qu’il éclipse finalement les shôjo qui demandait à ce qu’on lise entre les lignes. Le genre explose carrément dans les années 90 avec des artistes amateurs qui voient leurs oeuvres être publiées dans des magazines shôjo et les magazines dédiés se multiplient, avec Be x Boy en tête des ventes. Pour illustrer ce phénomène, on pense tout de suite à CLAMP, qui a débuté comme un cercle doujin et qui a publié tout un tas de manga présentants des éléments « yaoi » à partir des années 90, comme Tokyo Babylon ou le très connu Cardcaptor Sakura.

Le terme « boys love » apparaît alors à cette période pour décrire les oeuvres commercialisées dans un cadre plus professionnel. On les différencie des productions doujin, à qui on continue de coller l’étiquette yaoi. Et, à l’époque, le genre créait déjà la controverse : à partir de 92, un débat par essais interposés méconnu sous le nom de « débat yaoi »/yaoi ronsô s’invitera dans les pages du magazine Choisir. D’un côté, des militant·es gays et féministes accusant le genre d’être homophobe et misogyne, et de l’autre, des autrices et éditeur·ices de manga yaoi qui avancent les arguments exposés plus haut dans cet article, à savoir que… c’est une manière pour les femmes d’échapper au male gaze, d’explorer leur sexualité en toute sécurité, et il n’y a pas prétention de représenter la réalité. C’est quand même cocasse de remarquer que le débat n’a pas vraiment changé, même des décennies plus tard !

Ces différents essais vont être publiés pendant plusieurs années, certaines autrices reviendront aux romances hétéros suite aux représailles et les « BL studies » deviendront un véritable champ d’étude.

Si là encore, vous voulez lire un chercheur qui a beaucoup étudié la question, il y a Mark McLelland. Pour la terminologie et le yaoi ronsô, j’ai pioché mes infos dans l’ouvrage Boys Love Manga and Beyond: History, Culture, and Community in Japan mais il a encore bien d’autres publications sur le sujet.

Malgré la controverse et l’émergence du terme péjoratif « fujoshi » sur 2chan… le succès du yaoi/BL va en grandissant et, quand on assiste à la naissance d’Otome Road en 2004, il est omniprésent aux côtés des autres médias joseimuke (destinés au public féminin).

Critiquer le BL aujourd’hui : légitime ou misogyne ?

De mon expérience… une dizaine d’années en arrière, il était accepté comme une vérité que les « fans de yaoi » objectifiaient les hommes gays et, à l’époque de Tumblr, on assistait effectivement à une vague d’adolescentes qui aimaient exclusivement des pairings MxM, qui les qualifiaient, en anglais, de « sinful », et qui imposaient ça à des personnes réelles, que ça soit en comparant des relations gays dans leur entourage de « yaoi » ou en prêtant des relations amoureuses à des personnalités publiques un peu trop proches (Dan et Phil étant sûrement les plus grandes victimes de cette époque).

Maintenant, avec le recul, et tout le contexte que je vous ai donné plus haut, je comprends mieux la psychologie derrière le phénomène : à cet âge-là, en pleine puberté, on découvre la sexualité, on explore ses préférences, on se pose parfois aussi des questions sur son genre, et c’est rarement dans le hentai qu’on trouve des réponses parce que les personnages féminins y sont, là pour le coup, vraiment traiter comme des objets et c’est en général beaucoup plus vulgaire et toujours exclusivement destiné à un public masculin.

Ajoutez à ça le fait que, en tant que femmes, on nous apprend dès le plus jeune âge à avoir honte de notre corps, à le cacher, à ne pas le toucher, et ça rend le rapport à la sexualité d’autant plus compliqué. On n’ose pas toujours se toucher, se masturber, se regarder dans le miroir, aller voir ce qu’on a entre les jambes. Quand on ne se sent pas à l’aise avec son propre reflet, c’est normal de trouver refuge dans les représentations de relations entre hommes parce que c’est une vision de la sexualité dont on peut se détacher. C’est malheureusement un fardeau universel, ce qui explique que le BL ait trouvé un public au Japon comme en Occident, et que le « yuri » ne soit pas une solution magique.

Est-ce que les « yaoi fangirls » de Tumblr étaient gênantes ? Et parfois à la limite de l’homophobie ? Et est-ce que ça a affecté de vraies personnes gays ? Oui. Indéniablement.

Mais c’est quand même important de prendre tout ce contexte culturel et sociologique en compte quand on porte un regard critique sur le BL.

Et si je parle au passé, c’est parce que j’ai l’impression que cette ère est révolue. Il y a sûrement toujours des personnes jeunes qui expriment leur passion de manière qui peut faire grincer des dents, mais le BL a quand même beaucoup évolué, sa communauté aussi, et, de nos jours, on pousse la réflexion un peu plus loin que simplement « yaoi=pas bien ».

La tendance s’est même inversée et on se demande maintenant si ça ne serait pas misogyne de prendre un intérêt pour le BL comme prétexte pour attaquer des jeunes femmes sur internet et/ou cracher sur leur travail.

Un exemple tout bête (mais on peut en trouver bien d’autres) : l’année dernière, suite à un tweet qui a pas mal tourné, plein de gens ont découvert que Suekane Kumiko, l’illustratrice des premiers Ace Attorney sur GBA, avait commencé sa carrière en dessinant des doujinshi yaoi. C’est d’ailleurs le cas de beaucoup d’artistes dans le milieu !

Mais quoi qu’il en soit, les réactions ont été virulentes : on la condamne immédiatement et on agit comme si elle avait fait quelque chose de profondément répréhensible qui vaudrait presque le boycott ou au moins de remettre en question notre appréciation de son travail sur des franchises tout public. « Fujoshi » est ré-utilisé comme un terme péjoratif, comme quelque chose dont les femmes devraient avoir honte, alors même que, depuis sa création sur 2chan aux débuts des années 2000, plein de femmes japonaises (et même des hommes, qui utilisent le terme fudanshi) avaient commencé à se qualifier comme tel.

Et je suis sûre que la plupart des gens qui sont contre le BL sans trop y réfléchir (juste parce que, dit comme ça, « fétichiser les hommes gays c’est mal », ça a effectivement l’air tout à fait logique) sont plein de bonnes intentions mais il faudrait veiller à ne pas franchir la limite de la misogynie et à harceler des créatrices juste parce qu’on suppose qu’elles sont hétérosexuelles et qu’elles dessinent autre chose que des relations hétéros.

Et au Japon ? L’avis des personnes concernées

Tout au long de la précédente partie, je me suis concentrée sur les débats qui avaient lieu par chez nous, en Occident, et des fans dans les cercles principalement francophones et anglophones, tout simplement parce que c’est ce que j’ai observé moi et que c’est ce qui va vous parler à vous. Mais qu’en disent les japonais·es ?

Quelques années en arrière, j’avais lu un article très intéressant qui rassemblaient les témoignages d’hommes japonais gays avec des avis divers et variés sur le BL. Certains n’avaient rien contre, d’autres étaient mal à l’aise et avaient l’impression que ça leur portait préjudice, d’autres en lisaient et pensaient que ça avait un impact positif sur la perception des personnes LGBT+ au Japon. Malheureusement, il n’est plus en ligne ! Mais il n’est pas dur d’imaginer que chaque individu est différent et que tout le monde n’a pas la même opinion ou les mêmes goûts.

Si on s’intéresse à des personnalités plus publiques, on ne manque pas d’exemples de personnes concernées ou spécialistes du domaine constater l’évolution du BL.

En 2015, Tagame Gengoroh a participé à une conférence sur les bande dessinées gays au Japon dans le cadre du Toronto Comic Arts Festival.

Tagame a co-fondé le magazine G-men en 1995, une publication dédiée aux hommes gays avec, entre autres, des bande dessinées mettant en scène des personnages masculins bien en chair mais musclés, virils, poilus et barbus, parfois adeptes de BDSM, dans un style très cru, qu’on identifie comme le « bara » par chez nous (bien que le terme ne soit pas approprié). Tagame est considéré comme un pionnier du genre qui a redéfini le manga gay (« gei komi ») mais il est aussi connu en Occident pour ses plus récentes oeuvres, accessibles car tout public et ayant pour sujet non pas le sexe mais le quotidien des hommes gays au Japon.

