Publié dans Chronique

Je lis encore des manga !

Vous vous dites sûrement « tiens, tiens, Léa… tu es bien active pour quelqu’un qui n’a quasiment rien posté en deux ans »… Hé bien la raison est très simple : j’ai un mémoire à écrire, et c’est bien plus intéressant pour moi de procrastriner et d’écrire ici plutôt que de rédiger ledit mémoire !!! Et parmi mes autres façons de constamment repousser le moment de travailler, il y a aussi… la lecture ! Mais pas la lecture d’ouvrages en rapport avec mon mémoire, non… quel intérêt ? A la place, je lis des manga !

C’est quelque chose que j’ai repris récemment. Ca faisait bien quelques années que je ne lisais plus régulièrement : pas le temps, pas l’argent. J’avais un peu décroché, je n’étais plus au courant des nouvelles sorties, je n’arrivais pas à compléter mes séries. Puis c’est revenu tout seul ! Je suis dans une période où j’achète, j’achète, j’en termine un, j’en rachète deux autres derrière. Je pense que je suis dans une période où j’en ai bien besoin.

Par contre, je ne consomme plus comme avant : principalement des one-shots, que des séries courtes. Je me remets doucement dans le bain, on verra plus tard pour les séries qui font plus de 30 tomes !

Bref, je parle, je parle, mais qu’est-ce que je lis ? Je vous présente mes dernières découvertes.

My Broken Mariko de Waka Hirako, disponible aux éditions Ki-oon.

C’est une lecture courte… mais qui restera longtemps avec moi.

Tomoyo est chamboulée lorsqu’elle apprend le décès de son amie Mariko. Après une vie d’abus et de violences, elle s’est finalement donnée la mort. Après tout ce que son père lui a fait subir, Tomoya est folle de rage à l’idée qu’il ose seulement lui rendre hommage. Ni une ni deux, elle se rend chez lui, s’empare des cendres de son amie… et fuit.

C’est un récit bouleversant, qui déborde d’émotions. Qui déborde de douleur et de rage. Le trait est brut, plein d’énergie, à l’image de Tomoyo qui fonce, qui va droit de l’avant, pour essayer de comprendre l’incompréhensible, accepter l’inacceptable, trouver le moyen d’offrir à Mariko un dernier adieu. Les thèmes sont durs mais traités avec beaucoup de justesse et de sensibilité, et l’autrice dépeint avec brio la relation qui en découle entre les deux jeunes femmes : un mélange ambigu d’amité, de jalousie, de dépendance affective, de sentiment maternel et d’amour. Tout va très vite, aussi vite que les émotions contradictoires de Tomoyo se bousculent dans sa tête, et tout est très fort.

Ki-oon nous propose une très belle édition avec une jolie jaquette gaufrée, fidèle à l’originale, une interview de l’autrice et Yiska, son one-shot western en bonus.

J’ai particulièrement apprécié l’interview où elle explique sa volonté de dessiner une héroïne impulsive, clope au bec, qui ne soucie pas de son apparence, qui hurle, avec la morve qui lui dégouline encore du nez.

« Ce que je recherche, ce sont des héroïnes moins genrées, plus nuancées, qui ne sont pas dépeintes de manière conventionnelle, même si elles sont bien dotées d’un corps féminin. »

Moi aussi Waka Hirako, moi aussi !

Je suis née dans un village communautaire de Kaya Takada, disponible aux éditions Rue de L’échiquier.

Je triche… ce n’est pas du tout une lecture récente ! Mais je veux en parler depuis tellement longtemps sans jamais vraiment avoir eu l’occasion que je me permets de le caser ici.

Si vous me connaissez un peu, vous savez que j’aime beaucoup tout ce qui est inspiré de faits réels, et plus particulièrement, les autobiographies, les témoignages… J’ai donc trouvé mon compte dans ce manga où l’autrice raconte les 19 ans qu’elle a passé au sein d’un village communautaire, une sorte de société alternative auto-gérée et où les biens matériels sont partagés.

C’est un concept qui me fascine, un mode de vie auquel je pourrais totalement aspiré de prime abord, et un sujet que j’avais rapidement survolé en cours lorsqu’on avait étudié l’oeuvre de Saneatsu Mushanokôji, un romancier de l’ère Shôwa appartenant au mouvement Shirakabaha qui a notamment fondé un village communautaire, Atarashiki-mura. Les villages communautaires font partie des idées qui ont l’air fort chouettes sur le papier mais qui sont la porte ouverte à moultes dérives une fois mises en oeuvre.

Kaya Takada le montre très bien dans son récit où les enfants sont maltraités et exploités. Quand je n’étais pas révoltée, j’étais presque émue aux larmes lorsque l’autrice relatait certaines anecdotes : battue, affamée, parfois même torturée. Les adultes ne vivent pas forcément mieux. Alors que cette société se veut égalitaire, les personnes en charge des ressources abusent de leur pouvoir et vivent confortablement pendant que certains foyers peinent à s’habiller en hiver.

C’est une réalité très dure qui est comptée dans ce manga, mais l’autrice se remémore ces souvenirs avec légèreté. Le ton, qui est celui de l’enfant insouciante qu’elle était à l’époque, contraste avec les horreurs dépeintes. Dans son récit, on sent une fillette curieuse, bornée, innocente et intelligente, qui était vouée à choisir une vie en dehors de cette communauté.

Je n’entends jamais parler de ce manga mais je ne peux que vous le recommander. Même si elle souffre parfois de quelques longueurs et répétitions, c’est une histoire qui vaut la peine d’être lue !

blanc, tomes 1 et 2, de Asumiko Nakamura, disponibles aux éditions Hana.

J’adore Doukyuusei, j’adore Asumiko Nakamura, c’est un manga que j’ai lu il y a des années et, encore aujourd’hui, il suffit que je le feuillette pour qu’il me mette dans tous mes états. Presque dix ans plus tard, blanc, c’est la suite de l’histoire de Rihito et Hikaru, maintenant adultes, leur promesse de se marier toujours en suspend.

Evidemment, j’adore aussi ! Rien que les couvertures qui se complètent sont magnifiques… et reflètent bien toute la douceur de l’histoire. Histoire qui n’en est pas moins chargée d’émotions ! Certaines des thématiques me touchent tout particulièrement, surtout la relation à distance à une période si charnière pour les deux héros ; blanc s’attarde sur le passage à l’âge adulte, les questionnements qui l’accompagnent et sur comment les gens changent et s’éloignent malgré eux. D’autres thèmes lourds sont abordés : le deuil, l’homophobie… Au début, naïve que j’étais, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus feel-good ! Heureusement, l’autrice sait récompenser ses personnages en leur offrant une conclusion aussi belle qu’émouvante. C’est un manga qui m’a fait beaucoup de bien, et ça aurait été une belle façon de dire au revoir à ses personnages… mais !…

Il semblerait qu’Asumiko Nakamura n’en ait pas encore fini avec eux puisqu’elle publie actuellement les chapitres d’une nouvelle série : Futarigurashi. J’espère qu’on l’aura aussi en France dans quelques années !

Boire pour fuir ma solitude de Kabi Nagata, disponible aux éditions Pika.

Ici, on aime beaucoup Kabi Nagata. J’ai parlé de ses trois précédents titres, tous publiés en France depuis : Solitude d’un autre genre (My Lesbian Experience with Loneliness) et Journal de ma Solitude (My Solo Exchange Diary), tomes 1 et 2.

Ce nouveau manga est consacré à ses problèmes de santé liés à son alcoolisme, un problème qu’elle a déjà évoqué par le passé mais qui prend la place centrale de cet ouvrage puisque sa consommation a entraîné une pancréatite. Maux de ventre insupportables, séjour à l’hôpital, une alimentation particulièrement restrictive, et une interdiction formelle de retoucher à la boisson… l’autrice est confrontée aux conséquences de ses actions de manière brutale et est contrainte de changer son mode de vie.

Kabi Nagata est la reiiiine de l’introspection et elle n’hésite pas à dévoiler des détails très sombres qui ne la mettent pas en valeur. En ressort un récit authentique, honnête, complètement transparent. C’est la grande force de son écriture, poignante tant elle est crue et dure.

Ceci étant dit, je dois avouer que c’est, jusqu’à présent, son manga qui m’a le moins parlé. Peut-être parce que je peux moins m’identifier à ces problèmes-là, ou peut-être parce que tout le jargon médical et le passage à l’hôpital m’intéressaient moins… mais je n’ai pas été chamboulée par cette lecture comme ça a pu être le cas avec My Lesbian Experience et My Solo Exchange Diary.

Par contre, j’ai trouvé très intéressant qu’elle parle de sa démarche artistique et de comment elle comptait arrêter les autobiographies au profit de la fiction pour ne plus faire de mal à sa famille qui souffrait de voir tous ces détails exposés. Je serais curieuse de voir une histoire originale de sa plume, mais elle brille tellement dans l’autobiographie que je suis aussi très contente qu’elle ait continué dans cette voie. My Wandering Warrior Existence, qui parle de son parcours pour trouver l’amour, est sorti en mars dernier chez Seven Seas en anglais ; j’ai très hâte de le lire.


Et ce n’est pas tout ! Mais je garde la suite pour un prochain article… En tout cas, ça me fait très plaisir de relire beaucoup de manga. En contraste, je ne regarde plus aucun anime… mais ça aussi, ça reviendra.

J’espère vous avoir fait découvrir des titres sympathiques et, en retour, je suis à l’écoute : si jamais vous avez des titres similaires, one shots ou séries en quelques tomes, je suis preneuse de vos recommandations !

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MANKO MONOLOGUE #2 — Boy’s love : fétichisme ou féminisme ?

J’entends d’ici vos cris de surprise… moi non plus, je ne pensais pas qu’il y aurait vraiment une suite à cette série, mais force est de constater que ce débat ne s’éteint jamais et ça m’a toujours démangé d’écrire sur le sujet. Vous l’aurez compris au titre, nous allons parler de boy’s love, un terme qui englobe toutes les histoires de relations amoureuses et/ou sexuelles entre personnages masculins… un genre extrêmement populaire et connu pour être écrit par des femmes, pour des femmes.

On pourrait être tenté de parler de féminisme, car il s’agit de femmes qui ont créé leur propre espace. C’est une façon, autant pour les autrices que pour les lectrices, d’explorer leur sexualité, leur rapport au corps, à l’abris du male gaze. Sur internet, on va trouver beaucoup de gens qui défendent cette idée et nombre d’articles et études l’appuient.

Mais on a également un autre camp, qui prend tout autant de place dans la discussion, qui considère que cette libération se fait au détriment des hommes gays, fétichisés par ces oeuvres qui mettent en scène des schémas relationnels parfois toxiques, véhiculant des idées homophobes, et souvent éloignés de leur réalité.

Pendant des années et des années, quand j’étais encore au collège/lycée, j’étais plutôt de cet avis-là. Si on ne creuse pas trop, c’est facile de réduire tout ce débat au fait que le boy’s love fait de l’ombre aux concernés qui, dans une société encore homophobe et très hétéronormée, ont encore du mal à faire publier leur propre histoire, tandis que des femmes a priori hétéros les traitent comme des fantasmes et se font de l’argent là-dessus. J’ai même un article qui part de ce principe. J’y pose la question suivante : est-ce que le BL et, par extension, toutes ces oeuvres destinés au public féminin qui se servent d’un sous-texte homoérotique pour vendre, peuvent être considérés comme de la représentation LGBT+ ? ou est-ce simplement de l’exploitation ?

Je ne l’ai jamais supprimé parce que, de toute évidence, il attire encore du monde et je pense qu’il pose quand même quelques questions intéressantes, mais mon avis a quand même beaucoup évolué depuis. Déjà, je me prends beaucoup moins la tête… mais je me considère aussi un peu plus renseignée sur la question et je vais profiter de cet article pour partager le fruit de mes réflexions avec vous.

Un peu d’histoire

J’ai eu l’occasion de le mentionner quelques fois mais, durant ma licence, j’ai rédigé un mémoire de taille bien modeste sur la revue Takarazuka et le travestissement chez les femmes japonaises. Si le sujet vous intéresse, j’ai un article qui précède mon travail de recherche qui traite aussi du sujet.

J’y analyse notamment pourquoi la revue, exclusivement féminine, a eu autant de succès auprès des jeunes femmes mais aussi comment elle a inspiré le shôjo manga, en particulier l’oeuvre de Tezuka. En 1953, il sort Princesse Saphir, considéré comme un des premiers manga du genre et dont les éléments visuels s’inspirent de la revue Takarazuka. Son héroïne a deux coeurs : celui d’une femme, et celui d’un homme. Elle est basée sur les actrices « otokoyaku », qui incarnent les rôles masculins.

Dans les années 70, le genre va vraiment se développer grâce à des autrices qui vont introduire de nouvelles thématiques dans leurs histoires, souvent plus matures, qui ont permis au shôjo d’être pris un plus au sérieux et de toucher un public plus large. On parle du « groupe de l’an 24 » pour désigner toutes ces autrices qui ont fait partie de « l’âge d’or » du shôjo et qui ont permis aux jeunes filles, comme la revue Tarazuka avant elles, d’explorer leur corps, leur genre et leur sexualité à travers la fiction.

Parmi ces autrices, on peut citer Riyoko Ikeda et son manga La Rose de Versailles, paru pour la première fois en 1972, avec une héroïne encore une fois calquée sur la figure de l’otokoyaku. En retour, l’oeuvre a été adaptée au théâtre par Takarazuka deux ans plus tard et demeure l’une des pièces les plus populaires de la revue.

Et, dans le même temps, le proto-boys love, un peu dans la même veine que le shôjo manga puisqu’il s’adresse au même public, fait son apparition. Deux ans avant La Rose de Versailles, Keiko Takemiya sortait In the Sunroom, où, pour la première fois, on voyait deux personnages de sexe masculin échanger un baiser. Elle est rapidement suivie de Moto Hagio (Le coeur de Thomas) et Yasuko Aoiki (From Eroica with Love), toutes deux de la génération du groupe de l’an 24, qui dépeignent également des relations homoérotiques dans leurs oeuvres. Et ça plaît !

Comme je me suis penchée sur tout ça pour un mémoire, vous vous doutez bien que j’ai des sources pour expliquer pourquoi ! Deborah Shamoon en particulier est une chercheuse dont les travaux m’ont beaucoup aidée. Dans Passionate Friendship – The Aesthetics of Girls’ Culture in Japan, elle explique ceci :

Les histoires des boy’s love permettaient aux dessinatrices de shôjo manga de dépeindre la sexualité et l’érotisme d’une façon rassurante et inoffensive. Comme les personnages sont des garçons, la lectrice peut prendre de la distance par rapport à son propre corps mais aussi, s’éloigner des idées de mariage et de grossesse. En outre, dans les années 1970, il était plus facile d’imaginer des garçons avoir une vie sexuelle active plutôt que des filles.

Et elle fait également remarquer que les personnages masculins, de par leur apparence féminine invitent à l’identification. On peut faire le parallèle avec exactement tout ce qui se disait des otokoyaku au théâtre.

Il n’est donc pas étonnant que, rapidement, les sous-entendus ont été remplacés par des productions explicites, sans ambiguïté. On est toujours dans les années 70 quand se tient le premier Comiket, plus grand rassemblement de créateur·ices amateur·ices. On parle alors de dôjinshi pour décrire les créations de fans auto-éditées que ça soit des bandes dessinées, de la musique ou des jeux. C’est dans ce contexte que naît le « yaoi » pour qualifier toutes ces productions parodiques mettant en scène des personnages masculins dans un contexte sexuel. Et ça plaît !

Au début des années 80, suite au succès de Kaze to ki no uta, l’éditeur Magazine Magazine se lance dans la publication de magazines yaoi, le plus iconique étant JUNE, magazine auquel Takemiya Keiko sera d’ailleurs une importante contributrice.

Le yaoi devient tellement populaire qu’il éclipse finalement les shôjo qui demandait à ce qu’on lise entre les lignes. Le genre explose carrément dans les années 90 avec des artistes amateurs qui voient leurs oeuvres être publiées dans des magazines shôjo et les magazines dédiés se multiplient, avec Be x Boy en tête des ventes. Pour illustrer ce phénomène, on pense tout de suite à CLAMP, qui a débuté comme un cercle doujin et qui a publié tout un tas de manga présentants des éléments « yaoi » à partir des années 90, comme Tokyo Babylon ou le très connu Cardcaptor Sakura.

