Otome Game

Réconciliation : Psychedelica of the Ashen Hawk

Après un mauvais moment passé avec Psychedelica of the Black Butterfly, j’ai quand même tenté sa suite… Psychedelica of the Ashen Hawk. Sorti un an plus tard (mais avec seulement quelques mois d’écart chez nous), ce jeu là n’est pas la suite directe de son prédécesseur… ils appartiennent à la même série et, dans une certaine mesure, au même univers, mais sont indépendants l’un de l’autre. Une très bonne chose en ce qui me concerne puisque je n’ai pas aimé grand chose dans le premier opus !!!… Alors que là, d’emblée, j’ai été charmée par l’univers… une ambiance moyenâgeuse avec des couleurs froides et une bande-son folklorique… déjà un peu plus ma came, alors qu’aucun de ces aspects-là ne m’avaient attirée dans l’autre jeu… On part donc sur de meilleures bases mais quid de l’histoire ? Là aussi, c’est un peu plus intéressant que la dernière fois !

Dans un village figé dans le temps où la neige n’a de cesse de tomber, deux grandes familles s’opposent et divisent le peuple en deux clans : celui des pacifistes Wolves, et celui des tyranniques Hawks. Au milieu, il y a Jed, l’héroïne, ou plutôt le héros!, qu’on incarne. Hiver sans fin, dissensions entre les deux factions dirigeantes, meurtres en série,… tous les maux de ce village sont attribués à la « malédiction de la sorcière ». Née avec un œil qui vire au rouge quand ses émotions la dépassent, Jed sait qu’elle est la sorcière que tout le monde craint mais sait aussi qu’elle n’a rien à se reprocher. Cependant, par sécurité, elle cache son identité depuis son plus jeune âge en se faisant passer pour un homme…

Pour encore un peu de contexte : elle a passé son enfance dans la famille Wolf qui l’a recueillie quand elle était encore un bébé mais passé un certain âge, elle a décidé de s’isoler et d’aller vivre dans une tour au fin fond de la forêt, toujours dans une tentative de se faire discrète pour ne pas éveiller les soupçons à son sujet. Depuis, elle vit une vie très modeste et, pour pouvoir se nourrir, elle travaille comme homme à tout faire et rend des services à tous les habitant-es du village. Un jour, le prêtre (beau gosse, parce que c’est un otome game) va lui demander de retrouver le « Kaleido-Via », un…truc… que personne a jamais vu, que personne n’est capable de décrire, mais il faut qu’il soit restitué à l’église avant la « mascarade », occasion lors de laquelle les deux camps ennemis font une trêve et s’amusent ensemble. Comme elle ne sait pas exactement ce qu’elle cherche, la moindre information compte, qu’elle vienne du clan des Wolves ou des Hawks. Elle se rend alors compte que c’est dans son intérêt non seulement d’être anonyme (Jed étant associé aux Wolves même après avoir quitté leur résidence puisqu’il en est toujours proche) mais aussi de se présenter comme une innocente jeune fille…

C’est un concept auquel j’accroche trop ! Si vous me connaissez, vous savez (ou peut-être pas) que je porte un intérêt tout particulier au travestissement et ses implications chez les femmes et même si, ici, on n’est pas plus face à un commentaire social sur la condition des femmes, c’est intéressant de voir quel rapport l’héroïne a avec son genre, les contraintes dont elle fait l’expérience quand elle se présente en tant que femme (elle se plaint surtout de ses vêtements qui ne sont pratiques à une époque médiévale où les femmes ne portent évidemment pas de pantalons) et le regard que portent les gens sur elle en fonction de son apparence (elle fait notamment l’expérience du… sexisme!!!).