Le mari de mon frère, 2014
Our Colorful Days, 2018

Lors de ladite conférence, Tagame explique que la frontière entre le gei komi et le BL est devenue quelque peu floue : on pourrait distinguer les deux en disant que le gei komi est écrit par les hommes avec des personnages baraqués alors que le BL est écrit par des femmes et met en scène des romances plus tendres avec des personnages effeminés… mais ce n’est plus toujours le cas ! Les femmes aussi écrivent des scènes de sexe considérées « hardcore », et utilisent même parfois un nom de plume masculin pour être publiées dans des magazines de gei komi. Il a également pu constater que ses collègues s’illustrant dans le BL ne sont plus exclusivement des femmes hétérosexuelles. Il y a des lesbiennes. Des personnes transgenres. Ces changements poussent à remettre en question la façon dont on catégorise ces manga, qui les dessine et à qui ils s’adressent.

Plus récemment, en 2020, Bunshun Online a organisé une table ronde rassemblant Nanasaki Ryousuke (l’auteur du roman autobiographique Until I Meet My Husband, adapté en manga et publié sur Bunshun Online en 2020), Mizoguchi Akiko (militante lesbienne spécialisée dans les BL studies) et Matsuoka Soushi (militant et journaliste gay).

Les trois s’accordent à dire que si le BL de l’époque véhiculaient beaucoup de clichés, on trouve aujourd’hui de plus en plus d’oeuvres qui les dénoncent et qui se veulent plus réalistes. On critiquait la toxicité des relations : des rapports forcés, des kidnappings ou encore des séquestrations… et on reprochait le rejet de l’homosexualité. Les protagonistes n’étaient jamais gays, ils faisaient juste une exception parce qu’ils avaient trouvé quelqu’un de « spécial ». Mais les titres plus récents ont des dialogues plus « politiquement corrects » et certains s’ancrent dans la réalité en dépeignant des personnages gays qui prennent conscience de leur sexualité, font leur coming out, sont confrontés aux réactions de leur proche et parfois à l’homophobie…

Mizoguchi souligne que de plus en plus d’oeuvres cherchent à montrer la réalité des personnes gays au Japon, dénoncent les discriminations et proposent même des solutions pour y faire face. Elle estime donc que ces manga peuvent être d’une grande aide pour les plus jeunes qui se cherchent encore (et elle prend son propre exemple en citant Mari to Shingou, un manga BL des années 80 qui l’a aidé à accepter son homosexualité).

A côté de ça, elle ne rejette pas pour autant les manga complètement fantaisistes (et cite même l’omegaverse) car on parle avant tout de fiction et les lecteur·ices de BL aussi cherchent à s’évader. Ceci étant, les titres qui se déroulent dans le Japon d’aujourd’hui ne contiennent généralement plus de violences sexuelles.

Mizoguchi a écrit nombre d’ouvrages à ce sujet ; l’interview en mentionne deux, inédits en anglais ou en français :

BL進化論 ボーイズラブが社会を動かす, 2015 (illustré par Nakamura Asumiko !)
BL進化論[対話篇] ボーイズラブが生まれる場所, 2017

Quant à Nanasaki, son roman et le manga qui s’en inspire ont tous deux été traduits en anglais en 2022.

Enfin, à la même période où j’avais lu le fameux article aujourd’hui supprimé dont je vous parlais plus haut, j’avais aussi regardé une vidéo très intéressante de Masaki C. Matsumoto, un youtuber japonais bi qui faisait pas mal de vidéos autour de la communauté LGBT+ japonaise et qui avait notamment partagé son expérience avec le BL. Là encore, la vidéo a été supprimée ! Cependant, il est revenu un peu dessus fin-2020 sur son compte Twitter…

Il explique que son opinion ne devrait pas être mise sur un piédestal juste parce qu’il fait partie des « concerné·es » et qu’il ne souhaitait pas que ses propos soient utilisés comme une arme dans ces débats. Il note aussi très justement que si certains BL sont homophobes et voire même transphobes, on retrouve des oeuvres tout aussi problématiques dans à peu près tous les genres de littérature. Enfin, il faut accepter que certaines personnes gays ne vont pas se reconnaîtrent dans le BL, et d’autres vont y trouver du réconfort. Il faut de tout pour faire un monde !

Dans un article Medium, il parle (avec beaucoup de justesse) plus en détails de représentation et de BL. Il explique que même les dynamiques perçues comme « malsaines » ont le droit d’exister dans la fiction gay. Les relations gays, comme les relations hétéros, sont complexes, pas toujours toutes roses, et on ne devrait pas avoir à aseptiser nos histoires.

On peut encore trouver bien d’autres témoignages, mais, le fin mot de l’histoire, c’est que même au Japon, le BL n’a plus aussi mauvaise réputation. Pour se faire un avis, je pense que c’est important d’écouter aussi ces voix-là, mais, comme Masaki le fait remarquer, une opinion ne vaut pas forcément plus qu’une autre et c’est aussi bien de développer sa réflexion en faisant appel à notre esprit critique.

Conclusion : des arguments de mauvaise foi

En ce qui me concerne… j’ai fait la paix avec le BL. Maintenant que j’ai pris un peu de recul, je me rends compte que le summum du militantisme n’est pas de mener une croisade contre un genre qui n’est pas fondamentalement mauvais.

En plus, il y a des titres que j’adore, des doujinshi que je relis sans cesse, et ça serait hypocrite de ma part d’essayer de prouver par A+B qu’ils sont différents des autres BL pour une raison X ou Y. J’aime aussi les anime joseimuke, j’y ai consacré ce blog !, et ils sont intimement liés au BL, c’est fait dans le même moule ! Je ne suis pas différente des fujoshi que je pointais du doigt. C’est du contenu que je consomme et que je consommais, et il n’y a pas de façon « moralement supérieure » de l’apprécier.

Je vais terminer sur quelques arguments avec lesquels je ne suis plus d’accord.

  • « C’est par des femmes hétéros pour des femmes hétéros, c’est de la fétichisation des hommes gays »

Je pense qu’il est difficile d’affirmer ça aujourd’hui quand des auteurs et autrices de BL utilisent des noms de plume, restent parfaitement anonymes, ou bien ne se prononcent tout simplement pas sur leur orientation sexuelle.

De même, les personnes qui consomment du BL, aussi cringe étaient-elles dans leur jeunesse !, se révèlent souvent faire partie de la communauté LGBT+ et/ou sont des femmes qui ne fétichisent/objectifient/fantasment pas du tout sur les hommes gays dans la vie de tous les jours mais trouvent un refuge dans les romances et récits érotiques pour les raisons précédemment exposées.

J’arguais pendant un moment que cette exploration, cette libération, cette création d’un espace propre aux femmes, se faisait aux dépens des hommes gays mais aujourd’hui je pense sincèrement que le BL, même s’il a considérablement gagné en popularité, reste un genre de niche qui n’est pas comparable aux médias de masse tout public et, par conséquent, son impact sur la population homosexuelle est bien moindre. Je ne pense pas que le BL fasse de mal à grand monde et, certes, on a établi plus tôt que des jeunes filles étaient et sont toujours encore probablement homophobes sans vraiment le vouloir à cause de comportements immatures mais on retrouve des éléments perturbateurs dans tous les fandoms et ce n’est pas pour autant que l’oeuvre ou, en l’occurence, le genre est à bannir dans son intégralité.

Dans les fandoms avec une majorité masculine, on est souvent confrontées à énormément de misogynie, de sexualisation, de toxicité, de harcèlement, et, pour le coup, c’est un danger beaucoup plus tangible qui touche de vraies personnes.

  • « Les femmes qui écrivent du BL monopolisent l’espace pendant que les hommes gays manquent encore de représentation »

J’y croyais dur comme fer mais on en revient au point évoqué plus haut : on ne s’en rend pas forcément compte quand on est en plein dedans mais le BL reste quelque chose de très niche qui n’empiète sur le terrain de personne. Même sans BL, les personnes gays (au Japon et ailleurs) n’auraient pas plus de représentation, et certainement pas dans les médias tout public.

Et je disais aussi beaucoup que, comme c’est majoritairement destiné à des femmes hétéros, le BL ne pouvait pas être qualifié de « représentation », mais maintenant je me prends moins la tête sur ce qui peut être considéré comme de la représentation ou pas. Des personnes LGBT+ y trouveront leur compte, au Japon comme dans le reste du monde. Ce n’est pas toujours réaliste, ce n’est pas toujours des relations saines, mais la fiction gay a le droit, elle aussi, d’exister sous toutes ses formes. La fiction est justement faite pour explorer des scénarios à l’opposé de notre réalité, pour explorer des thèmes sombres et immoraux qui n’ont justement pas lieu d’exister autrement, etc.

Maintenant, je ne vois plus la « représentation » avec des codes très stricts et je me rends aussi compte que tout n’a pas pour vocation d’être de la représentation (et ce n’est pas grave !).