Le terme « boys love » apparaît alors à cette période pour décrire les oeuvres commercialisées dans un cadre plus professionnel. On les différencie des productions doujin, à qui on continue de coller l’étiquette yaoi. Et, à l’époque, le genre créait déjà la controverse : à partir de 92, un débat par essais interposés méconnu sous le nom de « débat yaoi »/yaoi ronsô s’invitera dans les pages du magazine Choisir. D’un côté, des militant·es gays et féministes accusant le genre d’être homophobe et misogyne, et de l’autre, des autrices et éditeur·ices de manga yaoi qui avancent les arguments exposés plus haut dans cet article, à savoir que… c’est une manière pour les femmes d’échapper au male gaze, d’explorer leur sexualité en toute sécurité, et il n’y a pas prétention de représenter la réalité. C’est quand même cocasse de remarquer que le débat n’a pas vraiment changé, même des décennies plus tard !

Ces différents essais vont être publiés pendant plusieurs années, certaines autrices reviendront aux romances hétéros suite aux représailles et les « BL studies » deviendront un véritable champ d’étude.

Si là encore, vous voulez lire un chercheur qui a beaucoup étudié la question, il y a Mark McLelland. Pour la terminologie et le yaoi ronsô, j’ai pioché mes infos dans l’ouvrage Boys Love Manga and Beyond: History, Culture, and Community in Japan mais il a encore bien d’autres publications sur le sujet.

Malgré la controverse et l’émergence du terme péjoratif « fujoshi » sur 2chan… le succès du yaoi/BL va en grandissant et, quand on assiste à la naissance d’Otome Road en 2004, il est omniprésent aux côtés des autres médias joseimuke (destinés au public féminin).

Critiquer le BL aujourd’hui : légitime ou misogyne ?

De mon expérience… une dizaine d’années en arrière, il était accepté comme une vérité que les « fans de yaoi » objectifiaient les hommes gays et, à l’époque de Tumblr, on assistait effectivement à une vague d’adolescentes qui aimaient exclusivement des pairings MxM, qui les qualifiaient, en anglais, de « sinful », et qui imposaient ça à des personnes réelles, que ça soit en comparant des relations gays dans leur entourage de « yaoi » ou en prêtant des relations amoureuses à des personnalités publiques un peu trop proches (Dan et Phil étant sûrement les plus grandes victimes de cette époque).

Maintenant, avec le recul, et tout le contexte que je vous ai donné plus haut, je comprends mieux la psychologie derrière le phénomène : à cet âge-là, en pleine puberté, on découvre la sexualité, on explore ses préférences, on se pose parfois aussi des questions sur son genre, et c’est rarement dans le hentai qu’on trouve des réponses parce que les personnages féminins y sont, là pour le coup, vraiment traiter comme des objets et c’est en général beaucoup plus vulgaire et toujours exclusivement destiné à un public masculin.

Ajoutez à ça le fait que, en tant que femmes, on nous apprend dès le plus jeune âge à avoir honte de notre corps, à le cacher, à ne pas le toucher, et ça rend le rapport à la sexualité d’autant plus compliqué. On n’ose pas toujours se toucher, se masturber, se regarder dans le miroir, aller voir ce qu’on a entre les jambes. Quand on ne se sent pas à l’aise avec son propre reflet, c’est normal de trouver refuge dans les représentations de relations entre hommes parce que c’est une vision de la sexualité dont on peut se détacher. C’est malheureusement un fardeau universel, ce qui explique que le BL ait trouvé un public au Japon comme en Occident, et que le « yuri » ne soit pas une solution magique.

Est-ce que les « yaoi fangirls » de Tumblr étaient gênantes ? Et parfois à la limite de l’homophobie ? Et est-ce que ça a affecté de vraies personnes gays ? Oui. Indéniablement.

Mais c’est quand même important de prendre tout ce contexte culturel et sociologique en compte quand on porte un regard critique sur le BL.

Et si je parle au passé, c’est parce que j’ai l’impression que cette ère est révolue. Il y a sûrement toujours des personnes jeunes qui expriment leur passion de manière qui peut faire grincer des dents, mais le BL a quand même beaucoup évolué, sa communauté aussi, et, de nos jours, on pousse la réflexion un peu plus loin que simplement « yaoi=pas bien ».

La tendance s’est même inversée et on se demande maintenant si ça ne serait pas misogyne de prendre un intérêt pour le BL comme prétexte pour attaquer des jeunes femmes sur internet et/ou cracher sur leur travail.

Un exemple tout bête (mais on peut en trouver bien d’autres) : l’année dernière, suite à un tweet qui a pas mal tourné, plein de gens ont découvert que Suekane Kumiko, l’illustratrice des premiers Ace Attorney sur GBA, avait commencé sa carrière en dessinant des doujinshi yaoi. C’est d’ailleurs le cas de beaucoup d’artistes dans le milieu !

Mais quoi qu’il en soit, les réactions ont été virulentes : on la condamne immédiatement et on agit comme si elle avait fait quelque chose de profondément répréhensible qui vaudrait presque le boycott ou au moins de remettre en question notre appréciation de son travail sur des franchises tout public. « Fujoshi » est ré-utilisé comme un terme péjoratif, comme quelque chose dont les femmes devraient avoir honte, alors même que, depuis sa création sur 2chan aux débuts des années 2000, plein de femmes japonaises (et même des hommes, qui utilisent le terme fudanshi) avaient commencé à se qualifier comme tel.

Et je suis sûre que la plupart des gens qui sont contre le BL sans trop y réfléchir (juste parce que, dit comme ça, « fétichiser les hommes gays c’est mal », ça a effectivement l’air tout à fait logique) sont plein de bonnes intentions mais il faudrait veiller à ne pas franchir la limite de la misogynie et à harceler des créatrices juste parce qu’on suppose qu’elles sont hétérosexuelles et qu’elles dessinent autre chose que des relations hétéros.

Et au Japon ? L’avis des personnes concernées

Tout au long de la précédente partie, je me suis concentrée sur les débats qui avaient lieu par chez nous, en Occident, et des fans dans les cercles principalement francophones et anglophones, tout simplement parce que c’est ce que j’ai observé moi et que c’est ce qui va vous parler à vous. Mais qu’en disent les japonais·es ?

Quelques années en arrière, j’avais lu un article très intéressant qui rassemblaient les témoignages d’hommes japonais gays avec des avis divers et variés sur le BL. Certains n’avaient rien contre, d’autres étaient mal à l’aise et avaient l’impression que ça leur portait préjudice, d’autres en lisaient et pensaient que ça avait un impact positif sur la perception des personnes LGBT+ au Japon. Malheureusement, il n’est plus en ligne ! Mais il n’est pas dur d’imaginer que chaque individu est différent et que tout le monde n’a pas la même opinion ou les mêmes goûts.

Si on s’intéresse à des personnalités plus publiques, on ne manque pas d’exemples de personnes concernées ou spécialistes du domaine constater l’évolution du BL.

En 2015, Tagame Gengoroh a participé à une conférence sur les bande dessinées gays au Japon dans le cadre du Toronto Comic Arts Festival.

Tagame a co-fondé le magazine G-men en 1995, une publication dédiée aux hommes gays avec, entre autres, des bande dessinées mettant en scène des personnages masculins bien en chair mais musclés, virils, poilus et barbus, parfois adeptes de BDSM, dans un style très cru, qu’on identifie comme le « bara » par chez nous (bien que le terme ne soit pas approprié). Tagame est considéré comme un pionnier du genre qui a redéfini le manga gay (« gei komi ») mais il est aussi connu en Occident pour ses plus récentes oeuvres, accessibles car tout public et ayant pour sujet non pas le sexe mais le quotidien des hommes gays au Japon.

Le mari de mon frère, 2014
Our Colorful Days, 2018

Lors de ladite conférence, Tagame explique que la frontière entre le gei komi et le BL est devenue quelque peu floue : on pourrait distinguer les deux en disant que le gei komi est écrit par les hommes avec des personnages baraqués alors que le BL est écrit par des femmes et met en scène des romances plus tendres avec des personnages effeminés… mais ce n’est plus toujours le cas ! Les femmes aussi écrivent des scènes de sexe considérées « hardcore », et utilisent même parfois un nom de plume masculin pour être publiées dans des magazines de gei komi. Il a également pu constater que ses collègues s’illustrant dans le BL ne sont plus exclusivement des femmes hétérosexuelles. Il y a des lesbiennes. Des personnes transgenres. Ces changements poussent à remettre en question la façon dont on catégorise ces manga, qui les dessine et à qui ils s’adressent.

Plus récemment, en 2020, Bunshun Online a organisé une table ronde rassemblant Nanasaki Ryousuke (l’auteur du roman autobiographique Until I Meet My Husband, adapté en manga et publié sur Bunshun Online en 2020), Mizoguchi Akiko (militante lesbienne spécialisée dans les BL studies) et Matsuoka Soushi (militant et journaliste gay).

Les trois s’accordent à dire que si le BL de l’époque véhiculaient beaucoup de clichés, on trouve aujourd’hui de plus en plus d’oeuvres qui les dénoncent et qui se veulent plus réalistes. On critiquait la toxicité des relations : des rapports forcés, des kidnappings ou encore des séquestrations… et on reprochait le rejet de l’homosexualité. Les protagonistes n’étaient jamais gays, ils faisaient juste une exception parce qu’ils avaient trouvé quelqu’un de « spécial ». Mais les titres plus récents ont des dialogues plus « politiquement corrects » et certains s’ancrent dans la réalité en dépeignant des personnages gays qui prennent conscience de leur sexualité, font leur coming out, sont confrontés aux réactions de leur proche et parfois à l’homophobie…

Mizoguchi souligne que de plus en plus d’oeuvres cherchent à montrer la réalité des personnes gays au Japon, dénoncent les discriminations et proposent même des solutions pour y faire face. Elle estime donc que ces manga peuvent être d’une grande aide pour les plus jeunes qui se cherchent encore (et elle prend son propre exemple en citant Mari to Shingou, un manga BL des années 80 qui l’a aidé à accepter son homosexualité).

A côté de ça, elle ne rejette pas pour autant les manga complètement fantaisistes (et cite même l’omegaverse) car on parle avant tout de fiction et les lecteur·ices de BL aussi cherchent à s’évader. Ceci étant, les titres qui se déroulent dans le Japon d’aujourd’hui ne contiennent généralement plus de violences sexuelles.

Mizoguchi a écrit nombre d’ouvrages à ce sujet ; l’interview en mentionne deux, inédits en anglais ou en français :

BL進化論 ボーイズラブが社会を動かす, 2015 (illustré par Nakamura Asumiko !)
BL進化論[対話篇] ボーイズラブが生まれる場所, 2017

Quant à Nanasaki, son roman et le manga qui s’en inspire ont tous deux été traduits en anglais en 2022.

Enfin, à la même période où j’avais lu le fameux article aujourd’hui supprimé dont je vous parlais plus haut, j’avais aussi regardé une vidéo très intéressante de Masaki C. Matsumoto, un youtuber japonais bi qui faisait pas mal de vidéos autour de la communauté LGBT+ japonaise et qui avait notamment partagé son expérience avec le BL. Là encore, la vidéo a été supprimée ! Cependant, il est revenu un peu dessus fin-2020 sur son compte Twitter…

Il explique que son opinion ne devrait pas être mise sur un piédestal juste parce qu’il fait partie des « concerné·es » et qu’il ne souhaitait pas que ses propos soient utilisés comme une arme dans ces débats. Il note aussi très justement que si certains BL sont homophobes et voire même transphobes, on retrouve des oeuvres tout aussi problématiques dans à peu près tous les genres de littérature. Enfin, il faut accepter que certaines personnes gays ne vont pas se reconnaîtrent dans le BL, et d’autres vont y trouver du réconfort. Il faut de tout pour faire un monde !

Dans un article Medium, il parle (avec beaucoup de justesse) plus en détails de représentation et de BL. Il explique que même les dynamiques perçues comme « malsaines » ont le droit d’exister dans la fiction gay. Les relations gays, comme les relations hétéros, sont complexes, pas toujours toutes roses, et on ne devrait pas avoir à aseptiser nos histoires.

On peut encore trouver bien d’autres témoignages, mais, le fin mot de l’histoire, c’est que même au Japon, le BL n’a plus aussi mauvaise réputation. Pour se faire un avis, je pense que c’est important d’écouter aussi ces voix-là, mais, comme Masaki le fait remarquer, une opinion ne vaut pas forcément plus qu’une autre et c’est aussi bien de développer sa réflexion en faisant appel à notre esprit critique.

Conclusion : des arguments de mauvaise foi

En ce qui me concerne… j’ai fait la paix avec le BL. Maintenant que j’ai pris un peu de recul, je me rends compte que le summum du militantisme n’est pas de mener une croisade contre un genre qui n’est pas fondamentalement mauvais.

En plus, il y a des titres que j’adore, des doujinshi que je relis sans cesse, et ça serait hypocrite de ma part d’essayer de prouver par A+B qu’ils sont différents des autres BL pour une raison X ou Y. J’aime aussi les anime joseimuke, j’y ai consacré ce blog !, et ils sont intimement liés au BL, c’est fait dans le même moule ! Je ne suis pas différente des fujoshi que je pointais du doigt. C’est du contenu que je consomme et que je consommais, et il n’y a pas de façon « moralement supérieure » de l’apprécier.

Je vais terminer sur quelques arguments avec lesquels je ne suis plus d’accord.

  • « C’est par des femmes hétéros pour des femmes hétéros, c’est de la fétichisation des hommes gays »

Je pense qu’il est difficile d’affirmer ça aujourd’hui quand des auteurs et autrices de BL utilisent des noms de plume, restent parfaitement anonymes, ou bien ne se prononcent tout simplement pas sur leur orientation sexuelle.

De même, les personnes qui consomment du BL, aussi cringe étaient-elles dans leur jeunesse !, se révèlent souvent faire partie de la communauté LGBT+ et/ou sont des femmes qui ne fétichisent/objectifient/fantasment pas du tout sur les hommes gays dans la vie de tous les jours mais trouvent un refuge dans les romances et récits érotiques pour les raisons précédemment exposées.

J’arguais pendant un moment que cette exploration, cette libération, cette création d’un espace propre aux femmes, se faisait aux dépens des hommes gays mais aujourd’hui je pense sincèrement que le BL, même s’il a considérablement gagné en popularité, reste un genre de niche qui n’est pas comparable aux médias de masse tout public et, par conséquent, son impact sur la population homosexuelle est bien moindre. Je ne pense pas que le BL fasse de mal à grand monde et, certes, on a établi plus tôt que des jeunes filles étaient et sont toujours encore probablement homophobes sans vraiment le vouloir à cause de comportements immatures mais on retrouve des éléments perturbateurs dans tous les fandoms et ce n’est pas pour autant que l’oeuvre ou, en l’occurence, le genre est à bannir dans son intégralité.

Dans les fandoms avec une majorité masculine, on est souvent confrontées à énormément de misogynie, de sexualisation, de toxicité, de harcèlement, et, pour le coup, c’est un danger beaucoup plus tangible qui touche de vraies personnes.

  • « Les femmes qui écrivent du BL monopolisent l’espace pendant que les hommes gays manquent encore de représentation »

J’y croyais dur comme fer mais on en revient au point évoqué plus haut : on ne s’en rend pas forcément compte quand on est en plein dedans mais le BL reste quelque chose de très niche qui n’empiète sur le terrain de personne. Même sans BL, les personnes gays (au Japon et ailleurs) n’auraient pas plus de représentation, et certainement pas dans les médias tout public.

Et je disais aussi beaucoup que, comme c’est majoritairement destiné à des femmes hétéros, le BL ne pouvait pas être qualifié de « représentation », mais maintenant je me prends moins la tête sur ce qui peut être considéré comme de la représentation ou pas. Des personnes LGBT+ y trouveront leur compte, au Japon comme dans le reste du monde. Ce n’est pas toujours réaliste, ce n’est pas toujours des relations saines, mais la fiction gay a le droit, elle aussi, d’exister sous toutes ses formes. La fiction est justement faite pour explorer des scénarios à l’opposé de notre réalité, pour explorer des thèmes sombres et immoraux qui n’ont justement pas lieu d’exister autrement, etc.

Maintenant, je ne vois plus la « représentation » avec des codes très stricts et je me rends aussi compte que tout n’a pas pour vocation d’être de la représentation (et ce n’est pas grave !).

  • « Le BL est rempli de stéréotypes négatifs et homophobes »

En règle générale, on l’entend moins cet argument… parce que maintenant, on a plein de BL qui prouvent le contraire. Il y a toujours des histoires discutables mais c’est le cas partout, même dans des genres aussi populaires que le shôjo et le shônen.