Et la meilleure partie, c’est que l’héroïne est géniale ! Comme dans Psychedelica of the Black Butterfly, elle est doublée, ce qui est tellement rare que ça fait toujours plaisir, mais en plus… là pour le coup, j’aime vraiment beaucoup la voix de Tamura Matsumi. Elle a une voix androgyne qui colle parfaitement à ce rôle ; d’ailleurs, elle fait souvent des voix de personnages masculins jeunes (par exemple… Hiyori dans Free!… mention obligatoire!!!). En plus de ça, elle a toutes les qualités qu’on peut rêver de voir chez une héroïne d’otome game mais qu’on ne voit presque jamais : une personnalité et toute une palette d’émotions, elle est gentille mais pas docile et sait s’énerver et se défendre quand besoin est, elle est capable, indépendante et sait se servir d’une épée (elle est cool), elle est courageuse et n’a pas peur de se mettre dans des situations dangereuses… C’est un vrai personnage qu’on a vraiment pris la peine d’écrire, on ne voit pas ça systématiquement !

Je retrouve en elle beaucoup de qualités que j’avais déjà aimé chez Cyrus de Steam Prison ; la seule chose que je trouvais un peu dommage chez cette dernière, c’est qu’elle soit complètement à côté de la plaque en ce qui concerne le sexe, au point de même pas trop savoir comment on fait des bébés… non seulement c’est pas très crédible mais en plus ça l’a mise dans une position vulnérable plus d’une fois alors qu’elle n’est pas naïve en temps normal. Jed, en revanche… disons qu’elle est au courant des choses… ; c’est pas grand chose mais comparé à l’innocence poussée à l’extrême à laquelle on est habitué-es de la part des héroïnes, ça fait quand même une différence de voir une fille qui éprouve du désir.

L’héroïne est donc… validée ! Quant au gameplay… Qui se souvient de la fameuse flowchart ? Je vous rassure, ça va beaucoup mieux. Pour avancer dans l’histoire, toujours des side stories mais plus de mini-jeu. A la place, on a la carte ci-dessous.

En bleu, on a des short episodes qui servent à débloquer de nouveaux chapitres, et en rose, les town memories, qui sont des sortes de mini-interviews avec les habitant-es du village (c’est très rapide, trois phrases maximum à chaque fois) et qui servent à gagner des points pour acheter des bonus à la taverne du village (des variations de CG ou des short episodes supplémentaires).

Ca me dérange toujours autant de devoir faire une pause dans l’histoire et d’être forcée à lire un certain nombre d’épisodes pour avancer seulement de quelques chapitres avant de… devoir recommencer… mais au moins, là, c’est moins récurrent, et les short stories s’intègrent beaucoup mieux à l’histoire, ne serait-ce que parce qu’elles s’inscrivent dans sa continuité contrairement à celles de Black Butterfly où parfois on revenait en arrière de plusieurs chapitres pour un épisode tranche de vie où tout le monde était encore gentil et copains ! Les town memories par contre… c’est vite répétitif ; heureusement, c’est court! mais il y en a beaucoup et c’est ça qui donne l’impression de corvée dans cet opus. Mais c’est bien peu de choses !

Quant à la flowchart, elle est beaucoup plus linéaire cette fois-ci et même si un walkthrough est toujours de rigueur, on s’en sort sans trop de problèmes (certaines routes nécessitent encore et toujours de recommencer le jeu depuis le début et de skip tous les chapitres juste pour un choix à la fin de l’histoire mais bon, c’est un mauvais moment à passer, un seul et pas quinze!, donc y’a du progrès).

Pour ce qui est de l’histoire, il y a aussi un net progrès ! Bien mieux écrite, bien plus travaillée. Cette fois, on a vraiment l’impression d’assembler les différentes pièces d’un puzzle parce qu’on suit plusieurs intrigues différentes, qui bien sûr finissent par être liées entre elles, mais qui permettent d’explorer chacun des personnages, personnages qui, contrairement à ceux de Black Butterfly, ont une vie en dehors de l’héroïne, et ne se limitent pas aux love interests ! Tout ne s’articule pas autour d’elle, les personnages ont d’autres préoccupations et certains sont au centre de l’histoire sans pour autant être de potentiels prétendants pour l’héroïne.