  • « Le BL est rempli de stéréotypes négatifs et homophobes »

En règle générale, on l’entend moins cet argument… parce que maintenant, on a plein de BL qui prouvent le contraire. Il y a toujours des histoires discutables mais c’est le cas partout, même dans des genres aussi populaires que le shôjo et le shônen.

  • « C’est l’équivalent des mecs qui regardent du porno lesbien »

Un raccourci très simpliste qui ignore totalement les raisons pour lesquelles les hommes regardent de la pornographie lesbienne au point d’en faire une des catégories les plus populaires sur les gros sites et pourquoi les femmes sont attirées par les romances érotiques gays, le BL, parfois le porno gay même s’il ne leur est pas destiné.

On a parlé du rapport au corps qui peut être compliqué pour les femmes à cause de la société qui nous inculque qu’on doit en avoir honte, qu’on doit le cacher, et du fait que, pour découvrir sa sexualité, indépendamment de notre orientation sexuelle, il était parfois plus simple de se tourner vers des contenus où nous ne sommes pas mises face à notre propre corps et, surtout !, des contenus érotiques qui ne sont pas soumis au male gaze et qui prend en compte nos préférences à nous.

Logiquement, on se tourne vers quelque chose comme le BL.

Les hommes, hétéros précisons-le, ne souffrent pas de ce rapport au corps complexe et, s’ils créent et consomment du porno lesbien, c’est avant tout pour s’insérer dans un schéma qui, par sa nature, les exclus. On est toujours dans la sexualisation, l’objectification et le contrôle du corps de la femme et on refuse qu’elle puisse avoir une sexualité qui n’inclu par un homme donc on en fait un spectacle, bien éloigné de la réalité des relations lesbiennes, pour le simple divertissement des hommes hétérosexuels.

Bref, si on ne fait pas preuve de mauvaise foi, il est vite évident que les deux ne sont pas comparables pour une multitude de raisons.

Et avec ça, j’arrive à la conclusion de ma réflexion de plusieurs années sur le boys love. On peut ne pas aimer, on peut être critique à l’égard du BL, mais pour que le débat ne soit pas stérile, il faut prendre tout un tas de paramètres en compte et laisse tomber les arguments qui ont été démontés il y a des années de cela.

Avec le recul et ce que je lis parfois sur internet de la part d’antis (référence au premier Manko Monologue !), j’en viens à me demander si cet acharnement envers le BL vient réellement d’une volonté de défendre les droits des personnes LGBT+ ou si ça ne serait pas plutôt un prétexte pour censurer une fois de plus la sexualité et le travail des femmes.

Mais… fin du monologue, je vous laisse la parole.

Publié dans Visual Novel

Week-end à Hinamizawa avec Higurashi When They Cry – Rei

Je ne pensais pas remettre les pieds à Hinamizawa pour une nouvelle aventure de si tôt… c’était sans compter sur la sortie de Higurashi Rei, le fandisk sorti au Japon en 2009, enfin disponible chez nous depuis début juin !

Petit rappel pour les néophytes : un fandisk, c’est du contenu bonus sous forme d’un nouveau jeu. Généralement, ce sont des histoires inédites, des scénarios alternatifs, de nouvelles illustrations, parfois des mini jeux, des nouvelles OST ou pistes audio… c’est, de manière totalement assumée, du fanservice ! et ça, on adore !

Ici, ce sont trois nouveaux chapitres, pas nécessairement canon, et beaucoup plus courts que ceux de l’histoire principale. C’est la première fois qu’ils sont officiellement traduits en anglais mais le contenu vous sera peut-être familier si vous avez regardé les anime Higurashi Rei et Higurashi Kira. Ce n’était cependant pas mon cas donc tout était complètement nouveau pour moi et j’ai adoré pouvoir, en 2022, continuer cette histoire que j’aime tant, sous le format que je lui préfère, écrite de la main de Ryûkishi07 en personne (ce que j’estime avoir bien mérité après Gou et Sotsu).

Après… qu’est-ce que ça vaut ? Il y a un peu de tout dans Rei : une écriture brillante, des réflexions profondes, mais aussi des moments déjantés, voire vulgaires. Qu’on aime Higurashi pour son histoire, son humour, ou les deux !, on trouve forcément son compte (et c’est un peu tout ce qu’on peut espérer d’un fandisk).

Saikoroshi : le meilleur de Higurashi

Cette histoire se déroule après les évènements de Matsuribayashi, le dernier chapitre de Higurashi. C’est une sortie d’épilogue et, pour vous en parler, je vais forcément devoir vous divulgâcher la fin du visual novel. Il va donc sans dire que si vous ne l’avez pas encore terminé, il vaut mieux pour vous que vous ne lisiez pas les lignes suivantes !

Dans la lignée des deux derniers chapitres du jeu, nous suivons l’histoire du point de vue de Rika, de retour une ultime fois en juin 1983 après avoir été percutée par une voiture. Mais ce fragment est de loin le plus singulier jusqu’ici : aucun conflit n’a eu lieu autour du projet de construction de barrage puisque les habitant·es ont accepté sans trop faire de vagues. Les parents de Satoko sont donc restés en bons termes avec le reste du village, Satoshi n’a jamais disparu, les parents de Rika sont encore en vie, ceux de Re(i)na sont encore mariés, Keiichi n’a jamais déménagé à Hinamizawa, le club ne s’est pas formé, et Rika mène une vie solitaire, à l’écart de la classe. Takano Miyo non plus n’est jamais venue à Hinamizawa et aucune recherche sur le syndrome n’a lieu à la clinique du village.

Quelque part, c’est le monde parfait : aucun des personnages n’a commis de meurtre ou de violence, personne n’est victime du syndrome, et nul ne menace le village qui va de toute façon être submergé, cette fois-ci avec le consentement de ses habitant·es. La seule personne qui ne se sent pas à sa place ici, c’est Rika. Elle n’a plus sa bande d’ami·es, Satoko la harcèle, les habitant·es ne la vénèrent plus et même Hanyuu manque à l’appel.

Dans cette configuration, où toutes les personnes à qui Rika tient le plus n’ont eu à endurer aucun traumatisme, est-ce bien raisonnable pour elle de vouloir perturber le cours de ce fragment pour retourner dans son monde ?

Je suis trop trop contente que ce chapitre existe !!! C’est un scénario presque évident qui méritait d’être exploré et l’écriture est largement à la hauteur des chapitres qui le précèdent. Les enjeux, le conflit interne de Rika, les moments glaçants, l’émouvante conclusion… c’est du Higurashi dans toute sa splendeur.

Et j’apprécie tout particulièrement que, contrairement à Gou et Sotsu (que j’apprécie quand même dans une certaine mesure), l’histoire de Saikoroshi fait suite à Higurashi sans entâcher le canon et complètement dénaturer les personnages.

Rien que pour ce chapitre, je ne peux que conseiller d’acheter Rei, qui fait partie intégrante de l’histoire à mes yeux. C’est aussi un peu l’attraction principale : on en a pour 3 ou 4 heures de lecture et les deux chapitres sont suivants sont beaucoup plus légers, n’ont pas la prétention d’être canon, et durent respectivement ~1h et ~30 minutes.

Hirukowashi : Higurashi sous crack

Ce chapitre se prend nettement moins au sérieux et se base sur le jeu de combat Higurashi Daybreak où deux trésors sacrés du sanctuaire Furude se perdent dans Hinamizawa.

Ici, Rena avale par mégarde le magatama rouge qui va la rendre inconditionnellement amoureuse de quiconque détient le magatama blanc. Le problème, c’est ce deuxième talisman va faire le tour du village, et passer par Tomitake, Takano, Oishi… entre les mauvaises mains, le destin de la Rena pourrait basculer.

gay

Là encore, on est sur du classic Higurashi, mais le Higurashi bon délire et sans prise de tête des débuts de chapitre quand rien n’a encore tourné au vinaigre. C’est cette ambiance-là, sous stéroïdes.

Aucune doute que le scénario va mettre certaines personnes mal à l’aise, et… à juste titre, parce que Higurashi a la sale habitude de sexualiser ses personnages qui sont, quasiment tous sans exception, des enfants… Donc voir Rena se jeter dans les bras des différents adultes de la série, dont certains prêts à accepter ses avances malgré son jeune âge, c’est discutable voire malaisant mais… ! Je dois dire que… sur l’échelle du malaise dans Higurashi, ce n’était franchement pas méchant.