  • « C’est l’équivalent des mecs qui regardent du porno lesbien »

Un raccourci très simpliste qui ignore totalement les raisons pour lesquelles les hommes regardent de la pornographie lesbienne au point d’en faire une des catégories les plus populaires sur les gros sites et pourquoi les femmes sont attirées par les romances érotiques gays, le BL, parfois le porno gay même s’il ne leur est pas destiné.

On a parlé du rapport au corps qui peut être compliqué pour les femmes à cause de la société qui nous inculque qu’on doit en avoir honte, qu’on doit le cacher, et du fait que, pour découvrir sa sexualité, indépendamment de notre orientation sexuelle, il était parfois plus simple de se tourner vers des contenus où nous ne sommes pas mises face à notre propre corps et, surtout !, des contenus érotiques qui ne sont pas soumis au male gaze et qui prend en compte nos préférences à nous.

Logiquement, on se tourne vers quelque chose comme le BL.

Les hommes, hétéros précisons-le, ne souffrent pas de ce rapport au corps complexe et, s’ils créent et consomment du porno lesbien, c’est avant tout pour s’insérer dans un schéma qui, par sa nature, les exclus. On est toujours dans la sexualisation, l’objectification et le contrôle du corps de la femme et on refuse qu’elle puisse avoir une sexualité qui n’inclu par un homme donc on en fait un spectacle, bien éloigné de la réalité des relations lesbiennes, pour le simple divertissement des hommes hétérosexuels.

Bref, si on ne fait pas preuve de mauvaise foi, il est vite évident que les deux ne sont pas comparables pour une multitude de raisons.

Et avec ça, j’arrive à la conclusion de ma réflexion de plusieurs années sur le boys love. On peut ne pas aimer, on peut être critique à l’égard du BL, mais pour que le débat ne soit pas stérile, il faut prendre tout un tas de paramètres en compte et laisse tomber les arguments qui ont été démontés il y a des années de cela.

Avec le recul et ce que je lis parfois sur internet de la part d’antis (référence au premier Manko Monologue !), j’en viens à me demander si cet acharnement envers le BL vient réellement d’une volonté de défendre les droits des personnes LGBT+ ou si ça ne serait pas plutôt un prétexte pour censurer une fois de plus la sexualité et le travail des femmes.

Mais… fin du monologue, je vous laisse la parole.

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En vrac : Visual Prison, Yakuza, Hannibal, etc.

Celles et ceux qui sont là depuis vraiment très longtemps, vous vous souvenez des articles où parlais de plein d’oeuvres sans rapport les unes avec les autres et que j’appelais ça un « vrac » ? C’est l’ancêtre de mes articles Slice of Life, et comme aujourd’hui, je ne suis pas vraiment là pour vous raconter ma vie mais que je ne suis pas non plus très inspirée pour un titre, j’ai pensé qu’il était approprié pour le vrac de faire un petit come-back.

Contrainte par le temps d’espacer un peu plus mes articles, j’ai dû mettre un terme à ma longue tradition d’écrire systématiquement sur tout ce que je regardais, lisais, écoutais,… C’est une bonne comme une mauvaise chose. D’un côté, je ne vous cache pas que ça m’a enlevé une certaine pression : j’en arrivais parfois à repousser le moment où je terminais une série ou un jeu parce que je savais que j’allais « devoir » écrire dessus. Maintenant, je me prends moins la tête, je m’autorise à faire des trucs sans prendre des notes. Mais… d’un autre côté, ça m’embête de ne plus avoir une trace de ce qui m’a marquée, de partager de moins en moins de choses avec vous…

Je vais essayer de m’y remettre doucement, sans trop me prendre la tête.

https://youtu.be/e0VRtRYoEuo

Evidemment, je regarde Visual Prison… Comment aurais-je pu passer à côté de cette daube presque radioactive tant elle dégouline de kitsch et d’edginess ? C’est d’ailleurs le seul anime que je suis cette saison mais je pense qu’il se suffit à lui-même.

Pensée par le créateur d’UtaPri, l’histoire met en scène des vampires appartenant à des groupes de musique et s’affrontant lors du fameux « Visual Prison », un évènement où chacun présente sa plus belle chanson à la « Lune écarlate » dans l’espoir de gagner et d’amasser plus de pouvoir grâce à des petits cristaux rouges qui font office de récompense. Bref ! Comme vous pouvez vous en douter, c’est éclaté, ça n’a pas de sens, mais ça vous parlera si vous avez eu une période visual kei il y a 10 ans. Perso, j’adore cette esthétique et j’adore que l’anime ne fasse pas les choses à moitié : on tape dans tous les clichés au niveau des thèmes (la différence, le deuil), on mentionne Satan, on frôle la frontière avec l’inceste, et, évidemment, on a le droit à des scènes homoérotiques où on suce le sang de ses potes.

Y’a rien de plus divertissant et, en plus, la musique est franchement bonne (j’estime que l’opening est d’ores et déjà iconique ne serait-ce que pour sa transition vers le « aaaaaaaAAAAA »). Si vous tentez, ne vous arrêtez surtout pas au premier épisode qui, il faut bien l’admettre, est vraiment bordélique et pas du tout convaincant. Heureusement, l’histoire ne tarde pas trop à devenir croustillante ! A l’épisode 3, j’étais déjà à fond.

Je ne sais plus si j’ai déjà eu l’occasion de le mentionner mais, suite à des conseils avisés, je me suis lancée dans Yakuza avec Kiwami, le remake du tout premier jeu de la série, sorti près de 10 ans plus tôt.

On est sur un jeu d’action-aventure avec de la BAGARRE, un peu loin des visual novels dont je vous parle d’habitude donc je ne suis même pas sûre qu’un article vous intéresse mais, en ce qui me concerne… un coup de coeur !! Entre temps, j’ai joué à Yakuza 0 et je joue en ce moment même à Kiwami 2.

C’est très story-based, des personnages excellents, un bon équilibre entre des histoires sérieuses et des quêtes secondaires perchées… et, surtout, qu’est-ce que ça me donne envie de retourner au Japon !!! Les quartiers de Kabukichô et Dôtonbori sont reproduits avec un très grand soin et j’ai hâte de jouer aux autres opus pour continuer ce voyage.

Je ne sais pas encore si j’y consacrerai un article parce qu’on est un peu en dehors de ma zone de confort donc j’ai peur de ne pas réussir à bien en parler mais, en tout cas, je recommande chaudement.

Un peu après tout le monde, je me suis aussi mise à Hannibal ! Série en trois saisons qui s’est terminée en 2015, déjà ! Si vous ne l’avez pas vue, vous connaissez au moins sûrement de nom ; en revanche, ce que, personnellement, j’ignorais, c’est que c’est un prélude et une adaptation de Dragon rouge, le premier livre de la tétralogie Hannibal Lecter.

J’y ai retrouvé beaucoup de choses que j’avais aimé dans Killing Eve, notamment cette dynamique homoérotique où les deux protagonistes se tournent autour à défaut de pouvoir s’entretuer. Ce duo n’est cependant pas la seule force de la série : la mise en scène est aux petits oignons, l’histoire nous tient tout le temps en haleine, les acteur·ices sont au top, et même si le scénario se perd un peu en court de route au début de la saison 3, il se relève admirablement pour une excellente adaptation du film de 2002 et un final exceptionnel.

Je sais que nombre de fans (et même l’équipe !) aimeraient une suite mais cette conclusion était parfaite, sans fausse note, et, à mon humble avis, la meilleure manière de dire au revoir à la série.

J’essaie aussi de me remettre un peu à la lecture de manga, et ça tombe bien !, parce que j’ai reçu un titre qui était dans ma wishlist depuis un moment :

I Don’t Know How to Give Birth, un manga autobiographique de Kazama Ayami qui retrace sa grossesse en tant que nerd qui ne se sent pas tout à fait adulte et qui n’a qu’une vague idée de ce qu’être mère implique.

J’ai bien aimé parce que je suis une grande amatrice de tout ce qui est autobiographique et c’est raconté avec beaucoup d’humour mais… ! Je reste mitigée…

En tant que personne susceptible d’un jour être enceinte, j’ai trouvé plein de choses très intéressantes dans son récit mais aussi perturbantes. Outre le fait que les pratiques du personnel médicales étaient parfois douteuses et absolument pas remises en question (au hasard : appuyer sur le ventre de l’autrice pendant l’accouchement, chose maintenant interdite en France), j’étais un peu déconcertée par le fait que Kazama avoue avoir fait un enfant simplement parce que son mari en voulait un.

Son histoire a le mérite d’être honnête mais c’était presque triste de voir tout le mal qu’elle se donne pour tomber enceinte (elle a même dû passer par une fécondation in vitro) en se posant seulement très tard dans le processus la question du pour « quoi » et pour « qui » elle fait ça. Sa conclusion sera finalement qu’elle n’a pas besoin d’une raison, c’est juste son « instinct de mammière femelle »…

Mais bon, c’est son vécu et ça reste intéressant d’avoir ce genre de témoignage, d’autant plus qu’il y a des moments vraiment drôle et « relatable » (première chose qu’elle fait après l’accouchement ? lancer ses gacha games).

Niveau musique, je pourrais vous parler de plein de choses mais un seul album me fait réellement vibrer en ce moment et c’est, sans surprise, Blue Banisters, de Lana del Rey. Je ne pensais pas qu’il sortirait vraiment, et je pensais encore moins qu’il allait surpasser, et de loin!, Chemtrails over the Country Club sorti quelques mois plus tôt… et pourtant !!! Lana nous régale avec des mélodies réconfortantes, des paroles pleines de poésie, des textes beaucoup plus touchants et personnels que dans COTCC, quelques titres qu’on connaît depuis longtemps qu’elle partage enfin officiellement, perso, chaque chanson me parle, me transporte, me transcende,… je l’adore et je ne jure que par cet album.

Dur d’en choisir une seule dans le lot…

…donc j’en mets deux !!!

En ce moment, je joue aussi à Cooking Mama: Cookstar sur Switch… Ca non plus, pas sûre d’en faire un article, bien que sa sortie chaotique mériterait qu’on y consacre quelques paragraphes. Le jeu en lui-même, par contre ? Pas tant à dire dessus.

C’est sympa, ça me détend que les recettes soient un peu courtes et répétitives même si je devrais sans doute considérer ça comme un défaut, et j’apprécie qu’il y ait un mode végétarien.

Par contre, le jeu a cruellement perdu de son charme, et, si on joue sur une Lite, on est un peu limité au niveau des mouvements (j’ai aussi eu l’occasion de jouer avec les joycons et c’est quand même un peu plus dynamique).

On peut personnaliser sa cuisine, on débloque de nouvelles couleurs pour notre matériel et on peut changer la tenue de Mama ainsi que la couleur de peau de notre personnage, ce qui est chouette, mais je regrette qu’on n’ait pas la possibilité de débloquer de nouveaux cadres et filtres pour nos photos.

Car c’est quand même ça la grande nouveauté de cet opus, bien mise en avant sur la jaquette : la dernière étape de chaque recette, c’est maintenant de prendre un joli cliché pour Instagram (« Don’t forget to tag Mama! »). Ce qui est dommage, c’est que pour la mise en scène, on alterne entre les quatre même endroits (la cuisine de mama, un diner, un resto chic, et un pique-nique), ce qui fait que même en travaillant et en personnalisant à fond ses photos, elles finissent par toutes se ressembler.

Mais bon, mon plus gros problème avec Cookstar reste la tentation de jouer sans le son tant Mama me tape sur les nerfs. Dans un effort désespéré de rester dans l’ère du temps, elle lâche des « Pic or it didn’t happen! », « You’re insta-famous! » et j’en passe des meilleures, dont l’occasionnel « SUGOI NE! »… A chaque fois, mon visage se tord en une drôle de grimace et l’image de « How do you do, fellow kids? » me vient systématiquement en tête. Le pire, c’est qu’elle ne se tait jamais !!!

Enfin, si vous avez joué à l’original, merci de me dire si le compte-à-rebours est aussi intraitable dans vos souvenirs… Dans Cookstar, il me botte le cul, et je n’avais pas l’impression d’être aussi maltraitée sur DS, mais peut-être que ma mémoire me fait défaut.

Je vais terminer avec quelques mots sur la sixième saison de Riverdale… Elle vient de commencer et la saison débute sur cinq épisodes spéciaux se déroulant dans l’univers alternatif de « Rivervale » et même si, pour l’instant, on en a vu que deux épisodes, je suis là pour en dire du bien… parce que si je ne le fais pas, qui le fera ?

Riverdale n’attire plus autant de spectateur·ices qu’avant, et peut-être qu’il l’a un peu cherché : la série peine à se renouveler, les intrigues sont de plus en plus tirés par les cheveux, les personnages sont mal écrits… Moi, j’aime toujours autant !!! Je continue à croire que c’est un bon divertissement et plus c’est absurde, plus j’aime.

Et là, j’ai l’impression que tout le monde déteste la direction que prend la série avec Rivervale, alors que je suis à fond pour la première fois depuis longtemps : on a une ambiance un peu plus « horreur », qui tire son inspiration de plein d’oeuvres chouettes (Midsommar, Evangelion!!!!!!, La Llorona), les couples ont un peu été chamboulés pour la première fois depuis le début de la série (et je préfère largement ces nouveaux pairings) et l’histoire est… fun. Ce qui est un peu tout ce que je demande à Riverdale. Oui, c’est toujours claqué au sol, mais l’excuse de l’univers alternatif permet de vraiment s’éclater et prendre plein de libertés par rapport au paranormal et, aussi et surtout!!, aux décès des personnages principaux donc… on s’amuse, on s’amuse ! Et j’ai hâte de voir les prochains épisodes.


Et voilà, je n’ai pas couvert tout ce dont je voulais parler mais c’est quand même un bon début. N’hésitez pas à venir discuter de ce que j’ai mentionné dans les commentaires, à me dire quels article vous voulez voir sur le blog, ou même à me recommander vos récents coups de coeur !

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Mon avis sur plein de trucs

Assez parlé de moi. La dernière fois, je vous ai parlé en long et en large de de ma vie, de ce qu’il s’y passait depuis septembre dernier, mais j’ai totalement omis de mentionner tous les films, séries, livres ou encore chansons qui ont pu rythmer ces mois-là. Aujourd’hui, je ne vais pas en faire une liste exhaustive, mais je vais revenir sur ce qui m’a le plus marquée et dont j’ai envie de prendre le temps de parler.

Ça, j’ai vraiment aimé, vous pouvez y aller les yeux fermés

Ici, on ne garde pas le meilleur pour la fin. Je commence direct avec ce que j’ai aimé, comme ça, si jamais vous décidez d’arrêter de lire en cours de route, vous aurez au moins vu le top du top avant de fermer l’onglet.

On remonte dans le temps, plus précisément au mois d’octobre. The Haunting of Bly Manor vient de sortir. Non, je n’ai pas vu the Haunting of Hill House, la première saison. Oui, je regarde quand même, parce que c’est une anthologie et parce que cette saison-là est gay.

Tout simplement, on suit une fille au pair, Dani, partie à la campagne pour s’occuper de deux jeunes orphelins dans un vaste manoir au milieu de nulle part. Vous vous doutez bien que, très vite, les gamins vont avoir un comportement inquiétant, des gens censés être morts se baladent dans le jardin et Dani a toujours un spectre par-dessus l’épaule.

Alors oui, ça fait un peu peur. « Pas assez », selon certain-e-s, et « pas autant » que son prédecesseur à en croire les critiques. Mais ce que j’apprécie, c’est justement que c’est plus qu’une histoire d’horreur ; la série appartient indéniablement au genre, elle en reprend les codes et l’eshétique, mais c’est aussi l’histoire d’un drame, c’est aussi une histoire d’amour, et plus le manoir et ses secrets se dévoilent, plus la peur laisse place à la tristesse.

Il se trouve que son réalisateur, Mike Flanagan, est aussi derrière un de mes films préférés, Jessie. C’est d’ailleurs, avec cette série, tout ce que j’ai vu de lui, mais, à chaque fois, j’en suis ressortie émotionnellement chamboulée !! Parce que oui !, l’horreur, ce n’est pas toujours que des frissons !, c’est aussi pour ~explorer les émotions humaines à travers nos plus grandes peurs~, et même si je pense que le genre ne devrait évidemment pas se résumer à ça, j’apprécie les histoires qui glacent le sang mais où, derrière les phénomènes surnaturels, les monstres et les esprits, le plus terrifiant reste toujours les traumatismes endurés et infligés par l’homme. Et Flanagan fait exactement ça, avec des personnages féminins remarquablement bien écrits.