Tee en est un parfait exemple même si j’avoue que ça m’aurait pas dérangé qu’elle soit un love interest…

Ils ont leur propres motivations, tourments et dilemmes, ce qui les rend déjà un peu plus intéressants et profonds que leurs prédécesseurs. Sans être trop élaborée non plus, l’histoire est bien ficelée et pas trop tiré par les cheveux comme ça peut malheureusement arriver. Elle est très plaisante à suivre et on est toujours pressé-es d’en connaître la suite !

Par contre… pour ce qui est de la romance, encore une fois, c’est assez secondaire et rarement synonyme de « happy ending ». Ce n’est pas forcément un mal, surtout que cette fois, l’histoire est très prenante ! Mais ce n’est pas forcément ce que tout le monde recherche en jouant à un otome game donc je préfère prévenir.

Ceci étant dit, quand il y a de la romance… elle est bien écrite, elle est bonne… Plusieurs moments m’ont rendue toute niaise alors que ça m’arrive de plus en plus rarement mais là j’ai trouvé que certaines scènes étaient vraiment… intenses, mignonnes, ou les deux à la fois. Certains personnages ont vraiment su me faire ressentir des choses !!!… mais malheureusement, la fin de la route n’était pas toujours à la hauteur… On va voir ça plus en détails !

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Son nom est dans le titre du jeu et il est le maître de la tour où habite l’héroïne… Ashen Hawk ne compte pas vraiment mais comme il a une route et que c’est l’une des premières qu’on débloque, j’en parle quand même !!! On pourrait croire qu’il fait partie de nos options parce que c’est l’un des premiers personnages masculins qu’on voit et qu’il est assez proche de Jed… certaines scènes sont d’ailleurs un peu tendancieuses!!! mais prennent une autre dimension une fois qu’on en apprend davantage sur la nature de leur relation et qu’on se rend compte qu’une romance est impossible.

Mystérieux, il dit toujours qu’il est un fantôme et qu’il peut se transformer en oiseau, ce dont l’héroïne ne croit pas un mot et considère comme des prétextes pour ne pas avoir à assumer ses responsabilités… Parce que oui, c’est aussi une feignasse!, et il a quelques trucs à se reprocher mais… ce n’est pas un personnage désagréable et c’est pour ça que j’ai été déçue quand sa fin s’est révélée être ni plus ni moins qu’une bad end un peu glauque et déprimante.

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On ne dirait pas comme ça… mais Lugus est le love interest « canon », la route officielle s’il fallait en désigner une. Si je dois qu’on ne dirait pas, c’est parce qu’il a deux fins, et la première, qui s’appelle bien « Lugus ending », est aussi une bad end, bad end qui n’a même pas le mérite d’être originale parce qu’elle est dans le même esprit que celle d’Ashen Hawk… Par contre !, lorsqu’on débloque « l’Heroine’s ending », qui est considérée comme la true ending et qui là, pour le coup, est une fin heureuse!, Lugus revient sur le devant de la scène, cette fois-ci pour vivre une belle histoire avec Jed (c’était pas gagné !).

C’est aussi l’Heroine ending qui relie un peu plus concrètement l’histoire d’Ashen Hawk à celle de Black Butterfly et… malgré mes réserves (étant donné ma relation mouvementée avec le premier jeu), j’ai adoré voir les deux univers se rencontrer et la fin m’a totalement convaincue !