Les sentiments de Rena sont innocents et évidemment faux, ils ne sont pas réciproques, les situations sont drôles et virent rarement au glauque, Oishi profite de Rena seulement pour ses talents au Mah-jong, la fin est toute mignonne et régalera les fans de Rena et Keiichi… C’est assez sympa à lire.

Par contre…

Batsukoishi : le pire de Higurashi

Ce chapitre, très court mais aussi très pénible, est un condensé de tout ce qui ne va pas dans Higurashi. Je parlais un peu plus haut de la sexualisation des enfants : hé bah on est en plein dedans ! Batsukoishi devait, à l’époque, être l’afterparty de Meakashi, le chapitre 5. Ryukishi07 s’est cependant ravisé, jugeant que le ton était trop différent, trop frivole. Sage décision ! Mais (mal)heureusement, ce fandisk était un bon prétexte pour utiliser malgré tout ce scénario.

Abattu après plusieurs défaites consécutives durant les activités du club, Keiichi se morfond dans sa chambre. C’est alors qu’apparaissent Oishi, Irie et Tomitake pour le donner un regain de motivation. Comment ? On partageant avec lui toutes les situations dégradantes dans lesquelles il pourrait mettre ses camarades si, enfin, il gagnait. Quatre gros porcs partagent donc leurs fantasmes les plus tordus, fantasmes mettant bien sûr en scènes des fillettes qui ont entre 10 et 14.

Ridicule et sale. La fin est vaguement sympa parce que les filles se vengent en imposant leurs propres fantasmes, tous très humiliants pour Keiichi. On termine sur une parodie de la fin d’Onikakushi qui, je l’avoue, m’a fait sourire !! Mais ce chapitre aurait pu rester aux oubliettes sans que je ne verse une larme.


Vous l’aurez compris, il y a du bon, il y a du mauvais, mais pour la qualité de Saikoroshi et le prix dérisoire du fandisk, je ne peux que vous conseiller de vous le procurer.

Mon seul regret, c’est qu’au lieu de deux histoires humoristiques, il n’y en a pas eu au moins une qui soit complètement inscrite dans le genre horreur parce que c’est quand même quelque chose que Higurashi fait très bien. Mais bon ! Je suis quand même contente d’avoir eu quelque chose de quali à me mettre sous la dent après toutes ces années.

Higurashi When They Cry Hou – Rei est disponible sur Steam et MangaGamer à 4,99€ !
Publié dans News

Free! -the Final Stroke- : la deuxième et dernière partie sort aujourd’hui au Japon !

Est-ce que j’ai abandonné ce blog ? Peut-être. Peut-être un peu. Mais, aujourd’hui, en ce 22 avril 2022, il était impératif pour moi de ressusciter Otome Street, car s’il y a bien une chose qui me fait toujours revenir ici, c’est Free!. Et ce vendredi, Free! se termine au Japon. C’est la fin d’une ère, d’une longue et merveilleuse aventure et, même si je pense sincèrement que la série continuera d’une manière ou d’une autre, Free! tel qu’on l’a toujours connu prend fin. Une page se tourne et je tenais à en garder une trace ici, parce que j’écris sur cette série depuis les tous premiers jours, qu’elle et ses personnages ont grandi avec moi, et que ce petit article est ma façon de lui dire au revoir, même si… on se reverra.

C’est un jour spécial, donc j’écris un article, un petit, mais ça ne sera pas le dernier. Déjà parce que je compte bien faire une review une fois que j’aurai vu le film… mais aussi parce que je suis persuadée que Kyoto Animation n’en a pas fini avec Free!, et les spoilers que j’ai pu lire sur la fin du film me le confirment… J’ai bon espoir que Free! reviendra, même si c’est sous une autre forme, avec d’autres personnages… je pense que le studio se laisse la possibilité d’éventuellement continuer à traire sa vache à lait un jour. Et je serai au rendez-vous.

Mais en attendant, j’ai un petit pincement au cœur, pas tant parce que ça se termine, car ça, je l’ai déjà plus ou moins accepté et je pense même que c’est ce qu’il y a de mieux pour la série. Non, ce qui me chagrine, c’est surtout que ça se termine si loin de moi. Je vis cette fin à travers des tweets, des images, des spoilers. Nous autres fans internationaux ne pourront pas visionner le film avant plusieurs mois (et je ne parle même pas de le regarder légalement car ça n’a l’air d’intéresser aucun éditeur…). Quelque part, ça retarde l’échéance, d’un autre, ça me frustre !!! J’aurais aimé pouvoir profiter un peu plus de Free! une dernière fois.

J’essaie de me dire que l’émotion ne sera que plus grande quand, enfin!, je verrai cette conclusion de mes propres yeux. Une conclusion tant redoutée, mais je suis fière et satisfaite que Free! soit la seule série que KyoAni ait fait durer aussi longtemps, alors que jusque là, le studio, même pour ses séries les plus populaires, n’allait jamais plus loin que deux saisons. Free! nous a beaucoup offert. Peut-être même qu’il n’a pas fini. Merci, pour tout. Les émotions, les rencontres, la passion.

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Eté 2021. Cologne, Athènes, Dunkerque, Bruges, Colmar, Rulantica.

Nous sommes à cette période de l’année où il fait froid, le ciel est gris, aucun manteau n’est trop chaud, il fait nuit à 17h et on a la déprime facile. J’ai donc eu envie de me replonger dans mes souvenirs de cet été ; un article que j’avais déjà envisagé d’écrire à la fin des vacances mais il aura fallu attendre que les températures baissent radicalement pour que je me décide à ressortir mes photos.

J’ai toujours envie de tout partager avec vous, même si je me doute bien que, quand les articles se font rares comme en ce moment, ce n’est peut-être pas ce que la majorité d’entre vous à envie de voir en priorité, mais j’espère réussir à vous emmener avec moi dans mes aventures estivales. J’ai de nouveau eu la chance de pas mal bouger donc, comme pour l’été 2019, on va se poser en mode soirée diapos…


Cologne, Allemagne

Dans un premier temps, j’ai profité du confort et de la généreuse flexibilité des trains à grande vitesse allemand pour aller rendre visite à une amie récemment installée à Cologne pour ses études.

Tant bien que mal et malgré les grandes inondations qui touchaient la France, l’Allemagne et la Belgique à ce moment-là, j’ai réussi à trouver un train direction séjour retrouvailles entre amies le temps d’un week-end même si, situation chaotique oblige, nous n’avons malheureusement pas pu être au complet.

Petit coup de coeur pour cette ville où l’on se sent si bien (en même temps, je suis rarement déçue par l’Allemagne !).


Athènes, Grèce

En manque de catastrophes naturelles, je me suis ensuite rendue à Athènes, en Grèce, pour une petite semaine de vacances en famille, pile au moment où des incendies faisaient rage dans la périphérie de la ville.

J’avoue ne pas être tombée sous le charme de cette capitale mais il n’empêche que j’y ai pris énormément de photos : si vous aimez les ruines, vous allez être servi-es.

Après, je dis que je n’en suis pas tombée sous le charme, mais ça ne veut pas dire que je n’ai pas aimé ce séjour ! C’est juste, je pense, qu’il était long de 10 jours et qu’on n’a franchement pas besoin d’autant de temps pour visiter cette ville (et en plus, il faisait tout le temps 40 degrés, ce qui ne m’a pas aidé à pleinement apprécié le temps que je passais dans les rues d’Athènes !!). Au moins, même si, à un moment, je n’avais plus grand chose à visiter, j’avais toujours de délicieuses choses à manger.


Dunkerque, France / Bruges, Belgique

J’ai terminé mes vacances d’été dans le Nord, dans le coin de Dunkerque, pour voir mon copain. Je n’étais jamais allée dans cette région, ni même dans ses environs, donc tout était à découvrir !


Colmar, France / Rulantica, Allemagne

C’est la fin de l’été, retour à Strasbourg. Mais !…

Juste avant la rentrée, on a fait un saut à Colmar. J’ai pris deux/trois photo alors je les case là.

Peu de temps après, on a aussi eu l’occasion d’aller à Rulantica, le parc aquatique d’Europa Park qui a ouvert fin 2019. Là, je n’ai pas vraiment pu prendre de photos : mon portable était dans un casier et l’endroit n’est pas spécialement photogénique (les seuls endroits d’où je pouvais éventuellement photographier quelque chose étaient des points de vue pas top). Ceci étant dit, j’ai quand même envie d’en parler un peu, donc je vais quand même caser quelques clichés de l’extérieur pour la forme.