Avec Bly Manor, vous n’aurez donc pas besoin de trop vous couvrir les yeux mais soyez sûr-e-s d’avoir des mouchoirs à proximité. Au début, c’est mystérieux, prenant. Satisfaisant une fois que les pièces du puzzle s’assemblent. Déchirant quand certaines révélations tombent. Poignant et touchant lorsque les personnages tombent amoureux.

Gros coup de coeur en ce qui me concerne, et j’ai tout particulièrement aimé Dani, son développement, sa reconstruction, et sa romance avec Jamie qui est l’une des plus belles que j’ai pu voir sur le petit écran !!!

A un moment donné… mais allez savoir quand parce qu’en ces temps de pandémie on perd un peu tous la notion du temps… j’ai aussi lu Underground de Murakami Haruki. Figurez-vous que j’ai réussi à valider ma licence d’études japonaises sans jamais toucher à un Murakami et, pour être honnête avec vous, je n’ai jamais cherché à y remédier. C’est sans aucun doute l’auteur japonais le plus connu en France, voire même dans le monde d’ailleurs, mais comme il est aussi connu pour s’illustrer dans le réalisme magique, le fantastique, et autres genres que je ne lis pas, aucune de ses oeuvres ne m’a jamais attirée. Jusqu’à… Undergroud.

C’est une exception car ce n’est pas vraiment un roman : c’est une série d’entretiens, et pas des moindres. Pour cet ouvrage, Murakami a interviewé des victimes et des témoins de l’attentat au gaz sarin qui a eu lieu dans le métro de Tokyo en 1995, un des plus graves attentats que le Japon ait connu dans l’après-guerre. Si vous me connaissez, vous savez que j’ai une préférence pour la non-fiction, les autobiographies, les récits de vie, les témoignages… je me suis dit que s’il y avait un Murakami pour moi, c’était celui-ci.

Et je ne m’étais pas trompée ! Livre très, très intéressant, avec bien sûr certains témoignages particulièrement durs à lire mais qui, à travers des témoignages individuels, permet d’avoir une meilleure compréhension de ce qui s’est passé le jour du drame mais aussi de son impact sur le long terme, et qui est révélateur de beaucoup de choses, que ça soit sur la place du travail dans la vie des japonais-e-s, l’inefficacité des secours en temps de crise, l’indécence des médias sensationnalistes, etc. Très respectueux et humanisant, chacune de ses interviews commence par un portrait de la personne interrogée, histoire de ne pas la réduire à l’incident, de poser un contexte et permettre aux lecteur-ices de mettre un « visage », d’associer une vie et un parcours, au témoignage.

L’édition française comprend également une autre série de témoignages (à l’origine publiés dans un magazine et plus tard rassemblés dans un recueil à part) mais cette fois-ci d’anciens et actuels membres de la secte Aum (qui a perpétué l’attentat). Intéressant aussi, nécessaire pour comprendre les mécanismes de la secte et le raisonnement de ses adeptes.

Au milieu de tout ça, on a un essai de l’auteur que j’ai trouvé un peu perché par moment et dont la lecture était, pour moi, plus pénible qu’autre chose. C’est la seule ombre au tableau, qui me conforte dans ma décision d’ignorer le reste de l’oeuvre de Murakami, mais qui heureusement n’occupe pas beaucoup de place dans le livre.

Je conseille, c’est un petit pavé de presque 600 pages mais qui, de par sa structure, se lit très vite.

J’étais pas convaincue mais je me suis attachée

Tout est dans le titre.

Et quoi de mieux pour illustrer cette idée que le dernier comeback de LOONA !? Paint The Town, PTT pour les intimes, marque le retour de LOONA au grand complet et sert de single à leur nouveau mini-album, [&]. Inspirations bollywoodiennes, concept girl crush, un refrain à base de « ra ta ta ta ta ta ta »… pas convaincant, très banal, dans la lignée du tout aussi décevant So What. Et ce que beaucoup de fans (« d’Orbits », devrait-on dire!) déplorent d’ailleurs depuis ce single-là, c’est que LOONA a un peu perdu son identité musicale.

Et en effet, c’est à cette même période qu’il y a commencé à avoir des changements au niveau de la structure de Blockberry Creative et l’équipe créative autour du groupe n’est plus du tout la même qu’à ses débuts. Ca, ça se ressent. On se retrouve maintenant avec So What, Why Not?, PPT, des singles qui ont l’air recyclés, qui auraient pu être interprétés par n’importe quel autre girl group. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que si j’avais découvert LOONA avec ça, je ne serais pas restée.

Mais voilà, le fait est que, fort heureusement, je suis LOONA depuis bien plus longtemps que ça, ce qui fait que, même si j’ai enchaîné quelques déceptions ces derniers comebacks, c’est plus fort que moi, je déborde d’émotions dès les premières secondes du clip. Même quand je ne suis pas au rendez-vous pour la musique, je le serai toujours pour elles !! Et, après ma déception initiale, j’ai appris à aimer Paint The Town, qui donne quand même de quoi se nourrir aux fans !

Déjà, ma favorite, Chuu, crève l’écran comme à son habitude, elle a que des super scènes que je ne me lasse pas de regarder malgré le bruit de fond désagréable qu’est PTT.

HaSeul est de retour, et rien que pour ça, ce comeback est spécial. Honnêtement, je n’y croyais plus, et j’ai souvent eu peur que son départ soit définitif et que ça finisse par signer la fin de LOONA. Pourtant, la voilà, en pleine forme, après deux ans d’absence, et je suis très émue de les revoir au complet.

Et enfin, même si on a l’impression que LOONA s’efface un peu, leur empreinte est quand même présente dans les paroles et visuels qui font référence aux symboles du LOONAverse : la Lune, les animaux, le set d’Eclipse (!!),…

On n’a donc pas tout perdu ! Et personnellement, j’ai bon espoir quant au retour du groupe tel qu’on l’a connu parce que Star, qui se rapproche quand même plus de ce qu’on connait et ce qu’on aime, date à peine du précédent comeback, et que toutes les autres pistes de [&] sont très bonnes et ressemblent déjà un peu plus à du LOONA. C’est pas tout à fait ça non plus, mais je pense qu’une chanson plus groovy comme WOW aurait fait un meilleur single.

Quoi qu’il en soit, LOONA est toujours là, leur potentiel aussi, et j’ai bon espoir pour la suite. En attendant, pas fan de Paint The Town, mais j’ai réussi à y trouver mon compte malgré tout.

Autre déception : SOUR, l’album très anticipé de celle qui s’est imposée comme la nouvelle sensation pop : Olivia Rodrigo. Début 2021, impossible d’échapper à drivers licence, presque élevé à tort ou à raison au rang de chef d’oeuvre avec son bridge « incroyable » et cette capacité à vous donner « l’impression que vous êtes en train de traverser une rupture alors que pas du tout » !!! Malgré son succès retentissant, Olivia Rodrigo et sa musique ne sont pas pour tout le monde. Peut-être à cause d’une overdose et overhype de drivers licence, peut-être parce que son univers est trop jeune et immature pour celles et ceux qui ont quitté les bancs du lycée depuis plusieurs années.

Personnellement, j’aimais bien drivers licence, j’ai eu un gros coup de coeur pour deja vu, et je n’ai pas détesté good 4 u. J’étais curieuse de voir le produit final ! le premier album de cette étoile montante ! SOUR !

Et finalement… pas grand chose à se mettre sous la dent. Trop de ballades un peu lassantes, une tracklist désordonnée, pas beaucoup d’originalité au niveau des thèmes… Je l’ai écouté une fois et j’ai mis du temps avant de lui redonner une deuxième chance.

Pourtant, je ne voyais pas le côté très adolescent de l’album comme un défaut : après tout, elle avait 16/17 ans quand elle a commencé à écrire, et je trouve que même quand on n’est plus dans cette mentalité là, on peut quand même s’identifier à ses paroles parce qu’on a pu, à un moment donné de nos vies, traverser les mêmes choses. J’adore justement les titres brutal et jealousy, jealousy pour cette raison-là : ils capturent à la perfection la crise d’ado, la « teenage angst », la rage d’être mal dans sa peau, l’impression de rater sa vie alors qu’elle ne fait que commencer, l’envie d’être quelqu’un d’autre,… Après, évidemment, c’est pas des chansons qui me parleraient autant que si j’étais le public visé, mais je pense qu’à tout âge, on peut très bien comprendre les sentiments qu’elle exprime.

Mais j’avoue qu’au bout de la énième ballade sur une rupture insipide, j’ai commencé à décrocher.

Pas exactement ce que je recherchais et je ne crois pas que SOUR ait vraiment été à la hauteur des attentes puisque mon sentiment a l’air d’être partagé, mais ce ne sont que ses débuts et elle a de toute évidence beaucoup de talent et de potentiel. Ca sera intéressant de voir ce qu’elle écrit dans quelques années. En attendant, SOUR n’est peut-être pas ma tasse de thé mais après une deuxième écoute relativement espacée de la première, j’ai pu trouver mon bonheur dans des chansons comme celles citées précédemment mais aussi… une ballade ! hé oui ! à savoir happier, dont les paroles me touchent un peu plus personnelles que celles des autres chansons sur l’album.

La promo autour m’a aussi aidée à apprécier l’album davantage, et je pense notamment à SOUR Prom, une mise en scène très élaborée et toujours plus dans ce thème « teen movie » pour un évènement live qui m’a permis de redécouvrir certaines chansons qui ne m’avait pas spécialement marquée avant comme traitor ou enough for u.

C’est problématique™ mais j’en redemande

Là, on est sur des trucs que je suis même pas sûre de vouloir recommander tant le contenu peut parfois être discutable mais… je dois bien avouer que je prends mon pied devant.

J’ai déjà parlé de Ainori sur le blog mais si vous n’étiez pas là en 2019, je vous remets un peu dans le contexte : c’est le remake signé Netflix d’une télé-réalité japonaise qui date de 1999 et qui, à l’époque, était filmée en continu, c’est-à-dire sans être découpée en saisons et donc sans vraiment connaître de coupures, et ce, jusqu’en 2009 (avec un petit reboot de 2010 à 2011). Là, ça a donc été repris par Netflix en 2018 avec deux saisons en Asie et, la dernière fois que je vous en parlais, j’attendais avec impatience la troisième saison prévue pour automne 2019 qui devait cette fois nous emmener jusqu’en Afrique ! Et cette saison, elle est sortie… au Japon. Et je sais pas pourquoi mais il a fallu attendre 2021 pour qu’elle soit dispo sur notre Netflix français, et elle a un peu débarqué sans prévenir après plus d’un an où chercher African Journey sur la plateforme affichait le mensonge éhonté qui était l’annonce de « automne 2019 » !!! Bref, un beau jour, j’ai vérifié si c’était pas par hasard sorti comme je le faisais plus ou moins régulièrement depuis tout ce temps, et cette fois, c’était la bonne, c’était là. Mais vous savez toujours pas de quoi ça parle.

Ainori, c’est sept iconnu-es qui voyagent ensemble à bord d’un bus rose, le bus de l’amour!, et qui, en plus de découvrir de nouvelles cultures, sont aussi à la recherche de l’amour. Le but, c’est de se rapprocher de l’un-e des candidat-es et de lui faire une déclaration d’amour accompagnée de billets d’avion en direction du Japon. Si les sentiments sont réciproques, le couple repart ensemble, ils vivent heureux et ils ont beaucoup d’enfants. Si rateau il y a, le voyage s’arrête là pour la personne qui a fait sa déclaration et elle repart seule.

Et moi, j’adore, parce que c’est super kitsch et niais, ça fait voyager!!!, et une fois qu’on commence, on ne peut plus s’arrêter… On veut savoir qui va finir avec qui, quel sera le prochain pays qu’iels vont visiter, quel drama va bien pouvoir venir perturber le tournage… On voit beaucoup les dessous de l’émission, le staff fait partie intégrante de l’aventure et j’aime beaucoup cet aspect. J’aime aussi qu’à côté de ça, il y ait des commentateur-ices qui regardent et réagissent à l’épisode en direct ; ça a l’air d’être un truc qui se fait au Japon vu que je sais que Terrace House fait pareil, mais en tout cas, ça donne l’impression de regarder l’épisode avec des ami-es et c’est pas désagréable.

Le problème, c’est que c’est pas toujours super politiquement correct ou très honnête. Un participant de cette saison est gros et s’en prend plein la gueule, il a été tourné en cet archétype du puceau qui sait pas parler aux femmes et qui est ridicule parce que gros… Des moments super sexistes et qui ont l’air de choquer personne (un mec a dit à une des participantes qu’elle devrait se raser les bras parce qu’une femme devrait pas avoir de poils et non seulement elle s’empresse de raser mais en plus les commentateur-ices ont trouvé ça trop mignon ???)… Des grandes exclamations de surprises quand les participant-es se rendent compte qu’il y a aussi des grandes villes modernes en Afrique… Et des sujets sérieux parfois traités un peu à la légère mais, bon, de ce côté-là, Ainori a quand même une véritable volonté d’éduquer et on sent que l’effort est là.

Mais, clairement, y’a des comportements inadmissibles !! J’ai appris à éteindre mon cerveau parce que c’est très divertissant, on voit des paysages superbes, et ça reste une belle aventure humaine (parmi les activités de cette saison, il y a l’ascension du Kilimandjaro, et c’était fort en émotions !!). Je recommande malgré tout… mais préparez-vous à soupirer plus d’une fois.

Fut une époque, Glee était un phénomène auquel il était dur d’échapper… et pourtant ! Je n’ai pas volontairement évité cette série, je savais bien qu’elle avait tout pour me plaire (notamment le nom de Ryan Murphy collé dessus), mais pendant toutes ces années, les étoiles ne se sont jamais alignées… jusqu’à cette année ! …où j’en étais vraissemblablement à un stade de mes études où toutes les excuses étaient bonnes pour procrastiner. Je me suis donc enfin lancer dans cette aventure de six saisons, pour le meilleur comme pour le pire.

Pour vous mettre dans le bain, le plot de la première saison de Glee, outre les infos que vous pouvez lire dans n’importe quel synopsis et qui vous apprendront qu’un prof d’espagnol (qui parle pas espagnol) reprend le glee club du lycée où vont coexister les élèves populaires et les losers, c’est que la capitaine des cheerleaders et présidente du club d’abstinence trompe son mec (qui est évidemment le quarterback de l’équipe de football), tombe enceinte, et passe toute une saison à lui faire croire que le bébé est de lui alors qu’iels se sont jamais retrouvé-es nu-es dans la même pièce. En parallèle, la femme du prof fait semblant d’être enceinte, elle porte un faux ventre, elle soudoie son gynéco pour faire une fausse échographie, et le pendant tout ce temps, le mec ne se doute de rien. Et tout ça, en chanson !

Moi j’adore ce genre de conneries : les intrigues bien tirées par les cheveux, les teen dramas, les comédies musicales,… Devant un truc comme Glee, je me régale. Mais… au fil des saisons, déjà, ça se dégrade. La première est, sans ironie aucune, excellente. En contraste avec les autres, elle est beaucoup plus satirique et tout est tellement volontairement absurde qu’on ne peut pas s’ennuyer. Les autres saisons sont divertissantes aussi mais la série se prend beaucoup plus au sérieux et devient un peu ce dont elle se moquait au début, quand c’est perché, c’est pas toujours forcément fait avec cette intention-là, et, à partir de la saison 4, ça se casse la gueule. J’ai quand même regardé avec plaisir, même si beaucoup de décisions scénaristiques dans l’ultime saison m’ont frustrée, et j’aurais continué dans tous les cas rien que pour voir quelle conclusion les personnages que je suis depuis la première saison allaient connaître, mais… ça n’arrive pas à la cheville de la première saison.

Mais le vrai souci de Glee, c’est que y’a plein de trucs qui « passeraient plus aujourd’hui », dont certaines qui ont très certainement dû déjà faire polémique à l’époque de leur diffusion. La série prône la différence, la tolérance,… mais a souvent une façon très maladroite de traiter des sujets sérieux : un épisode censé sensibiliser aux fusillades dans les lycées a pour titre « Shooting Star », le personnage handicapé se lève de son fauteuil roulant pour des numéros de danse imaginaires, une mean girl un peu trop mean pousse une des membres du glee club à se faire vomir et s’en tire sans aucune conséquence, plusieurs épisodes qui montrent des scènes qui s’apparentent à des agressions sexuelles mais ne les condamnent pas (et, en plus!, fait… ça…), perpétue des stéréotypes au lieu de les dénoncer, et… et la liste est longue. On peut dire que ça a mal veilli. Sans compter sur toutes les embrouilles qui ont eu lieu en coulisses et qui ternissent encore un peu plus l’image de Glee.