J’ai bien cru que je n’allais pas sortir cet article avant 2022 ! Mais le voilà enfin. J’espère qu’il vous aura plus. Toutes les photos ne sont pas de la meilleure qualité : il est loin le temps où je prenais la peine d’utiliser un appareil photo !! Maintenant tout est en format portrait !!! Mais avec un peu de chance, ça ne vous aura pas empêché de voyager un peu.

On se retrouve au plus vite avec du contenu moins perso (une petite review, peut-être ?). En attendant, passez de bonnes fêtes et n’hésitez pas à me raconter votre année 2021 dans les commentaires !

Publié dans News

La deuxième partie de Free! Final Stroke en images : la ligne d’arrivée est proche.

Un nouveau trailer pour la deuxième partie du film Free: The Final Stroke est sorti et donc je me dois d’honorer la tradition et d’en parler ici, même si…

J’ai non seulement un petit pincement au coeur en voyant ce film ultime se rapprocher, mais en plus, j’ai du mal à ressentir la hype autour de cette deuxième partie puisque je n’ai toujours pas pu visionner la première…

C’est un sentiment bizarre mais le fait est que ce trailer est sorti le 11 et je me suis seulement décidée à le regarder deux jours après, alors que d’habitude, je saute sur tout ce qui a un rapport à Free!. Mais quoi qu’il en soit, je vous le mets ci-dessous :

Le trailer est accompagné d’un visuel où Haru, opposé à Rin comme à l’ancienne, semble être possédé par l’esprit d’Albert… On apprend par la même occasion que le coffret DVD/BR de la première partie sortira le 20 avril, soit deux jours avant la sortie en salles de sa suite.

Je n’ai pas vraiment d’avis sur tout ça, j’attends juste sagement que ces films arrivent à nous, légalement ou pas (il faut se rendre à l’évidence), et j’espère qu’un de mes prochains articles sur le sujet sera une review en bonne et due forme.

(Et ce que j’espère plus que tout, c’est surtout qu’il y a au moins un ou deux plans où on aperçoit le personnage principal, Nitori Aiichirou, dans ces films !! Ma hantise : qu’il n’ait pas le droit à une vraie conclusion !!)

Publié dans Chronique

En vrac : Visual Prison, Yakuza, Hannibal, etc.

Celles et ceux qui sont là depuis vraiment très longtemps, vous vous souvenez des articles où parlais de plein d’oeuvres sans rapport les unes avec les autres et que j’appelais ça un « vrac » ? C’est l’ancêtre de mes articles Slice of Life, et comme aujourd’hui, je ne suis pas vraiment là pour vous raconter ma vie mais que je ne suis pas non plus très inspirée pour un titre, j’ai pensé qu’il était approprié pour le vrac de faire un petit come-back.

Contrainte par le temps d’espacer un peu plus mes articles, j’ai dû mettre un terme à ma longue tradition d’écrire systématiquement sur tout ce que je regardais, lisais, écoutais,… C’est une bonne comme une mauvaise chose. D’un côté, je ne vous cache pas que ça m’a enlevé une certaine pression : j’en arrivais parfois à repousser le moment où je terminais une série ou un jeu parce que je savais que j’allais « devoir » écrire dessus. Maintenant, je me prends moins la tête, je m’autorise à faire des trucs sans prendre des notes. Mais… d’un autre côté, ça m’embête de ne plus avoir une trace de ce qui m’a marquée, de partager de moins en moins de choses avec vous…

Je vais essayer de m’y remettre doucement, sans trop me prendre la tête.

https://youtu.be/e0VRtRYoEuo

Evidemment, je regarde Visual Prison… Comment aurais-je pu passer à côté de cette daube presque radioactive tant elle dégouline de kitsch et d’edginess ? C’est d’ailleurs le seul anime que je suis cette saison mais je pense qu’il se suffit à lui-même.

Pensée par le créateur d’UtaPri, l’histoire met en scène des vampires appartenant à des groupes de musique et s’affrontant lors du fameux « Visual Prison », un évènement où chacun présente sa plus belle chanson à la « Lune écarlate » dans l’espoir de gagner et d’amasser plus de pouvoir grâce à des petits cristaux rouges qui font office de récompense. Bref ! Comme vous pouvez vous en douter, c’est éclaté, ça n’a pas de sens, mais ça vous parlera si vous avez eu une période visual kei il y a 10 ans. Perso, j’adore cette esthétique et j’adore que l’anime ne fasse pas les choses à moitié : on tape dans tous les clichés au niveau des thèmes (la différence, le deuil), on mentionne Satan, on frôle la frontière avec l’inceste, et, évidemment, on a le droit à des scènes homoérotiques où on suce le sang de ses potes.

Y’a rien de plus divertissant et, en plus, la musique est franchement bonne (j’estime que l’opening est d’ores et déjà iconique ne serait-ce que pour sa transition vers le « aaaaaaaAAAAA »). Si vous tentez, ne vous arrêtez surtout pas au premier épisode qui, il faut bien l’admettre, est vraiment bordélique et pas du tout convaincant. Heureusement, l’histoire ne tarde pas trop à devenir croustillante ! A l’épisode 3, j’étais déjà à fond.

Je ne sais plus si j’ai déjà eu l’occasion de le mentionner mais, suite à des conseils avisés, je me suis lancée dans Yakuza avec Kiwami, le remake du tout premier jeu de la série, sorti près de 10 ans plus tôt.

On est sur un jeu d’action-aventure avec de la BAGARRE, un peu loin des visual novels dont je vous parle d’habitude donc je ne suis même pas sûre qu’un article vous intéresse mais, en ce qui me concerne… un coup de coeur !! Entre temps, j’ai joué à Yakuza 0 et je joue en ce moment même à Kiwami 2.

C’est très story-based, des personnages excellents, un bon équilibre entre des histoires sérieuses et des quêtes secondaires perchées… et, surtout, qu’est-ce que ça me donne envie de retourner au Japon !!! Les quartiers de Kabukichô et Dôtonbori sont reproduits avec un très grand soin et j’ai hâte de jouer aux autres opus pour continuer ce voyage.

Je ne sais pas encore si j’y consacrerai un article parce qu’on est un peu en dehors de ma zone de confort donc j’ai peur de ne pas réussir à bien en parler mais, en tout cas, je recommande chaudement.

Un peu après tout le monde, je me suis aussi mise à Hannibal ! Série en trois saisons qui s’est terminée en 2015, déjà ! Si vous ne l’avez pas vue, vous connaissez au moins sûrement de nom ; en revanche, ce que, personnellement, j’ignorais, c’est que c’est un prélude et une adaptation de Dragon rouge, le premier livre de la tétralogie Hannibal Lecter.

J’y ai retrouvé beaucoup de choses que j’avais aimé dans Killing Eve, notamment cette dynamique homoérotique où les deux protagonistes se tournent autour à défaut de pouvoir s’entretuer. Ce duo n’est cependant pas la seule force de la série : la mise en scène est aux petits oignons, l’histoire nous tient tout le temps en haleine, les acteur·ices sont au top, et même si le scénario se perd un peu en court de route au début de la saison 3, il se relève admirablement pour une excellente adaptation du film de 2002 et un final exceptionnel.

Je sais que nombre de fans (et même l’équipe !) aimeraient une suite mais cette conclusion était parfaite, sans fausse note, et, à mon humble avis, la meilleure manière de dire au revoir à la série.

J’essaie aussi de me remettre un peu à la lecture de manga, et ça tombe bien !, parce que j’ai reçu un titre qui était dans ma wishlist depuis un moment :

I Don’t Know How to Give Birth, un manga autobiographique de Kazama Ayami qui retrace sa grossesse en tant que nerd qui ne se sent pas tout à fait adulte et qui n’a qu’une vague idée de ce qu’être mère implique.

J’ai bien aimé parce que je suis une grande amatrice de tout ce qui est autobiographique et c’est raconté avec beaucoup d’humour mais… ! Je reste mitigée…

En tant que personne susceptible d’un jour être enceinte, j’ai trouvé plein de choses très intéressantes dans son récit mais aussi perturbantes. Outre le fait que les pratiques du personnel médicales étaient parfois douteuses et absolument pas remises en question (au hasard : appuyer sur le ventre de l’autrice pendant l’accouchement, chose maintenant interdite en France), j’étais un peu déconcertée par le fait que Kazama avoue avoir fait un enfant simplement parce que son mari en voulait un.

Son histoire a le mérite d’être honnête mais c’était presque triste de voir tout le mal qu’elle se donne pour tomber enceinte (elle a même dû passer par une fécondation in vitro) en se posant seulement très tard dans le processus la question du pour « quoi » et pour « qui » elle fait ça. Sa conclusion sera finalement qu’elle n’a pas besoin d’une raison, c’est juste son « instinct de mammière femelle »…

Mais bon, c’est son vécu et ça reste intéressant d’avoir ce genre de témoignage, d’autant plus qu’il y a des moments vraiment drôle et « relatable » (première chose qu’elle fait après l’accouchement ? lancer ses gacha games).

Niveau musique, je pourrais vous parler de plein de choses mais un seul album me fait réellement vibrer en ce moment et c’est, sans surprise, Blue Banisters, de Lana del Rey. Je ne pensais pas qu’il sortirait vraiment, et je pensais encore moins qu’il allait surpasser, et de loin!, Chemtrails over the Country Club sorti quelques mois plus tôt… et pourtant !!! Lana nous régale avec des mélodies réconfortantes, des paroles pleines de poésie, des textes beaucoup plus touchants et personnels que dans COTCC, quelques titres qu’on connaît depuis longtemps qu’elle partage enfin officiellement, perso, chaque chanson me parle, me transporte, me transcende,… je l’adore et je ne jure que par cet album.

Dur d’en choisir une seule dans le lot…

…donc j’en mets deux !!!

En ce moment, je joue aussi à Cooking Mama: Cookstar sur Switch… Ca non plus, pas sûre d’en faire un article, bien que sa sortie chaotique mériterait qu’on y consacre quelques paragraphes. Le jeu en lui-même, par contre ? Pas tant à dire dessus.

C’est sympa, ça me détend que les recettes soient un peu courtes et répétitives même si je devrais sans doute considérer ça comme un défaut, et j’apprécie qu’il y ait un mode végétarien.

Par contre, le jeu a cruellement perdu de son charme, et, si on joue sur une Lite, on est un peu limité au niveau des mouvements (j’ai aussi eu l’occasion de jouer avec les joycons et c’est quand même un peu plus dynamique).

On peut personnaliser sa cuisine, on débloque de nouvelles couleurs pour notre matériel et on peut changer la tenue de Mama ainsi que la couleur de peau de notre personnage, ce qui est chouette, mais je regrette qu’on n’ait pas la possibilité de débloquer de nouveaux cadres et filtres pour nos photos.

Car c’est quand même ça la grande nouveauté de cet opus, bien mise en avant sur la jaquette : la dernière étape de chaque recette, c’est maintenant de prendre un joli cliché pour Instagram (« Don’t forget to tag Mama! »). Ce qui est dommage, c’est que pour la mise en scène, on alterne entre les quatre même endroits (la cuisine de mama, un diner, un resto chic, et un pique-nique), ce qui fait que même en travaillant et en personnalisant à fond ses photos, elles finissent par toutes se ressembler.

Mais bon, mon plus gros problème avec Cookstar reste la tentation de jouer sans le son tant Mama me tape sur les nerfs. Dans un effort désespéré de rester dans l’ère du temps, elle lâche des « Pic or it didn’t happen! », « You’re insta-famous! » et j’en passe des meilleures, dont l’occasionnel « SUGOI NE! »… A chaque fois, mon visage se tord en une drôle de grimace et l’image de « How do you do, fellow kids? » me vient systématiquement en tête. Le pire, c’est qu’elle ne se tait jamais !!!

Enfin, si vous avez joué à l’original, merci de me dire si le compte-à-rebours est aussi intraitable dans vos souvenirs… Dans Cookstar, il me botte le cul, et je n’avais pas l’impression d’être aussi maltraitée sur DS, mais peut-être que ma mémoire me fait défaut.

Je vais terminer avec quelques mots sur la sixième saison de Riverdale… Elle vient de commencer et la saison débute sur cinq épisodes spéciaux se déroulant dans l’univers alternatif de « Rivervale » et même si, pour l’instant, on en a vu que deux épisodes, je suis là pour en dire du bien… parce que si je ne le fais pas, qui le fera ?

Riverdale n’attire plus autant de spectateur·ices qu’avant, et peut-être qu’il l’a un peu cherché : la série peine à se renouveler, les intrigues sont de plus en plus tirés par les cheveux, les personnages sont mal écrits… Moi, j’aime toujours autant !!! Je continue à croire que c’est un bon divertissement et plus c’est absurde, plus j’aime.

Et là, j’ai l’impression que tout le monde déteste la direction que prend la série avec Rivervale, alors que je suis à fond pour la première fois depuis longtemps : on a une ambiance un peu plus « horreur », qui tire son inspiration de plein d’oeuvres chouettes (Midsommar, Evangelion!!!!!!, La Llorona), les couples ont un peu été chamboulés pour la première fois depuis le début de la série (et je préfère largement ces nouveaux pairings) et l’histoire est… fun. Ce qui est un peu tout ce que je demande à Riverdale. Oui, c’est toujours claqué au sol, mais l’excuse de l’univers alternatif permet de vraiment s’éclater et prendre plein de libertés par rapport au paranormal et, aussi et surtout!!, aux décès des personnages principaux donc… on s’amuse, on s’amuse ! Et j’ai hâte de voir les prochains épisodes.


Et voilà, je n’ai pas couvert tout ce dont je voulais parler mais c’est quand même un bon début. N’hésitez pas à venir discuter de ce que j’ai mentionné dans les commentaires, à me dire quels article vous voulez voir sur le blog, ou même à me recommander vos récents coups de coeur !

Publié dans Review

L’automne commence… donc je vais vous parler des anime de cet été !

Quand je pense qu’à une époque, je regardais les nouveautés dès leur sortie, j’écrivais mes reviews dans la foulée,… j’étais au taquet et au début de chaque saison, sans faute, je sortais un article. C’est fou comme les temps changent !!! Là, on est presque à la mi-octobre, et je débarque avec mes petites impressions sur les anime de l’été… Mais je me rassure en me disant que ça sera peut-être l’occasion pour vous de revenir sur des séries que vous avez ratées, ou juste de discuter ensemble de ce qu’on a regardé durant ces trois derniers mois. Surtout que, pour une fois, j’ai suivi pas mal de séries !

Bien sûr, je me devais de continuer Higurashi ! « Gou » nous avait un peu tous et toutes surpris-es en se faisant passer pour un remake alors que c’était bel et bien une suite avec de nouveaux enjeux, de nouveaux fragments, et surtout!, un nouvel antagoniste. Alors, c’est pas demain la veille que je vais considérer une adaptation animée comme canon : Higurashi a déjà une fin, vieille de plus de 10 ans, et elle est très bien ! Pas besoin d’en rajouter ! Mais c’était sympa d’avoir un anime Higurashi soigné, un truc qui a de la gueule pour changer un peu du massacre de DEEN, et surtout, une histoire mieux rythmée puisqu’elle n’était pas contrainte par un scénario déjà existant censé s’étaler sur des dizaines et des dizaines d’heures. Et, franchement, c’était fun de décortiquer les nouveaux arcs, calqués sur les anciens, pour en déceler toutes les subtilités, toutes les différences,…

En revanche, pour ce qui est de « Sotsu », la suite… disons qu’elle aurait pu tenir en un épisode. C’était beaucoup moins divertissant parce qu’il n’y avait plus tant de mystères, et beaucoup moins matière à imaginer plein de théories, puisqu’on savait déjà ce qui était à l’origine de la « malédiction » et qu’on ne faisait finalement que revoir l’intégralité de Gou mais du point de vue d’un autre personnage (une bonne excuse pour recycler masse de scènes…). Très redondant, très peu de surprises, et beaucoup de potentiel gâché avec des personnages majeurs relayés au second plan. Tout compte fait, heureuseeeement que ce n’était que 15 épisodes !

On reste dans les suites avec la deuxième saison de Miss Kobayashi’s Dragon Maid, un anime signé KyoAni, et le premier depuis la tragédie de 2019. Beaucoup d’émotions que de pouvoir lancer le premier épisode, de constater que le studio s’est bel et bien relevé et continue à faire ce qu’il sait faire de mieux : de beaux anime qui réchauffent le coeur.

Une saison aussi douce que la première avec de l’humour, des moments sérieux, plein de bons sentiments et toujours plus de dragons. Moi, c’est tout ce que j’aime, et certes, y’a des épisodes plus « lourds » que d’autres, un fanservice qui peut déranger de temps en temps, mais je trouve que KyoAni a fait de ce manga quelque chose de vraiment touchant et beau, qui déborde d’amour. C’est vraiment ce que je retiens de cette saison : tous ces personnages s’aiment tellement ! Et dans certains cas, c’était pas gagné : ils ont dû apprendre à s’aimer, à se comprendre… Et le résultat, c’est une bande très unie malgré des différences parfois considérables. Alors oui !!! Y’a des gros seins !!! Mais y’a aussi un très joli message sur la tolérance !!! Je ne peux que vous encourager à lui donner une chance.