Je pense, cependant, qu’il est aussi important de prendre en compte le fait qu’à l’époque, c’était aussi, malgré plusieurs faux pas, une série révolutionnaire sur bien des aspects. Par exemple, c’était la première fois que beaucoup d’ados gays pouvaient s’identifier aux personnages d’une série, le cast présente une diversité qui n’impressionnerait personne aujourd’hui mais qu’on ne retrouvait pas ailleurs en 2009, et ça a indéniablement impacté positivement beaucoup de jeunes. Aujourd’hui, en revanche… on en demande plus, et c’est bien légitime.

Je voulais aimer, j’étais pleine de bonne volonté, mais j’ai pas réussi

C’est pas pour être méchante, je suis juste profondément déçue.

Tout ce que je savais de Promising Young Woman remontait à cette bande-annonce postée en décembre 2019, en prévision du festival Sundance où le film allait être projeté en avant-première. On y voyait une jeune femme piéger les mecs voulant profiter d’elle alors qu’elle prétend être ivre au point de ne plus pouvoir tenir debout. On comprend aussi qu’il y a une histoire de vengeance : un viol est resté impuni, et les responsables se défendent à coups de « on était des gamins », « c’est le type d’accusation qui peut ruiner une vie » etc, etc. Tout ça sur fond de Toxic joué au violon et réalisé par Emerald Fennel, dont le nom est associé à Killing Eve. Autant vous dire que je n’envisageais même pas ne pas aimer ce film. Il était « prometteur »…!!!

Hé bah je suis tombée de haut ! Vendu comme un thriller féministe, on se rend vite compte que la courte partie au début du film où l’héroïne terrorise des prédateurs sexuels est plus de la poudre aux yeux qu’autre chose. Déjà, spoiler, elle ne les tue pas (j’imagine que je ne peux m’en prendre qu’à moi-même pour m’être convaincue du contraire). Soit. Mais elle ne les met pas hors d’état de nuire non plus, elle ne leur apprend rien : elle leur met un petit coup de pression en espérant qu’ils ne recommencent plus (mais ça serait trop beau) (plus tard dans le film, on découvre qu’un des mecs à qui elle a fait ça lui a taillé une réputation de « folle », preuve qu’ils ne se remettent pas en question). Finalement, elle se fait plus de mal à elle-même qu’elle ne leur en fait à eux : on se rend vite compte qu’elle essaie d’extérioser un profond mal-être né d’un deuil qu’elle n’arrive pas à faire.

Et ça, ce n’est vraiment pas ce que je reproche au film ! Le trailer est trompeur, mais ce n’est pas forcément un mal. Un peu déçue de m’être retrouvée devant une comédie romantique pendant une partie assez conséquente du film, mais je comprends l’approche de la réalistrice. C’est surtout la fin qui divise. Mais pour vous en parler, je vais devoir divulgâcher un peu.

Vous savez comment ça se passe ici : le prochain paragraphe sera en blanc, et libre à vous de le surligner ou non.

[début des spoilers]Après avoir largué son mec parce que all men are trash, la protagoniste, qui d’ailleurs s’appelle Cassie, est bien décidée à, une bonne fois pour toute, punir celui qui a violé et poussé au suicide sa meilleure amie. Malgré tous ses efforts, il se défend et la tue. Elle meurt asphyxiée dans une scène très longue et très marquante, assez bien faite. Alors qu’on pense arriver à la fin du film, plot twist, elle avait tout calculé au cas où son plan tournerait mal et avait fait en sorte que son bourreau soit arrêté. Voilà ! justice est faite ! Et j’imagine que cette conclusion est censée nous laisser mitigé-e-s : oui, on a passé des menottes à ce mec, mais le prix a payé était la vie de Cassie. Et le postulat de base du film, c’est que la justice laisse totalement tomber les femmes quand il s’agit de violences sexuelles (et ça peut aussi s’étendre aux féminicides), donc est-ce qu’on est vraiment censé-e-s croire que ce type va finir sa vie en prison ? Qu’il va aller en prison tout court ? Et peu importe l’issue, le fait est qu’elle est morte, et lui, il est vivant. Y’a pas de justice, et peut-être que c’était ça le message ?, et dans ce cas, c’est très réaliste et honnête, mais pas forcément ce que moi, à titre personnel, je recherchais, et je ne suis pas tout à fait convaincue par l’exécution.[fin des spoilers]

J’ai lu une ou deux interviews de la réalisatrice, et j’imagine qu’un film comme Promising Young Woman a le mérite d’exister : il montre une réalité cruelle, où la violence et la vengeance ne sont pas de vraies options pour les femmes qui ont connu pareilles injustices. Mais il ne montre aucune alternative ! Le film est déprimant et fataliste : il n’y a aucun espoir pour ces femmes, il n’y a aucun espoir pour nous. La réalistrice le dit elle-même : il n’y a pas de fin heureuse dans un scénario pareil. Une morale un peu alarmante.

Et en dépit de tout ça, j’ai l’impression que le film se veut quand même « empowering » par moment : il y a des scènes « cool » où Cassie fixe les hommes qui la sifflent jusqu’à ce qu’ils baissent les yeux, elle pète les rétros d’un mec qui l’insultait, et la fin est quand même présenté comme « bad ass », mais bon, c’est dur à avaler quand on voit le résultat. Je sais toujours pas si on doit trouver satisfaisant le son des sirènes de police…

Et petits détails qui, moi, m’ont chiffonnée : super male gaze-y (encore une fois, peut-être fait exprès, mais je vois pas le but ?), et Cassie fait pas tant la misère aux mecs finalement, par contre elle fait vivre des trucs super traumatisants aux personnages féminins (je dis pas que les femmes ne peuvent pas être complices dans ce genre d’affaire, bien au contraire, mais pourquoi ne pas se défouler sur les mecs aussi ! eux ils ont juste le droit à une petite tape sur les doigts quand ils sont sur le point de violer une femme en état d’ébriété).

Pas un film pour moi, et je pense que ce film et les oeuvres cathartiques où les femmes sont violentes (au hasard… Killing Eve ?!?!?!) peuvent coexister, mais en ce qui me concerne, je vais m’en tenir à Jennifer’s Body. Je me permets aussi de vous re-recommander Jessie, déjà cité plus haut, où, sans entrer dans les détails, l’héroïne vit avec des traumatismes similaires mais arrive à se reconstruire (et pourtant c’est un film d’horreur ! et je le trouve beacoup plus positif que Promising Young Woman sans pour autant être naïf). Quand j’étais dans la salle de cinéma, tout ce que je me disais, c’était que je préférerais être en train de regarder ces films-là.

Là, je partais moins enthousiaste, je le reconnais. Après la déception monumentale qu’a été Love + Fear, je n’étais pas sûre d’encore faire confiance à Marina pour écrire un bon album !!! Je me considérais pourtant comme fan fut une époque, j’adore ses trois premiers albums, mais Love + Fear était vide, pas inspiré, niais… Et j’avais bien peur que ce nouvel album, Ancient Dreams in a Modern Land, soit pareil, parce que je n’étais pas spécialement emballée par son premier single, Man’s World

Ceci étant dit, j’étais ouverte d’esprit après avoir entendu les suivants ! Purge The Poison… c’était pas encore tout à fait ça… on est encore sur une chanson qui se veut engagée, mais on dirait surtout que Marina a découvert le féminisme hier, et qu’elle a essayé de caser le plus de généralités possible sans aucune originalité ou réflexion dans un même couplet. Mais l’esthétique du clip était sympa, presque un hommage aux vidéos de The Family Jewels, et la musique est entraînante, ce qui, au final, est tout ce que je lui demande. On a ensuite eu Ancient Dreams in a Modern Land et Venus Fly Trap, deux sons excellents et qui se rapprochent déjà un peu plus de ce que j’aime chez Marina en terme de paroles. J’étais presque impatiente pour l’album.

Mais, malheureusement, on avait déjà vu tout ce qu’il y avait à voir avant sa sortie. Quand même un peu plus appréciable que Love + Fear, je pourrais lui faire les mêmes reproches : vide et pas inspiré, avec une tentative d’être politique mais sans réelles convictions (ou en tout cas, on dirait, vu la profondeur des paroles).

On voit bien qu’elle essaie de renouer avec ses origines, surtout The Family Jewels, mais j’ai aussi l’impression (peut-être fausse!!) qu’elle le fait plus pour ses fans que pour elle. Ca ne me paraît pas authentique, même s’il y a bien quelques chansons très personnelles sur l’album (j’aime bien Flowers, d’ailleurs).

Je me rends compte que je n’ai pas grand chose à dire sur cet album comparé à tout ce que j’ai pu citer d’autre dans cet article, mais c’est juste que… y’a rien à se mettre sous la dent. Si les singles pseudo-engagés étaient votre came, l’album n’a rien de plus à proposer à part le tout aussi plat New America (où, bien que pas Américaine, certes, Marina ne semble pas se sentir concernée par le privilège blanc) mais, sinon, c’est que des chansons sur sa récente rupture. Ce qui sera peut-être au goût de certain-e-s !

Pas grand chose de mémorable et on est loin des projets qu’elle sortait à ses débuts, mais bon, j’imagine que le plus important, c’est qu’elle soit satisfaite de son travail, c’est juste que… ça sera sans moi !


Et sur ces bonnes paroles, on va se quitter (pour l’instant !!!). Très curieuse de connaître votre avis sur… tout ça. Je vous attends dans les commentaires et on se retrouve très vite pour peut-être parler d’anime, peut-être parler de visual novels, je ne sais pas encore, mais ce qui est sûr, c’est que je compte écrire un maximum cet été !

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MANKO MONOLOGUE — Antis vs pro-shippers

Je vous retrouve aujourd’hui pour un article qui, je l’espère, sera le premier d’une série. « Manko Monologue ». C’est le nom d’un projet qui n’a pas décollé, un blog auquel je n’ai pas su consacrer le temps nécessaire. Manko, c’est de l’argot, ça veut dire « chatte » en japonais !, et monologue, c’est bien sûr une référence aux Monologues du vagin d’Eve Ensler. Les monologues de la manko, c’est un petit clin d’oeil à une idée que j’ai eue à une époque, mais c’est surtout l’occasion de discuter ! Discuter des sujets qui divisent, des débats qui innondent les réseaux sociaux et polluent les fandoms, de toutes les choses sur lesquelles je suis curieuse de connaître votre avis.

Et cette série, je ne me voyais pas la commencer autrement que par un article sur celles et ceux qu’on qualifient « d’antis » et de « pro-shippers », acteur-ices d’un débat auquel il est difficile d’échapper de nos jours, qu’importe le ou les fandoms qu’on fréquente. Il se peut cependant que ces mots soient flous pour certain-e-s d’entre vous donc, avant d’aller plus loin, revenons sur ces termes.

Les antis, qu’on appelle aussi fancops, fantis, ou qu’on désigne parfois subtilement par un emoji fourmi, ce sont les gens qui s’opposent de manière plus ou moins virulente à un ship (un couple fictif) parce qu’il est considéré comme « problématique » (et si le débat est né autour des relations entre personnages de fiction, ce jugement peut également s’étendre à un personnage seul ou à une oeuvre entière). Problématique, c’est un terme très vague mais qui englobe généralement tout ce qui est moralement répréhensible, et, dans le cadre de ce débat, c’est surtout l’inceste, la pédophilie, les relations toxiques voire non-consensuelles,…

En face, on retrouve les pro-shippers, qui, au contraire, tolèrent toutes ces choses, aussi choquantes soient-elles, en partant du principe que ce n’est jamais rien de plus que de la fiction et que ça ne fait de mal à personne, surtout si le contenu est tagué de manière à ce que les personnes de moins de 18 ans mais aussi toutes celles qui ne voudraient pas y être exposé puissent facilement l’éviter. Leur postulat, c’est que, même si quelque chose les dérange à titre personnel, chacun-e est libre de ship ce qu’iel veut.

Voilà les deux camps qui se sont dessinés au fur et à mesure que ce débat a pris de l’ampleur ces dernières années.

Et au début, sans trop y réfléchir et sans vraiment se pencher sur les arguments avancés, on peut trouver les opinions des antis raisonnables. Je pense qu’on est nombreux-ses à penser que « l’inceste, c’est mal » et à être mal à l’aise avec des contenus qui mettent en scène des dynamiques qu’on condamnerait dans la vraie vie. Certaines inquiétudes des antis pourraient, après tout, être justifiées et partagées par une majorité : est-ce que la fiction peut normaliser, désensibiliser, romancer et glamouriser des choses sordides, voire illégales ? est-ce que certaines oeuvres sont dangereuses car susceptibles de réveiller certains traumatismes ? est-ce que, si exposé-e-s trop jeunes à certains types de contenus, on risque d’en garder des séquelles ? Après tout, il n’est pas inintéressant de se poser des questions sur ce qu’on consomme, de prendre du recul sur ce qu’on regarde et ce qu’on lit, et de se demander quel impact la fiction peut avoir.

Et derrière les revendications des antis, je veux bien croire qu’il y a souvent de bonnes intentions et de réelles préoccupations. Le problème, c’est qu’à vouloir trop bien faire, on voit le mal partout, et le désir de justice se transforme souvent en désir de se sentir moralement supérieur-e et de contrôler les autres.

On voit donc de plus en plus d’accusations très graves à l’encontre de personnes qui ont le malheur de ship les mauvais personnages de Genshin Impact ou de partager un fanart un peu trop osé de Haikyuu!!. On les traite de pédophiles, on leur reproche de faire l’apologie du viol,… et on équivaut donc le fait de créer ou partager ce type de contenu (mettant en scène des personnages fictifs) à de vrais crimes impliquant des personnes réelles parce qu’on part du principe que « la fiction influence la réalité ». Et si on part de ce principe, et qu’on a la réelle conviction que ces personnes nuisent à la société, on trouve alors légitime de les menacer de mort et d’organiser des campagnes de harcèlement contre elles.

Ici, on a le cas d’un-e artiste poussé-e à bout pour des fanarts Jojo jugés comme étant à caractère pédophile. (Janvier 2020)

Exemple de discours tenu par les antis. (Octobre 2020)

Donc même si, a priori, beaucoup auraient été susceptibles d’être, dans une certaine mesure, d’accord avec les antis, nombre de personnes se rangent du côté des pro-shippers après avoir constaté les proportions que prenait le débat : non seulement, on peut s’accorder à dire que « ça va trop loin » à partir du moment où quelqu’un se fait harceler en masse pour un pauvre dessin, mais on se rend aussi compte que, à force de brouiller la frontière entre la réalité et la fiction, les arguements deviennent de plus en plus absurdes.

Et ci-dessous, vous avez la dernière hot take en date (avril 2021) qui fait le tour de Twitter et qui ne fait que décridibiliser un peu plus la cause des antis.

Et j’ai l’impression que si de plus en plus de gens qui, à une époque, avaient des discours similaires quant aux ships incestueux ou avec une différence d’âge trop importante (moi y compris), c’est aussi dû à un ras-le-bol de sans cesse se remettre en question et s’auto-flageller pour possiblement aimer et/ou produire du contenu perçu comme « problématique » alors que, au fond, ça ne blesse personne. Au bout d’un moment, on se rend bien compte que c’est ridicule, que le danger pour la société, ce n’est pas une jeune adulte sur internet qui dessine des fanarts d’anime, et on arrête d’avoir peur des représailles d’une minorité.

Autour de mai 2020, un hashtag visant à soutenir les anciens « antis » a même vu le jour sur Twitter et même si, personnellement, je trouve exagéré d’apparenter le phénomène anti à une secte et estime que c’est même carrément indécent de parler de « traumatisme » quand on fait référence au fait d’avoir, pendant un temps, traîné dans des cercles peu tolérants voire virulents en matière de shipping, certains messages étaient plein de bons sens…

…et d’autres, révélateurs.

On en arrive aussi à un point où même les antagonistes d’une histoire sont considérés comme « problématiques ». Encore une fois, la frontière entre le réel et le fictif est floue et il est de plus en plus fréquemment insinué qu’apprécier un antagoniste veut forcément dire qu’on cautionnerait ses actions dans la vraie vie… Une notion, encore une fois, pour le moins absurde. Depuis toujours, les oeuvres de fiction, peu importe le genre auquel elles appartiennent, contiennent des antagonistes, qui sont là pour rendre l’histoire un peu plus palipante en créant des enjeux, des tensions, des rivalités,… Et souvent, ce sont des personnages charismatiques, nuancés, intéressants, et ils sont souvent écrits de manière à ce qu’on les aime, pas forcément en tant que personne mais en tant que personnage dont on reconnait la qualité de l’écriture.

Personne ne prétend que le Joker mérite le prix Nobel de la paix et pourtant c’est un personnage emblématique avec une énorme fanbase et pas plus tard qu’en 2019, on produisait encore des oeuvres visant à l’humaniser et à expliquer ses actions sans pour autant les justifier. Tout le monde sait que Moriarty est « méchant » mais est aussi d’accord pour dire que les Sherlock Holmes ne serait pas pareil sans lui. Bien sûr que Maléfique est sans l’ombre d’un doute la méchante de l’histoire mais il n’empêche que c’est un personnage charismatique et intéressant à explorer, au point que des années après la sortie de la Belle au bois dormant, on juge pertinent de sortir un film de son point de vue. Il y a même toute une série consacrée à Hannibal Lecter, qui a donné envie à toute une génération de se le taper, et pourtant le mec est un cannibal !

Bref, vous avez compris. Cependant… les discours d’antis se voient maintenant aussi appliqués aux antagonistes et autres personnages moralement discutables et, résultat, on n’est plus à l’abris d’être accusé de faire l’apologie de la pédophilie ou autre joyeuseutés si on aime certains personnages. On l’a par exemple vu très récemment avec Sk8 the Infinity et le personnage d’Adam, que nombre de spectacteur-ices souhaitaient voir finir en prison alors même que son écriture s’orientait clairement vers la rédemption.

En résumé, je pense que tous ces exemples montrent les dérivés d’un mouvement qui partait peut-être d’une bonne intention mais qui tente de moraliser la fiction et les fandoms quand ça n’a tout bonnement pas lieu d’être. Et assister à tout ça, ça fait relativiser. Des choses qu’on trouvait graves avant, comme par exemple un ship incestueux, paraissent maintenant dérisoires. Peut-être qu’on est toujours pas fan de l’idée, certes!, mais ce n’est jamais rien de plus qu’un dessin et ce que ship les autres ne nous regarde finalement pas. « On », c’est moi. Mais c’est aussi, tous les jours, de nouvelles personnes !

Mais ça ne veut bien sûr pas dire que les personnes se revendiquant « pro-ship » n’ont aucun tort.

Plus le débat évolue, plus il se transforme en une opposition entre « mineur-e-s » et « adultes » qui est, ma foi, très bizarre puisque le sujet concerne tout le monde dans la mesure où n’importe qui peut être dérangé par certains contenus à caractère pornographiques et où certaines personnes n’attendent pas d’être majeures pour dessiner des fesses, mais bon… Les antis se sont mis en tête que leur combat était de « protéger les enfants », et les enfants en question (qui parfois ne sont plus tellement des enfants et sont à quelques mois de la majorité) se pensent légitimes à dicter aux « grandes personnes » ce qu’elles ont le droit de poster ou non sur les réseaux sociaux.

Autant dire que ça a instauré un climat encore plus pesant dans les fandoms. Et si je trouve ça gonflé, je trouve aussi que c’est glauque de voir de plus en plus d’adultes « narguer » volontairement les antis et/ou les personnes mineures à la moindre occasion. Il suffit de taper « just to piss off fancops » (et ses variations) sur Twitter pour voir que les gens passent trop de temps à réfléchir à ce qui pourrait énerver des gens qui sont déjà bien assez énervés comme ça.

Les exemples ne manquent pas.

Ce tweet-là fait référence aux fanarts NSFW de Méli et Mélo d’Animal Crossing.

Je comprends ce qui pousse à ce genre de comportements mais c’est immature et ça ne règle aucun problème. C’est à nous de se remettre en question quand on en vient à dire qu’on veut imposer du contenu NSFW à des mineur-e-s.

Surtout que certain-e-s ont l’air vraiment jeunes et font plus de peine qu’autre chose ; ce n’est pas sain de se torturer par rapport à des personnages fictifs et de toujours avoir peur d’aimer quelque chose de « grave » ou de suivre des « mauvaises » personnes, de toujours être dans la crainte de faire quelque chose « d’illégal » malgré soi…

Exemple d’une personne qui est dans tous ses états après s’être fait harcelée pour avoir partager un fanart érotique d’un personnage de My Hero Academia. Dans les tweets précédents, elle explique qu’elle suit la licence depuis ses 15 ans et qu’elle ne s’était pas rendue compte que, à partir du moment où elle avait eu 18 ans, c’était mal de toujours être attirée par ces personnages.
En ce moment, la conversation ci-dessus tourne beaucoup et tout le monde s’en moque, ce que je peux comprendre!, parce que c’est tellement ridicule qu’on se dit que c’est forcément du second degré… Mais si c’est réel (et on sait que même si ce n’est pas le cas ici, on voit des raisonnements similaires partout), c’est plus triste qu’autre chose… Etre dans un fandom, ship des personnages, c’est censé être fun ! C’est dommage de se prendre la tête pour des écarts d’âge qui ne sont de toute façon pas réalistes.

Leurs comportements ne poussent pas vraiment à la compassion, certes, mais ça ne sert à rien d’en rajouter une couche.

Tout ça pour dire que l’ambiance dans les fandoms en a pris un sacré coup. C’est drôle de se dire que toutes ces questions ne se posent même pas en dehors desdits fandoms et quelqu’un qui est complètement coupé-e de la culture internet, qui n’est pas investi-e dans l’une ou l’autre oeuvre de fiction, serait sans doute bien perplexe en y étant confronté-e. Mais ! Le fait est que, à partir du moment où on est dans ces cercles-là, impossible d’y échapper et ça peut complètement dégoûter d’une oeuvre et/ou de sa communauté alors qu’une grande partie du fun quand on aime quelque chose, c’est de pouvoir échanger avec les autres. Là, on a presque envie de rester dans son coin.

Mais… cela ne m’empêche pas de vouloir continuer à faire vivre encore un peu le débat en vous demander ce que vous en pensez ! De quel côté de l’argument vous trouvez-vous ? Est-ce que votre expérience du fandom a été impactée par ces débats ? Je suis curieuse de savoir où vous vous positionnez par rapport à tout ça et, plus que tout, j’aimerais en discuter. Alors n’hésitez pas, dites-moi tout !


Et comme ce n’est qu’une partie de l’iceberg, j’espère vous retrouver dans un futur plus ou moins proche pour explorer d’autres aspects du débat, et notamment m’intéresser à une autre « proie » des antis : les « fujoshi ». Ce serait l’occasion de discuter de BL, des communautés qui se sont formées autour, et peut-être même de revenir sur certains de mes propos.

En attendant, je vous remercie d’avoir pris le temps de lire cet article, article que j’ai pu rendre plus complet grâce aux screenshots de @AntiFandomTakes et aux Google Docs de @lizcourserants.

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Apprendre le japonais ! Partie 2 — Niveau N4/N3

Vous souvenez-vous de mon article sur l’apprentissage des bases du japonais ? Il est maintenant vieux d’un an, et moi, j’ai maintenant deux ans de japonais derrière moi. Je vous propose donc de continuer à vous partager mes techniques, mes ressources, ce que j’utilise pour apprendre, à un niveau qui maintenant se situerait entre le N4 et le N3.

J’utilise les niveaux du JLPT juste pour vous donner une idée d’où j’en suis, mais mon apprentissage est davantage centré sur mes études que sur cet examen donc vous ne trouverez pas de ressources ou de manuels pour préparer le JLPT dans cet article !

Et si depuis tout à l’heure, vous vous demandez ce que ce sont que ces histoires de « JLPT » et de « Nmachinchose », laissez-moi vous mettre un peu en courant des choses : le Japanese-Language Proficiency Test est un test permettant de certifier votre niveau de japonais, à l’instar du TOEIC pour l’anglais. Il y a cinq niveaux de difficulté qui vont du N5 au N1, et, si maintenant il fallait les comparer aux niveaux de notre CECRL, le N4 et N3 correspondraient respectivement aux niveaux A2/B1 et B1/B2.

Encore une fois, je vous recommande mon article sur les bases du japonais si vous débutez :

J’en suis assez satisfaite et je trouve qu’il propose de bonnes… bases, justement. Alors que là, j’ai quand même l’impression que mes méthodes d’apprentissage de cette année étaient beaucoup plus… chaotiques, et je ne sais pas si les partager va beaucoup vous aider, mais sait-on jamais.

Aller plus loin en grammaire

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Pour la grammaire, j’ai continué à travailler avec le Bunka Shokyu Nihongo ; j’avais déjà entamé le deuxième volume l’année dernière, et j’en suis arrivée à bout cette année. C’est un manuel auquel je suis habituée et que j’apprécie, mais après plus d’un an d’apprentissage, on commence à en voir les limites, surtout au niveau de son cahier d’exercices, et pour cette raison, en cours, on nous faisait travailler avec un manuel en parallèle, qui est le Genki.

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Et en particulier son « workbook », dont les exercices étaient un peu plus poussés que ceux du Bunka qui, il faut le dire, ne mettait pas vraiment nos capacités à l’épreuve.

Par contre, je me dois de préciser que je n’en ai jamais possédé un : quand le Bunka ne se suffisait pas à lui-même, notre professeur nous scannait et/ou nous photocopiait les pages du Genki qu’il jugeait utiles. Ceci dit, c’est arrivé assez souvent (pour ne pas dire systématiquement) pour que je puisse y avoir observé quelques avantages qui pourraient bien faire pencher la balance si jamais vous hésitez entre ce manuel là et le Bunka.

  • Les points de grammaire sont expliqués ! en anglais ! Le problème du Bunka, je vous en parlais déjà dans mon premier article, c’est que les points de grammaire sont accompagnés de phrases exemples à partir desquelles il faut déduire à quoi sert ledit point de grammaire… Faisable, mais pas toujours évident, surtout quand il n’y a pas de professeur à côté, et!, en plus!, le Bunka, bien que généreux avec les furigana, est entièrement en japonais, ce qui peut-être un peu impressionnant quand on débute et que, encore une fois, on est seul-e face à une leçon.
  • Il y a des pages de vocabulaire et de kanji qui vous feront gagner du temps en vous évitant d’en composer vous-même.
  • Les exercices sont un peu plus stimulants, et ceux de compréhension orale m’ont vraiment permis de progresser. (Par contre, contrairement au cahier d’exercice du Bunka, il n’y a pas de corrigé à la fin je crois ? Ce qui est pourtant bien pratique quand on est en autodidacte. Cela dit, si j’en crois Amazon, il est possible d’acheter un corrigé des deux volumes du Genki, pour ~7€ sur Amazon Japan.)

Parlons d’ailleurs prix ! Le Bunka et son cahier d’exercices (volume 2) sont respectivement à ~25€ et ~10,50€ sur Amazon Japan, tandis que le Genki est à ~27€ avec un cahier d’exercice à ~14€ (toujours volume 2, et toujours sur Amazon Japan). A vous de voir ce qui vous correspond le mieux !

En complément, je vous recommande les dictionnaires de grammaire que voici :

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Peuvent s’avérer utiles si vous avez un problème avec une structure grammaticale. Vous ne pouvez pas baser votre apprentissage dessus parce qu’ils s’utilisent bien comme des dictionnaires et non comme des manuels (les points de grammaire y sont classés par ordre alphabétique donc la difficulté n’est pas progressive), mais les explications très détaillées peuvent vous aider à y voir plus clair quand vous ne comprenez pas quelque chose dans votre manuel ou quand vous tombez sur une forme que vous ne connaissez pas dans un texte, par exemple. Le premier volume va bien au-delà de ce qui est considéré comme « basic » et couvre tous les structures grammaticales dont vous pourriez avoir besoin pour l’instant, si vous en êtes au même stade que moi (N4/N3) (et vous y trouverez aussi tout ce dont vous avez besoin pour le N5 du coup !), « l’intermediate » est déjà beaucoup plus avancé (N3/N2), et « l’advanced »… aborde des formes grammaticales vraiment obscures dont vous n’allez probablement jamais vous servir ailleurs que dans le cadre du N1…

Ensemble, ils coûtent ~139€ (et sur ce coup, les acheter sur Amazon Japan ne revient pas beaucoup moins cher donc pas besoin de passer par là). Le premier coûte ~39€, le deuxième ~49€, et le dernier ~50€. Ce n’est pas donné, je le conçois ! Vous ne l’avez pas lu ici mais il y a moyen de les obtenir pour beaucoup moins cher. Beaucoup moins cher. Vraiment… rien du tout.

Et sinon, vous pouvez toujours vous en remettre à internet ! Je vous redonne les sites que j’avais déjà partagé dans mon premier article, parce que je les utilise toujours… ce sont des valeurs sûres !

De temps en temps, quand une structure grammaticale me pose problème, je vais faire un tour sur internet pour le voir expliqué différemment, et… tout s’éclaire…

L’apprentissage par la lecture

Cette année, un certain nombre de cours de traduction obligeant, j’ai commencé à beaucoup, beaucoup, lire en japonais. Je ne recommanderais pas forcément de traduire le même type de textes que ceux que j’ai été amenée à travailler tout au long de l’année, et encore moins de le faire au même rythme que celui qui m’a été imposé, mais je ne peux que vous conseiller de vous prêter à l’exercice, au moins de temps en temps, puisque c’est le meilleur moyen de travailler votre compréhension écrite, et que ça vous permet de voir plein d’expressions et de formes grammaticales en contexte (et ça rentre toujours mieux de cette façon !).

Mais… que lire ?! Ce que vous voulez ! Vraiment, faites-vous plaisir. C’est plus facile de se motiver quand on lit quelque chose qui nous intéresse : un livre qui a l’air bien sympa mais qui n’a pas l’air d’intéresser les maisons d’édition françaises, ou un manga qu’on adore et qu’on a envie de redécouvrir à travers sa version originale,… Je ne sais pas vous, mais moi, avant même d’envisager d’apprendre sérieusement le japonais, j’avais déjà amassé un certain nombre de livres que je m’étais convaincue que j’allais pouvoir lire « un jour »… et le jour est arrivé ! et quelle satisfaction ça a été (et continue d’être!!).

Lire la suite de « Apprendre le japonais ! Partie 2 — Niveau N4/N3 »

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Kyoto Animation

Le 18 juillet, un incendie criminel a causé le décès de trente-quatre personnes, et en a blessé trente-cinq autres. La cible de cette attaque était le Studio 1 de la compagnie Kyoto Animation, situé dans l’arrondissement de Fushimi. Je n’étais pas sûre de vouloir écrire à ce sujet, parce que je n’étais pas sûre d’avoir quelque chose de pertinent à dire, pas sûre de trouver les mots justes pour exprimer ce que je ressentais à propos de la situation, mais je ne me voyais pas non plus reprendre ce blog comme si de rien n’était, sans jamais évoquer ce qu’il s’était passé. Pour moi, comme pour tant d’autres, KyoAni a, et a toujours eu, une place importante. Dans nos vies, dans nos cœurs. On ne connaissait pas les victimes personnellement, et leurs noms, quand on les apprendra, ne nous seront peut-être même pas familiers, mais on connaissait leur passion, on admirait leur travail, et on a appris de leurs valeurs. Iels nous ont apporté joie, rêves, espoir, et aujourd’hui, on compatit, non pas seulement car on est attaché-es au studio et à ses employé-es, mais aussi simplement parce que des vies ont été perdues et mises en danger dans un acte cruel, violent et injuste, qui affecte les familles et les proches des victimes, mais aussi l’industrie, et le pays.

Et cette tragédie est toujours en cours. Les victimes qui ont survécu sont toujours hospitalisées, certaines grièvement blessées, des employé-es sont toujours porté-es disparu-es, des familles souffrent, et l’avenir est incertain. C’est dur, et ça le sera encore pendant un moment. Nous ne sommes pas à l’abris d’autres mauvaises nouvelles. Mais le courage et la force dont fait preuve Kyoto Animation et son président en ce moment sont admirables, et le moins qu’on puisse faire est de continuer à les soutenir, maintenant plus que jamais. Le soutien dont font preuve aussi bien les différents acteurs de l’industrie à travers le monde, que les administrations des lieux qui ont inspiré des productions du studio, et bien sûr la communauté d’amateur-ices de japanimation, font chaud au cœur dans ces moments difficiles, et on peut tous et toutes y contribuer.