Et une dernière suite pour la route ! Mais pas des moindres… J’ai regardé IDOLiSH7: Third Beat!, la troisième saison d’un anime que j’adore de toutes mes forces mais que j’avais lâchement abandonné jusqu’à ce que Tama me rende visite et qu’on enchaîne les deux dernières saisons. J’avais effectivement pris beaucoup de retard dans l’anime et ça me décourageait un peu mais je suis ravie d’avoir repris, et, qui plus est, en si bonne compagnie. Pas trop de découvertes au niveau de l’histoire puisque j’avais déjà lu cette partie-là dans le jeu mais j’ai pris tout autant de plaisir à retrouver les personnages, à me moquer gentiment quand l’intrigue est un peu tirée par les cheveux, à lâcher une petite larme quand l’histoire me prend par les sentiments.

Là aussi, comme pour Maid Dragon, je suis qu’on peut avoir des a priori, surtout parce que c’est l’adaptation d’un jeu d’idol sur portable et, on ne va pas se mentir, elles ne sont jamais très réussies. Mais là, l’histoire est remarquablement bien écrite (elle a des défauts mais tout ce qu’il faut pour être divertissante) et elle a été adaptée avec le plus grand des soins : l’intrigue n’est pas charcutée, le charme des personnages est conservé (Ryo est même encore mieux quand il est en mouvement!) et l’animation est super jolie, même pendant les lives, elle fait de son mieux (le passage à la 3D n’est pas toujours facile mais, comparé à d’autres productions, on s’en sort pas mal).

Foncez sans hésiter pour ne pas rater la quatrième saison qui promet d’être croustillante !

En termes de nouvelles séries, j’ai adoré Kageki Shoujo!!, un anime qui suit la 100ème promotion de l’école formant les futures recrues de Takarazuka. Vous n’êtes peut-être pas sans le savoir mais quand j’étais en licence, la revue Takarazuka était mon sujet de recherche pour mon mini-mémoire ! Alors, forcément, j’ai adoré le cadre, et en plus, l’anime est super joli (et inévitablement un peu gay sur les bords), mais ce qui m’a vraiment conquise, c’est l’aspect slice of life que j’affectionne tout particulièrement. Chaque épisode, on suit une autre élève, ce qui permet de vraiment explorer plein de personnages et de dynamiques différentes même si on en revient toujours à la pétillante Sarasa, notre héroïne qui ne manque jamais de se faire remarquer mais qui est terriblement attachante. Attention cependant, ça reste léger !

J’ai vu beaucoup de gens féliciter l’anime de s’attaquer à des problématiques lourdes et, certes, c’est le cas, mais je trouve qu’elles sont traitées de manière assez superficielles et on se retrouve avec des problèmes très graves réglés de manière un peu trop simpliste. J’apprécie que l’anime touche à ces sujets-là mais il ne faut pas trop en attendre non plus au risque d’être déçu-e.

Ce détail à part, gros coup de coeur, et j’attends la suite de pied ferme. Le manga a l’air superbe et avec la sortie immiante du prequel Kageki Shoujo! Saison Zero en France, peut-être que je me tournerai vers la version papier pour patienter.

Et enfin, j’ai bien aimé Vanitas no Carte ! Pourtant, au début, j’avais du mal : l’histoire ne me passionnait pas, j’ai mis du temps à accrocher aux histoires de vampires, de maudits etc. Mais ! Je suis restée pour l’ambiance et les personnages, auxquels on s’attache très vite ! On ne peut bien sûr pas résister à l’ambiguïté entre Vanitas et Noé, Domi est trop cool, on tombe vite sous le charme de Jeanne, Roland me régale,…

Et puis faut dire que je n’ai pas eu ma période Pandora Hearts à l’époque où les gens qui aimaient Black Butler étaient automatiquement fans de ce que faisait Jun Mochizuki donc… je me rattrape. Et je ne suis pas déçue ! J’ai trouvé ça super beau, j’adore les décors (c’est Pariiiis !), les costumes, et, maintenant, je peux même dire que je suis investie dans l’histoire ! Victoire ! Je peux donc maintenant pleinement apprécié cette oeuvre, il ne manque plus que… la saison 2 !!


Alors évidemment, j’ai aussi drop quelques trucs ! Je pensais que j’allais bien m’amuser devant Uramichi Oniisan, d’autant plus que le cast était aux petits oignons, mais… c’était pas si drôle et rien que le premier épisode m’a paru tellement, tellement long ! J’avoue que je ne m’imaginais pas regarder un deuxième épisode de… ça… J’ai aussi tout de suite lâché Godzilla: S.P alors que c’était un des anime que j’attendais avec le plus d’impatience mais je n’ai pas trop accroché au premier épisode et je ne lui ai jamais redonné une chance depuis… Cela dit, y’a quand même moyen que ça se fasse dans un futur plus ou moins proche. Je reste curieuse, c’était juste que j’avais mieux à faire cet été.

Pareil pour Sonny Boy, que j’ai un peu drop un peu à regret : intriguée parce que ça a l’air intéressant et ambitieux, mais comme je n’ai pas été convaincue dès le premier épisode, je me suis pas donnée la peine de continuer. Peut-être un jour.


Pour finir, je vais rapidement revenir sur d’autres titres que j’ai visionnés cet été et qui ne font pas officiellement partie des sorties de la saison mais qui sont arrivés légalement chez nous à ce moment-là.

En juin, les deux films Sailor Moon Eternal sont sortis sur Netflix ! Adaptation de l’arc Dead Moon, que j’ai pris beaucoup de plaisir à regarder même si, comme beaucoup l’ont déjà pointé du doigt, c’était rapide et on a perdu deux/trois trucs par rapport au manga. C’est souvent comme ça avec les films ! Mais je suis contente de voir ce que ce remake de Sailor Moon est devenu; c’est toujours un plaisir de retrouver les filles, et j’espère qu’on aura la suite dans un futur proche !

On a aussi eu la très attendue deuxième saison de Beastars qui s’était terminée en mars au Japon. Vrai coup de coeur pour la première saison mais moins emballée par cette suite. Très bonne malgré tout, peut-être que la première avait juste placé la barre trop haut car j’ai moins accroché, j’ai mis plus de temps à finir alors que je n’avais fait qu’une bouchée de la S1. Peut-être que c’est le fait de moins voir Haru, ou peut-être que j’ai fait une overdose de Legoshi (je l’adore mais tout l’arc autour de son entraînement ne m’a pas forcément passionnée). En revanche, Louis a vraiment brillé dans cette saison et j’ai tout aimé du développement de son personnage; c’est de loin l’une des choses les plus intéressantes que l’anime avait à offrir. L’autre, c’était tout simplement des réponses. On sait enfin qui a tué Tem et les scènes où on est dans la tête du coupable font partie des meilleures de la saison. Donc conclusion : y’avait du bon, y’avait du mauvais, ça reste solide et je regarderai la suite avec plaisir.

Après presque plus de 8 ans, Evangelion 0.3+0.1 Thrice Upon a Time est sorti, clôturant ainsi la saga Rebuild of Evangelion et marquant la fin de la licence. Je ne vais pas vous mentir : ça n’a pas tout de suite été le coup de foudre, je ne l’ai même pas regardé en une seule fois, mais, depuis que je l’ai fini, je n’ai pas arrêté d’y penser. La fin est une vraie claque : belle et pleine d’espoir, reflet de comment la série et son créateur ont évolué avec les années, et une façon très touchante, à mon sens, d’apporter une conclusion à ce monument de l’animation japonaise.

Et enfin, le mois dernier, Star Wars Visions est arrivé sur Disney+ : 9 courts-métrages par différents studios d’animation japonais. J’estime que le projet a le mérite d’exister parce que c’est intéressant de voir ce que chacun de ces studios, avec leurs styles bien distincts, peuvent faire de cet univers mais… il y a des épisodes moins bons que d’autres. Certains sont caricaturaux et feinéants (on fout des sabres lasers partout, on case un « may the force be with you » et c’est bon, ça fait assez Star Wars non ???), mais d’autres, heureusement, relèvent un peu le niveau et ont créé quelque chose d’intéressant et d’unique qui s’inscrit bien dans l’univers de la saga. Personnellement, je retiens Le Duel de Kamikaze Douga, Les Jumeaux de Trigger (peut-être biaisée à cause de la vibe Promare) et Lop & Ocho de Geno Studio.