◊ Pour faire un geste afin d’aider financièrement Kyoto Animation, vous pouvez effectuer des achats sur leur boutique de téléchargements d’images (Free!, Hibike! Euphonium), fichiers audio de discussions entre créateurs (Free!, Tsurune) et « mascottes » pour votre ordinateur (Free!). https://kyoani.shop-pro.jp/ Une image ne coûte que 216 yen, soit 1,78 euro, et Kyoto Animation touche directement l’argent puisque les droits ne sont pas partagés. De plus, les produits étant au format digital, les employé-es n’ont pas besoin de s’embêter à envoyer des colis. (Vous pouvez vous référer à ces tweets si vous avez des difficultés à vous servir du site.)

◊ De nombreux établissements ont également mis en place des boîtes de dons à l’intention du studio. Vous pouvez en trouver dans tous les magasins Animate à travers le Japon (ainsi qu’à celui de Bangkok), à l’Université Kyoto Seika (où ont été formé-es de nombreux-ses membres de Kyoto Animation) et au Musée international du manga de Kyoto (qui est le fruit d’une collaboration entre l’université et la municipalité de Kyoto), dans différentes mairies et bureaux de la préfecture de Tottori (dont le village d’Iwami a servi d’inspiration au village d’Iwatobi de Free!), dans la ville d’Ogaki (qui a servi de modèle à celle de Koe no Katachi), ainsi qu’à l’office du tourisme d’Uji (ville où non seulement se déroule Hibike! Euphonium mais aussi où Kyoto Animation a son siège).

◊ Sentai Filmworks, qui distribue certaines séries de Kyoto Animation à l’étranger, a également lancé une cagnotte.

◊ Si vous en avez l’occasion, vous pouvez aller voir le film Free! Road to the World, actuellement en salles au Japon, le studio touchant évidemment une partie des recettes.

◊ Enfin, Crunchyroll accepte en ce moment les mots et photos destinés à Kyoto Animation.

◊ (24/07) Kyoto Animation a ouvert un compte pour accepter les donations. Vous pouvez directement leur verser vos dons.  L’argent sera partagée entre les frais d’hospitalisation des victimes, les familles des défunts, et les coûts de la reconstruction du studio. 

Gardons les familles et les blessé-es dans nos pensées, on ne peut que leur offrir nos condoléances, et souhaiter un bon rétablissement aux victimes.

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Si par hasard vous ne connaissiez pas Kyoto Animation, ne vous souvenez pas seulement du studio comme celui victime d’un terrible attentat domestique, et découvrez leur travail. C’est un modèle à suivre dans l’industrie, un studio auto-suffisant avec une identité propre, d’excellentes conditions de travail, et qui embauche majoritairement des femmes ; c’est l’un des seuls, si ce n’est le seul, à pouvoir s’en vanter. Son succès et sa bonne réputation sont amplement mérité-es, et si vous voulez apprendre à le connaître, je vous conseille la lecture d’un article que j’adore (en anglais) :  The Evolution of Kyoto Animation: a unique anime studio and its consistent vision. Certains de leurs anime sont disponibles gratuitement sur Crunchyroll (Miss Kobayashi’s Dragon Maid, Free!, Hibike! Euphonium, Tsurune, Myriad Colors Phantom World) et une de leurs récentes productions, Violet Evergarden, est sur Netflix. Vous comprendrez pourquoi Kyoto Animation est si apprécié.

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Faites entrer l’accusé : You, Killing Stalking, American Crime Story

Je dois avoir l’air d’une autoproclamée « fan de tueurs en série » qui « trouve leur psychologie fascinante » mais je vois jure que si ces trois séries qui ont capté mon attention dernièrement ont pour commun de mettre en scène un stalker doublé d’un serial killer, c’est un total hasard !!!

You, par exemple. Je veux vous parler de cette série depuis décembre !!! on peut carrément dire depuis l’année dernière ! et j’imagine bien que vous en avez déjà entendu parler entre temps… Je doute même de l’utilité de faire les présentations, mais bon… au cas où…

« You », produite par Greg Berlanti et Sera Gamble, adaptée du roman de Caroline Kepnes, diffusée sur Lifetime et plus tard sur Netflix, est une série qui tourne autour de Joe (incarné par nulle autre que Penn Badgley), libraire du coin et accessoirement, stalker, et sa relation avec Beck (Elizabeth Lail), écrivaine en devenir et, du coup, stalkée.

J’ai commencé en grande partie pour Shay Mitchell (qui joue le rôle de Peach Sallinger) mais aussi parce que c’est tout à fait mon genre de série. Pas le genre de teen drama dont j’ai l’habitude mais quand même un truc bien trashy qui, malgré tout, sait nous tenir en haleine.

Et au moins, You assume. Ca n’a rien d’une histoire d’amour, et tout d’un thriller. On n’est pas dans un cas comme celui de Fifty Shades of Grey où on nous romantise l’idée d’une relation « dangereuse », où Joe pourrait passer pour un anti-héros qui, certes, a quelques problèmes mais n’en reste pas moins désirable. Clairement, dès les premières minutes du premier épisode, on nous fait comprendre que le type est dangereux.

Et ce n’est pas non plus le genre de tueur charismatique auquel on pourrait s’attacher malgré ses crimes, loin de là ! Étonnamment, derrière les grands airs qu’il se donne, il n’est pas plus intelligent que n’importe quel autre mec blanc au coin de votre rue qui se croit plus malin qu’il ne l’est parce qu’il a lu un livre et qui croit savoir ce dont une femme a besoin mieux qu’elle. Tous ne vont pas aussi loin que Joe bien sûr, mais tendances meurtrières à part, il n’a rien de bien spécial, on connait tous-tes un mec dans dans son genre. C’est sûrement ce qui fait le plus peur : Joe pourrait finalement être n’importe qui, il a juste un accès internet et la chance d’avoir une « proie » qui vit au rez-de-chaussée et qui n’a pas de rideaux pour couvrir ses grandes baies vitrées. En plus, il est lourd, adore s’entendre parler, c’est un porc qui se masturbe dans la rue, bref, même celles et ceux qui auraient pu le trouver mignon au début vont voir leur fantasme s’effondrer.

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Mais parlons plutôt de Peach. Comme je vous le disais, ce personnage est ce qui m’a d’abord attirée chez You, mais quel potentiel gâché… Je m’étais peut-être un peu fait des films en regardant les bandes annonces mais je pensais vraiment que la série allait davantage se concentrer sur la dynamique Joe VS Peach qui, n’est pas tout à fait stable non plus, mais qui comprend dès le début que Joe n’est pas net. Au final, *spoilers*elle n’a pas été une menace si importante pour lui ; elle a bien essayé d’éloigner Beck mais elle n’a jamais été proche de lui dire la vérité à propos de lui, et aussitôt son homosexualité a été confirmée qu’elle a été tuée sans jamais avoir eu la chance de s’accepter, et de vivre une relation heureuse et saine avec une femme… ça fait toujours plaisir !!!*fin des spoilers*

Malgré ça, je me suis quand même bien amusée, et je ne crache pas sur les miettes de pain qu’on m’a donné (voir Shay Mitchell en sugar mommy, un rêve qui se réalise). C’est divertissant, on n’a pas le temps de s’ennuyer, et on a quand même souvent des sueurs froides : le suspens, la tension, le dégoût, l’air de rien, tout ça est maîtrisé ! Les personnages sont, certes, quasiment tous détestables, mais c’est fait exprès, c’est le but, et ce n’est pas pour autant que la série justifie les actions de Joe envers eux.

Avec 10 épisodes, c’est une série qui se dévore ; mon seul regret, c’est qu’elle… continue. Les toutes dernières secondes ont tout gâché ! Elles étaient en trop, la boucle était bouclé, il n’y avait plus rien à raconter, mais il a fallu qu’on s’arrête sur un cliffhanger et la promesse d’une saison 2 qui, à mon humble avis, n’aura pas les éléments nécessaires pour être aussi bonne que la première, mais bon… je ne vais pas dire que je ne serai pas au rendez-vous… j’ai juste peur d’être déçue !

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Tout ça, ça me fait penser à une autre série. Plus précisément, un webcomic. Où là encore, on est face à un tueur en série, et une relation malsaine, super malsaine, mais que des gens arrivent malgré tout à percevoir comme romantique. Vous savez déjà de quoi on parle puisque vous avez vu l’image : Killing Stalking.

J’en ai fait l’éloge quand la série débutait encore, et… je ne sais plus si j’en avais reparlé entre temps, j’ai la sensation que oui mais je n’arrive pas à remettre la main sur l’article, mais… bref, là où je veux en venir, c’est que, entre temps, j’ai complètement décroché parce que la deuxième partie était NULLE. C’était relativement chiant, et une fois qu’on approchait de la fin et qu’on avait enfin l’impression d’avancer dans l’histoire, on est bêtement revenu au point de départ, et en prime, la toute dernière scène était crade, vraiment crade. Je n’aimais plus la direction que ça prenait, et les nombreuses pauses de l’autrice m’ont laissé penser qu’elle était non seulement fatiguée mais aussi sûrement en manque d’inspiration, et ça se sentait.

Je pensais que c’était fini entre cette série en moi, j’en avais trop vu, mais… j’ai appris, par hasard, que le chapitre final était sorti en mars et, j’avoue, ça m’a quand même rendue un peu curieuse. J’ai donc lu toute la troisième partie d’une traite et…

Disons que c’était intéressant. Plus qu’intéressant, c’était surtout satisfaisant, satisfaisant de voir cette histoire se conclure. Le dernier chapitre m’a laissé une drôle de sensation, mais j’imagine que c’était l’effet recherché. Même si, à mes yeux, les deux dernières parties étaient clairement moins bonnes que la première, on ne peut pas nier que c’est quand même travailler ; Koogi, l’autrice, a laissé traîner tant de petits détails qui montrent que depuis le début, rien n’était laissé au hasard, et qui donnent envie de relire complètement l’oeuvre une fois qu’on l’a terminée pour voir tout ce qu’on avait manqué comme indice à la première lecture (et j’adoreeee ça).

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Je vais parler de la fin plus en détails dans le paragraphe qui suit, surlignez pour les spoilers ! *début spoilers*J’ai remarqué que beaucoup de gens n’étaient pas satisfaits de la fin, et espéraient encore un chapitre supplémentaire, un épilogue, quelque chose de plus pour vraiment clôturer l’histoire, mais… plus je pense à cette fin, plus je l’apprécie. Sangwoo a eu la fin qu’il redoutait je pense : il est mort seul, détesté du monde entier, sans que personne ne sache jamais la vérité sur les véritables circonstances de la mort de ses parents, et surtout, il est mort de la manière dont sa mère avait essayé de le tuer, étouffé par un coussin (d’ailleurs, je ne l’avais jamais remarqué avant qu’une autre fan le souligne sur un forum, mais tout au long de l’histoire, Sangwoo ne dort jamais avec un coussin à cause de ce traumatisme). S’il a eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, il n’aura en tout cas sûrement pas pu le voir et a sûrement dû s’imaginer que c’était sa mère qui revenait pour le tuer. Et tout ça, on ne l’a même pas vu, on l’apprend de la bouche d’une mamie un peu sénile qui l’a tué sur un coup de tête parce qu’il faisait trop de bruit ; c’est une mort à priori un peu bête, on se demande si ce n’est pas une blague, mais quand on y pense, c’est un bon choix que de ne pas lui avoir donné une mort théâtrale. Que Sangwoo, qui se croyait tout puissant et s’était donné un droit de vie ou de mort sur les autres, connaissent une fin si ironique et pathétique est finalement ce qui a le plus d’impact.*fin des spoilers*

Au final, je ne sais même pas si je peux dire que j’en recommande la lecture ! Je ne peux pas dire que cette histoire ne m’a pas marquée, ni même qu’elle ne m’a pas plu… au contraire.

Cela dit… même si Killing Stalking appartient de toute évidence à un genre qui n’est pas au goût de tout le monde, j’hésiterais même à le recommander aux amateur-ices de thrillers tant certains passages sont… moralement discutables. Je suis surtout mitigée par rapport aux scènes de sexe.

La relation entre les deux protagonistes n’est jamais romantisée au sein de l’oeuvre, et je trouve même que Koogi dépeint bien ce type de dynamique abusive où l’un fait régner la terreur et l’autre développe des mécanismes de défense pour rationaliser et accepter la situation dans laquelle il est piégé. Il n’y a pas une once d’amour dans cette relation, et ça transparaît aussi dans leurs relations sexuelles, où pour Sangwoo il s’agit uniquement de dominer, contrôler, humilier ; dans son cas, il n’y a même pas d’attirance physique, et il insiste là-dessus à mainte reprise (Koogi a d’ailleurs dit qu’il était hétéro, et cette information divise mais en tout cas, pour moi, c’est évident que c’est le cas). Quant aux sentiments de Bum, il est clair depuis le premier chapitre qu’ils ne sont pas sains, et de par son passé et ses traumatismes, son rapport au sexe ne peut pas l’être non plus ; c’est normal pour lui « d’offrir » son corps pour calmer Sangwoo dans ses excès de colère.

Et malgré tout ça… quand je me penche sur la façon dont ces scènes sont dessinées… je ne peux pas m’empêcher d’avoir l’impression que, bien que violentes, elles ont pour vocation d’être érotiques, excitantes. L’histoire est parfois (souvent ?) teintée d’un fanservice qui n’a vraiment pas lieu d’être, Bum est sexualisé à outrance dans des moments censés traiter de sujets sérieux,… c’est normal pour une oeuvre comme Killing Stalking d’être dérangeante, mais dans ces cas-là, ce n’est… pas pour les bonnes raisons.

Ceci étant dit, même si certains aspects m’ont dérangée, je ne peux pas nier que j’étais à fond. C’est intense comme lecture et il faut vraiment savoir dans quoi on se lance avant de commencer, mais… je suis contente de m’être décidée à reprendre malgré ma déception vis à vis de la deuxième partie.

Versace

On termine sur mon gros coup de cœur : The Assassination of Gianni Versace. Et ça, c’est en fait le sous-titre de la série, qui s’appelle en vérité American Crime Story, et si le nom vous dit quelque chose, c’est parce que c’est un genre de spin-off d’American Horror Story, mais qui se base sur des faits réels. La première saison était centrée sur le procès d’O.J. Simpson (et je ne l’ai pas regardée parce que ça ne m’intéressait pas vraiment), et la deuxième traite du meurtre du créateur de mode Versace, et plus largement, du tueur en série Andrew Cunanan (que j’ai regardée seulement parce que je trouvais la miniature sur Netflix jolie).

Car oui, en 1997, Gianni Versace s’est fait tiré dessus sur les marches de sa villa, et ce que la plupart des gens ignorent, c’est qu’il était la cinquième victime d’un tueur en série.

Ce que j’ai beaucoup aimé, c’est que American Crime Story nous prend par surprise. Autant dans le titre que dans la promo qui a été faite autour, cette série nous est vendue comme une série traitant de Versace. Et ce n’est pas faux ! Le première épisode s’ouvre sur sa mort, et plusieurs épisodes lui sont consacrés. Mais la série va plus loin que ça, en faisant le portrait d’Andrew Cunanan et en montrant ses autres victimes, celles qu’on oublie car elles ne sont pas célèbres, et qu’on a ignoré à l’époque parce qu’elles étaient gays.

The Assassination of Gianni Versace ne se contente pas de retracer les événements qui ont précédés le meurtre du créateur. Elle dénonce ! Pourquoi les autorités ont laissé ces meurtres se produire alors qu’ils avaient le coupable sous leurs yeux ? Parce que c’était un homme gay, qui tuait d’autres hommes gays, et à cette époque, encore plus qu’aujourd’hui, ce n’était pas quelque chose dont la police se souciait. La série dénonce l’homophobie qui teinte non seulement cette série de meurtres mais aussi la société de la fin des années 90 en général.

Elle humanise aussi les victimes, déjà en en parlant, mais surtout en nous montrant qui elles étaient au-delà de leur fin tragique. La chronologie de la série permet d’apprendre à connaître Jeff Trail, Lee Miglin, et, en essayant d’imaginer le cours des événements, tente de rendre justice à David Madson, souvent soupçonné d’être un complice alors qu’il était plus certainement un otage.

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Le seul détail qui me chiffonne, et ça, je l’ai appris avoir terminé la série, c’est que les familles des victimes n’ont jamais été contactées avant ou pendant la production, et des détails de la vie de Gianni Versace et Antonio d’Amico ont été complètement inventés lorsque ce n’était pas du tout nécessaire (*spoilers*par exemple, la réaction très théâtrale d’Antonio quant il découvre le mort de Gianni dans le premier épisode, ou encore sa tentative de suicide dans le dernier épisode. Des scènes très dramatiques et gratuites, qui sont loin de la réalité, d’après Antonio d’Amico lui-même*fin des spoilers*).

C’est regrettable mais je ne pense pas qu’il faille complètement jeter la série pour autant, je suis quand même contente qu’elle existe parce qu’elle met en lumière des problèmes sociaux importants qu’on a mis sous le tapis au moment des faits.

C’est drôle parce que… la série est donc de Ryan Murphy… et j’aime ses séries une fois sur deux, on a une love-hate relationship lui et moi, mais là… pour moi, c’était un sans faute, j’ai tout adoré. La réalisation est top, les couleurs sont superbes, c’est si plaisant à regarder, et le choix des musiques est excellent (est-ce que j’écoute Vienna d’Ultravox à fond depuis que j’ai regardé cette série ? OUI !!!). Tout ça bien sûr porté par le fantastique cast… Darren Criss !!! Au début, j’avais du mal à ne pas voir « le mec de Glee » mais il est tellement bon dans ce rôle que j’ai vite été convaincue par sa performance. Je ne connaissais pas Edgar Ramírez mais quelle révélation !!! Et je n’aurais pas pensé à Penélope Cruz pour ce rôle et pourtant… ça fonctionne très bien ! Quant à Ricky Martin, ah… je suis juste sincèrement heureuse qu’après des années dans le placard il puisse jouer ce genre de rôle (et il le fait bien).

Si je dois vraiment recommander une des trois œuvres que je viens de présenter, c’est celle-ci. Ca m’a tellement plu et j’ai tant envie d’en parler que ça m’arrangerait vraiment que tout le monde regarde…

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7 titres que j’écoute tout le temps !

J’ai un peu hésité avant d’écrire cet article car, comme j’écris de moins en moins, j’aimerais éviter que, lorsque je fais un come back, ça soit pour une playlist, mais bon… je me suis rendue compte que je n’en avais pas publié depuis décembre, et j’ai quand même écouté deux/trois trucs qui méritent d’être partagés depuis.

On commence avec I’d Be Your Wife ; je redécouvre ce titre de Mary Lambert sorti en 2017. Je l’écoutais déjà pas mal à la sortie de son EP Bold, qui contient d’autres adorables chansons du même genre comme Hang Out With You et Know Your Name, mais ce n’était pas forcément ma préférée, jusqu’à ce que je la réécoute plus récemment et là : coup de cœur. ne sais pas si j’ai déjà eu l’occasion de parler de Mary Lambert sur ce blog mais c’est une artiste que j’aime beaucoup, elle a des chansons toutes mignonnes et d’autres plus percutantes sur des sujets très sérieux, mais quoi qu’elle fasse elle est toujours très ouverte et authentique : je l’adore !

Ca, par contre, c’est une découverte que j’ai fait complètement par hasard sur Spotify. La première fois que j’ai entendu le duo Broods, c’était sur la chanson Ease de Troye Sivan, et ma foi, j’avais bien aimé !, mais je n’étais jamais allée voir plus loin. Puis des années plus tard, je tombe donc sur Hospitalized, de l’album Don’t Feed the Pop Monster sorti le mois dernier, et je n’ai pas grand chose à dire dessus si ce n’est que j’aime beaucoup… Le refrain est très entraînant et est fun à chanter, ce qui est toujours un critère important pour moi.

Coup de cœur pour Happy Without Me, des sœurs Chloe x Halle, duo de R&B contemporain que je découvre avec ce titre issu de leur album The Kids Are Alright, sorti l’année dernière. Là non plus, je ne vais pas faire semblant de savoir de quoi et de qui je parle parce que je découvre tout juste, mais en tout cas… ce titre-là… une pépite… je l’écoute sans cesse depuis que je suis tombée dessus par hasard, encore une fois sur Spotify. J’adore le style, ce qu’elles font avec leur voix, le bridge EXCELLENT!!!, la partie de Joey Bada$$,… ça ne fait aucun doute qu’elles ont beaucoup de talent et pour un premier album, ça a l’air d’être du solide (je n’ai pas encore pris le temps d’écouter toutes les pistes de ce généreux album qui comporte 18 titres!). C’est impressionnant pour leur jeune âge (l’une est de 1998, elle a le même âge que moi!!!, et l’autre a deux ans de moins !).

On revient sur du connu : Hayley Kiyoko. Et oui, encore, encore et toujours. Mais cette fois-ci, on ne va pas parler d’Expectations, parce qu’on en a déjà parlé en long et en large, et que je le connais par cœur, non, aujourd’hui, retour aux sources avec l’EP Citrine. J’en ai déjà parlé, ce n’était pas un coup de cœur et ce n’est pas ce qui m’a fait tomber amoureuse d’Hayley et son travail (c’est avec Sleepover que je suis vraiment devenue fan même si à l’époque de Citrine j’écoutais déjà beaucoup Gravel to Tempo), cependant… y’a quand même des sons sympas dessus, notamment Palace. C’est une chanson sur le deuil, avec un refrain très puissant qui me donne toujours des frissons.

Je ne sais pas grand chose de Kelsey Karter si ce n’est qu’elle a fait parler d’elle en début d’année après s’être fait tatouer le visage d’Harry Styles sur la joue. Si ça vous choque, rassurez-vous, ce n’était qu’une petite farce ! un coup de pub pour promouvoir son single Harry, déclaration d’amour de fangirl, entraînante, rock’n’roll, sans prise de tête. J’aime bien, et c’est drôle parce que je n’avais même pas entendu parler de cette histoire de tatouage, c’est la vidéo où elle en parle qui m’a fait découvrir le titre quand elle s’est glissée dans mes recommandations Youtube… Je m’attendais à une storytime en cliquant dessus et… c’est ce que j’ai eu, en un sens, mais pas n’importe laquelle. Je me demande ce que Harry Styles pense de tout ça.

J’ai entendu parler de King Princess pour la première fois quand son EP Make My Bed est sorti l’année dernière, mais je n’ai jamais véritablement accroché à ce qu’elle faisait. Pourtant, j’aime bien ce que j’ai entendu jusqu’à présent, fut même un moment où j’écoutais pas mal Talia, mais je n’ai pas eu de coup de cœur ou de chanson sur laquelle j’aurais fait une fixette et que j’aurais écouté non-stop. Ceci étant dit, récemment, je suis retombée sur Holy, et là, j’ai eu une illumination, j’adore ?! J’aime particulièrement le refrain. Même si Make My Bed ne m’a pas entièrement convaincue, je suis curieuse de voir ce que donnera un album.

Enfin, il faut savoir que depuis quelques temps, je m’intéresse à Godzilla, et ce nouveau centre d’intérêt m’a fait repenser à une chanson de Kesha du même nom, que je me suis remise à écouter et que j’apprécie maintenant davantage. Même si elle n’a finalement pas grand chose à voir avec Godzilla, c’est une chanson qui parle d’accepter et aimer la différence, la nôtre et celle des autres, et elle est… très mignonne. Elle me fait presque penser à une chanson pour enfant. Je suis presque sûre d’avoir déjà parlé de Rainbow, album sorti au cours de l’été 2017 qui marque le grand retour de Kesha après des années à se battre contre ses troubles, un procès compliqué avec Dr. Luke et un contrat avec ce dernier qui l’empêchait de sortir ses nouvelles musiques, mais… impossible de remettre la main sur l’article où je l’aurais évoqué ? Donc, au risque de me répéter, je vais dire que j’aime beaucoup Rainbow, le simple fait que cet album ait pu sortir me rempli d’émotion, et même si toutes les chansons dessus ne sont pas à mon goût, je suis contente de pouvoir entendre Kesha se relever, s’amuser, être elle-même et dévoiler tout son potentiel. Godzilla est l’un de mes nombreux coups de cœur sur cet album.

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7 titres que… j’écoute assez souvent.

Pour ne pas dire « que j’écoute en boucle », parce que oui, je fais ces articles depuis un moment maintenant, avant régulièrement, et maintenant quand ça me prend, mais le fait est que j’ai un peu de mal à me renouveler niveau titre. Là j’avais vraiment envie de faire un article rapide avant de disparaître pour de bon au profit des révisions, et quoi de mieux qu’une playlist ? Donc je fais revenir le concept le temps de 7 chansons. Au tout début, j’écoutais beaucoup plus de musique japonaise, et plus ça va, plus je tombe dans le mainstream américain donc je ne sais si vous allez faire beaucoup de découvertes aujourd’hui mais je crois les doigts pour que ça soit le cas.

Par exemple, là on va commencer avec Dua Lipa. Tout le monde connait Dua Lipa maintenant, non ? I got new rules I count them, tout ça tout ça. Je connaissais, comme la plupart d’entre vous j’imagine, ces singles les plus connus, mais je n’étais jamais allée voir plus loin, et un jour, je suis tombée sur la chanson Room for 2 que… j’adore ! J’arrive un peu tard, elle est sortie sur son premier album déjà vieux d’un an, mais coup de cœur immédiat, ambiance très particulière qui me plait beaucoup, et celle-ci, on ne l’entend pas trop à la radio donc : trouvaille sympa.

On enchaîne avec Troye Sivan, qu’on ne présente plus non plus. Là aussi, hasard total, comme pour Room for 2, c’est Spotify qui m’a recommandé la chanson, mais je ne serais pas allée la chercher moi-même parce que c’est vrai que maintenant je ne m’intéresse plus trop à Troye Sivan. J’étais très fan à l’époque de Blue Neighbourhood en 2015, avant ça je le suivais déjà sur Youtube, mais au moment où son second album, Bloom, est sorti, j’étais passée à autre chose. J’avais vite fait entendu quelques singles, notamment My My My!, mais je n’étais pas convaincue. En revanche, j’avais bien aimé The Good Side ; je ne savais pas trop quoi en penser d’un point de vue… moral ? mais je trouvais original d’écrire une chanson du point de vue de la personne qui était vite passé à autre chose après une rupture difficile, et qui a eu la belle vie pendant que l’autre souffrait. Seventeen est un peu pareil à mes yeux dans le sens où il traite ici d’un sujet grave mais en se contentant de partager une expérience et sans essayer d’en tirer une quelconque morale. Son intéressant, je trouve.

Là par contre on passe à ma découverte de l’année, un groupe largement moins connu : The Aces. C’est un groupe de pop indie et alternative américain composé de quatre femmes : les sœurs Cristal et Alisa Ramirez, McKenna Petty et Katie Henderson. Jamais deux sans trois, c’est une nouvelle fois par hasard que je tombe sur elles, mais pour le coup j’ai vraiment envie de croire que c’est le destin qui les a mises sur mon chemin parce que tout dans ce qu’elles font me parait… fait pour moi. J’aime déjà beaucoup l’idée d’un groupe féminin qui s’est formé au lycée, qui écrit, compose et joue ses propres chansons,… elles font tout elles-mêmes, et elles ont un style un peu années 80 que j’aime beaucoup. Tout au long du mois de novembre, j’ai écouté leur premier album, When My Heart Felt Volcanic, en boucle, et il y a tant de chansons que j’adore dessus mais celles que j’ai envie de partager avec vous aujourd’hui est Bad Love. Parce que, cerise sur le gâteau!!!, les Ramirez sont lesbiennes ; je ne le savais pas quand j’ai commencé à les écouter mais dans des chansons comme Bad Love, ça se sentait, c’est sous-entendu dans les paroles, et pour moi c’est un vrai bonus de pouvoir écouter des chansons qui font écho à mes propres expériences (c’est si rare). Si vous voulez en entendre plus, je vous conseille Just Like That, Volcanic Love, Stuck, Lovin’ is Bible, bref, tout l’album !

On repasse à des noms qui ne vous ont sûrement pas inconnus, comme par exemple celui de Willow Smith. Vous la connaissez sûrement, non pas seulement parce que c’est la fille de Will Smith mais aussi parce qu’elle a commencé sa carrière musicale très tôt, en 2010, avec le single « Whip My Hair ». A cette époque-là, elle avait quoi ? 10 ans ? Depuis, elle a grandi, son style aussi, et il n’a plus rien à voir avec ce qu’on a pu entendre d’elle dans un premier temps. Malheureusement, j’ai l’impression que ses productions plus récentes passent inaperçues comparé au « hit » qu’était Whip My Hair, mais j’imagine que les publics visés sont différents. Maintenant, elle fait dans de la pop expérimentale, alternative, un peu de soul et de R&B,… En 2015, j’étais tombée sur un de ses freestyles, « Female Energy », que j’adorais, et un peu à la même période, je suis tombée sur une des chansons de son premier album, ARDIPITHECUS, dont elle a écrit et produit elle-même chaque piste !!! La chanson en question était Marceline, je l’écoute encore souvent aujourd’hui, toutes ces années plus tard. Mais entre temps, j’ai aussi un peu redécouvert son album et en ce moment je n’ai de cesse d’écouter Not So Different. C’est donc celle que je conseille aujourd’hui, mais comme pour The Aces, je vous encourage à aller écouter d’autres de ses chansons, elle est si talentueuse et son style est si unique !!! L’année dernière, elle a même sorti un deuxième album, que je connais un peu moins bien mais dont je ne doute pas de la qualité.

Pour rester dans le thème des artistes qui ont sorti des chansons un peu « superficielles » jadis et qui continuent à faire de la bonne musique aujourd’hui mais qu’on a du mal à prendre au sérieux, il y aussi… Yelle ! Si vous êtes de ma « génération », vous connaissiez par cœur « Je veux te voir », « Parle à ma main », « A cause des garçons »… on était d’ailleurs sans doute un peu jeunes pour chanter certaines paroles, mais bref, Yelle était partout. Et elle n’a pas disparue, elle est toujours là !, mais plus discrète, toujours avec le même style mais avec des chansons peut-être un peu moins humoristiques. Je ne la suivais pas de près mais à l’époque de la sortie de Complètement fou, en 2014, j’avais entendu deux/trois chansons et j’avais pu constater que ce qu’elle faisait maintenant était chouette, assez plaisant visuellement. Je me suis repenchée dessus récemment en prévision d’un de ses concerts auxquels je vais assister l’année prochaine, et je suis allée de bonne surprise en bonne surprise même si, à mon grand regret, la majeure partie de mes chansons préférées ne figurent pas sur sa setlist… Par exemple, ma préférée en ce moment, Florence en Italie. Très belle chanson, je l’écoute tout le temps ! Et je recommande tout autant « Un jour viendra », la piste qui la suit sur l’album, aussi l’une de mes favorites. Si vous êtes nostalgiques de Yelle, et curieux-ses de savoir ce qu’elle fait en ce moment, je vous conseille de jeter un œil ou même plutôt une oreille à ses dernières chansons !

J’ai l’impression d’avoir fait des pavés pour les chansons précédentes (alors que le but était d’écrire un article vite fait bien fait mais bon, j’écris si peu en ce moment que quand j’en ai l’occasion, je me lâche…), mais pour celle-ci je vais beaucoup plus expéditive pour la simple bonne raison que je ne connais pas vraiment Annie Clark, dit St. Vincent. J’ai juste entendu sa chanson Los Ageless dans la dernière saison de Bojack Horseman (c’est d’ailleurs quasiment tout ce que j’ai retenu de cette saison…), et depuis, je l’écoute tout le temps ! J’irai éventuellement écouter le reste de son album, qui je pense est susceptible de me plaire !, mais pour l’instant, je n’en ai pas encore eu le temps donc je n’ai que ça à vous dire et à vous conseiller.

On termine sur une chanson que je suis sûre de ne pas vous faire découvrir… la première chanson en solo de Jennie, la vocaliste de BLACKPINK ! J’ai l’impression d’avoir attendu ce moment toute ma vie !!! Vous me savez peut-être déjà grande fan de BLACKPINK,  plus particulièrement de Jennie, et assez fan de tout ce qui sort de la YG en général bien que vu la façon dont ils traitent tous mes artistes préférés, ils ne me méritent pas… Fan aussi de cette première chanson, je regrette juste qu’elle soit un peu courte, mais j’adore le clip, et la chanson représente bien les deux facettes de Jennie, à la fois douce et innocente, mais aussi forte et indépendante. J’aimerais vraiment en voir plus, mais je ne sais pas si YG a d’autres projets (dans l’immédiat en tout cas) pour elle ou même pour BLACKPINK. Vu comme le groupe est négligé par son agence, je ne m’attends à rien, mais bon, il y a tellement de potentiel ici que je rêve de voir un album entier de chansons de Jennie (ou ne serait-ce qu’un VRAI album avec plus de quatre pistes pour BLACKPINK…). On nous a aussi promis des projets solos pour chacune des autres membres, mais je préfère ne pas me hyper trop vite…