Et voilà ! Un été bien rempli, mine de rien ! Très curieuse de connaître votre avis sur ces séries, de savoir ce que vous avez regardé d’autre, et, surtout!, ce que vous regardez en ce moment. Cette saison m’emballe beaucoup moins et je n’ai encore rien commencé mais je suis ouverte à toutes les recommandations !

Publié dans News

La fin approche… La deuxième partie de Free! –the Final Stroke– se dévoile.

Alors que la première partie du film fait de très bons chiffres au Japon, Kyoto Animation révèle aujourd’hui une première bande-annonce et, surtout, l’affiche de la deuxième partie, dont la sortie est prévue pour le 22 avril.

Bon, c’est court, et c’est essentiellement une série de flash backs, donc on ne voit pas encore grand chose du film, mais… on a une affiche, une tagline, des tokuten,…

Un peu dans le déni quant à la fin, la toute fin!, qui approche… je n’avais presque pas envie de cliquer sur la vidéo ! Et le fait de ne même pas pouvoir la vivre « en direct », puisqu’une sortie en France est toujours incertaine, n’aide pas. Comme lot de consolotion mais surtout comme remerciement envers les fans qui font bien marcher la première partie, KyoAni a généreusement posté les dix premières minutes du film sur sa chaîne Youtube ! De quoi nous faire patienter mais aussi encourager le public japonais à aller le voir en salle.

Pour ce qui est de la dernière partie, je suis curieuse d’avoir votre ressenti, surtout au niveau de l’affiche que je ne trouve pas très très joyeuse pour illustrer la conclusion… Ca me fait m’interroger quant au contenu du film et j’ai vraiment hâte d’en voir un peu plus, même si ça me fait toujours un petit pincement au coeur de me dire que les jours de Free! sont comptés… Ca aura quand même été une belle aventure et je suis contente d’encore un peu pouvoir la partager avec vous ici !

Publié dans Mobage, Otome Game

Mobage de qualité : Tears of Themis

Aujourd’hui, je ne vais pas vous parler de Genshin Impact mais d’un autre jeu signé miHoYo qui s’inscrit déjà un peu plus dans ma ligne éditoriale…


A ce jour, mes articles les plus visités sont toujours, entre autres, ceux sur Mystic Messenger et sur les otome games sur téléphone. Pourtant, en âge internet, ce sont des vieilleries ! Mais vous êtes toujours aussi nombreux-ses à vouloir draguer directement depuis votre portable… et ça tombe bien, parce que, même si la vague Mystic Messenger est passée, la relève est assurée.

Effectivement, après le succès de Genshin Impact, la boîte chinoise a décidé de taper dans un nouveau marché : celui des jeunes filles amatrices de jeux de romance. Le résultat : Tears of Themis, un jeu d’enquêtes mais aussi d’amoooour, arrivé chez nous en juillet 2021 !

On incarne une avocate dans la ville futuriste de Stellis, où le nombre de crimes augmente de manière étrange. Des gens aux vies bien rangées et a priori inoffensifs deviennent soudainement violents et les détails de ces incidents sont étouffés, même si le projet X-NOTE a pour vocation de faire éclater la vérité.

Mais ça, au début, ça ne concerne pas trop notre héroïne qui, pendant que cette intrigue un peu plus complexe se met tranquillement en place behind the scenes, se contente de défendre des innocent-es en suivant un schéma très simple :

Quelqu’un est accusé à tort, on prend connaissance de l’affaire, on relève des indices sur la scène du crime, on interroge les personnes impliquées, on fait des connexions entre les informations collectées et on essaie d’assembler toutes les pièces du puzzle avant le procès.

Une fois au tribunal, il faut défendre notre client-e avec toutes les preuves en notre possession. Pendant les procès mais aussi entre les différentes parties au sein d’un chapitre, il y a des « débats » : c’est un peu le coeur du gameplay puisque c’est là qu’il faut être stratégique et utiliser nos cartes. Parce que oui ! On a des cartes ! Il y a un gacha !!!

Lors de ces débats, il faut contrer les arguments de notre opposant-e en respectant quelques principes très simples : l’empathie est plus forte que l’intuition, l’intuition est plus forte que la logique et la logique est plus forte que l’empathie. Chaque carte possède un de ces attributs et il en va de même pour les arguments de la partie adverse. Deux autres statistiques entrent également en jeu : l’influence (qui détermine la valeur d’attaque de la carte) et la défense (relative aux dégâts) ; ces statistiques peuvent être augmentées, au même titre que le niveau et les compétences de la carte. En outre, chaque carte a au minimum une évolution (qui débloque une nouvelle illustration) et les plus rares ont aussi des side stories déblocables.

Pour améliorer ces cartes et amasser un max d’items, plein de possibilités et de modes de jeux différents s’offrent à nous : les Legal Studies (pour s’entraîner aux débats), les Anomaly Levels (les débats de la main story mais version hardcore), les Trials of Themis (des débats mais en 8 bits et dans un univers plus directement inspiré de la mythologie grecque) et le Temple of Trials (qui est sa version plus développée), mais aussi des events ponctuels.

Si vous n’avez pas encore joué, tout cela ne vous évoque sûrement pas grand chose, alors parlons plutôt de ce qui compte vraiment… Qui est-ce qu’on retrouve donc sur ces fameuses cartes ?! Ce sont bien sûr les quatre séduisants célibataires qui entourent l’héroïne et qui, comme par hasard, sont tous liés entre eux…

Là où ça devient croustillant, c’est que, en dehors de la main story, on peut leur rendre visite et passer des moments privilégiés avec eux…

Chaque jour, on peut distribuer notre affection en… en les caressant… Mais on peut aussi discuter avec eux, jouer à des mini-jeux, et débloquer les chapitres de leur histoire perso.

Pour avoir de nouvelles cartes, c’est simple, c’est un gacha classique : il faut accumuler les « visions » (la monnaie qui sert à tirer des cartes) et les dépenser à une des trois bannières (une permanente, une limitée, et une exclusive à l’event en cours). En termes de rareté, les cartes vont de R à SSR. Un tirage de dix cartes garanti une SR, dix tirages de dix cartes garantissent une SSR. Et bien sûr, vous pouvez acheter (avec de l’argent, du vrai de vrai) des visions mais comme je suis radine et que c’est de toute façon une pente glissante que je ne recommande jamais d’emprunter, je ne vais pas m’étaler sur le sujet. Sachez juste que c’est possible mais qu’on peut aussi tout à fait avancer dans le jeu sans jamais dépenser un centime.


Entre vous et moi, je n’ai plus le temps de m’investir dans un mobage comme à l’époque où je jonglais entre Love Live! et IDOLiSH7, donc je joue déjà beaucoup moins qu’au moment où j’ai téléchargé le jeu début août mais… j’étais trop curieuse pour passer à côté et je me suis retrouvée à dévorer les chapitres disponibles.

J’étais curieuse parce qu’il y a quand même un grand nom derrière ; quand on voit le succès de Genshin Impact, on (je) a envie de voir de quoi miHoYo est capable aux commandes d’un otome game et… la qualité est bel et bien au rendez-vous.

Non seulement, c’est magnifique, avec une direction artistique très propre et soignée, des illustrations et sprites animées, des character designs et des cartes travaillés,… et aussi un doublage de qualité, très sensuel, très suave (du moins pour la version originale ; je ne sais pas pour les autres versions mais il faut savoir que le jeu a également été doublé en japonais et en coréen). C’est un plaisir de naviguer entre les différents écrans et modes de jeu simplement parce que tout est beau et fluide.

Mais ce qui fait vraiment le charme du jeu, c’est qu’il est innovant : il emprunte les meilleurs éléments des jeux d’aventure et des jeux de romance pour faire quelque chose de nouveau et le résultat est quand même pas mal poussé. Les intrigues sont intéressantes, les personnages incarnent des stéréotypes mais restent humains et attachants, l’héroïne est une femme accomplie et compétente, le gameplay est sympa comme tout, il y a plein de choses à faire, et la romance fait partie intégrante du jeu même si elle n’est pas au centre de l’histoire.

miHoYo a l’air d’avoir bien compris son public avec Tears of Themis et, à une époque où les bons otome sur portable ne se bousculent pas non plus, c’est un vent d’air frais qui est le bienvenu.


Disponible sur iOS et Android !

Je me ferais un plaisir de discuter du jeu avec vous et, comme d’habitude, si vous n’avez pas encore joué, je suis curieuse de savoir pour quel personnage vous avez, au premier abord, une préférence !!