Pour en revenir à Lugus, c’est un personnage très attachant et il partage des scènes très attendrissantes avec l’héroïne… je suis contente qu’il ait eu le droit à une fin heureuse. En tant que successeur d’Olgar, qui est à la tête du clan des Hawks, il apparaît à premier abord comme froid, voire cruel, mais au fond, il n’a que de bonnes intentions et est simplement tiraillé entre faire ce qui est juste et honorer son père à qui il doit tant. C’est un grand gentil et il est très doux avec Jed… ça aurait pu être mon personnage préféré mais, croyez-le ou non!, il y a encore mieux…

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Et je ne parle pas de Lavan ! Même si dans l’absolu, il ne me dérange pas… C’est juste qu’il a quelques comportements douteux qui me font demander si on a la même définition du consentement, et sa fin… n’est pas mauvaise mais il faut passer par un scénario de bad end bizarre et frustrante avant d’y arriver. J’ai trouvé cette fin vraiment étrange, il adopte un comportement très froid, distant et méchant… pour rien ! mais au moins, ça se termine dans la joie et la bonne humeur.

Heureusement, il n’y a pas que sa fin ! Lavan est le successeur de Francisca, qui dirige le clan des Wolves. Sa mère a aussi recueilli Jed quand elle était bébé donc ils ont grandi ensemble et sont très proches depuis l’enfance. Lavan est le successeur idéal et, comparé à Lugus, il a toutes les qualités d’un dirigeant qui plait au peuple : il est gentil, serviable, pacifiste, fait de son mieux pour préserver la paix… il est très apprécié ! Et pourtant…

J’ai bien aimé son personnage parce que ses sentiments sont beaucoup plus complexes que ce qu’on pourrait penser ! Je m’attendais à un héros très lisse alors qu’en fait, il a une part d’ombre et des pensées assez sombres qui ne collent pas à l’image d’homme bon et bienveillant qu’on lui attribue. Il est aussi humain ! Et bien que ça ne soit pas ma romance préférée, la scène où il simule un mariage avec Jed pour lui « apprendre » en quoi consiste la cérémonie ne m’a pas laissée indifférente !!!

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Lavan a aussi un petit frère : Levi !!! Il a toutes les qualités que je cherche : chou, il rougit souvent, il joue au mec viril et c’est vrai qu’il manie bien l’épée mais ce qui lui plait vraiment c’est la lecture, il n’aime pas beaucoup la viande (j’ai décidé qu’il était végétarien) et surtout!!! il aime Jed, que ça soit un garçon ou une fille (j’ai décidé qu’il était bisexuel). Quand ses collègues le taquinent en racontant qu’il ne fait que parler de Jed et quand il se bat avec Tee pour prouver que c’est lui qui le connait le mieux… je craque !!! JE CRAQUE ! J’adore qu’il soit tellement amoureux de Jed qu’il ne puisse plus contenir ses sentiments au point que tout le monde sache qu’il l’aime un peu beaucoup…

Et son histoire est assez surprenante, c’est un personnage intéressant en plus d’être attachant. Le problème, c’est sa fin… elle n’est pas forcément mauvaise mais elle n’est pas idéale non plus et elle est même un peu rushée… C’est quand même le plus mimi !

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Enfin, nous avons Hugh… personnage très mystérieux, il laisse entendre qu’il en sait plus que tout le monde, on ne sait pas trop d’où il vient (c’est un « voyageur » alors que plus personne n’entre ou sort de ce village…) et il est… très élégant. Un personnage dont on a envie de connaître les secrets ! mais même après avoir terminé ses… trois fins (trois!!! dans un jeu où les personnages peuvent s’estimer heureux d’avoir ne serait-ce qu’une good end!), on n’en sait pas beaucoup plus sur lui…

Il a une première fin qui sonne faux parce que même si l’héroïne y est heureux, elle coupe les ponts avec tous les gens qu’elle connaissait et la tournure que prend l’histoire n’est pas réaliste ! Mais c’est la seule fin avec un peu de romance, les deux autres sont surtout là pour vraiment boucler la boucle et répondre aux dernières questions qu’on pouvait encore se poser.

En tout, ça nous fait huit fins, plus encore deux « happy ends » (qui en fait sont juste l’histoire qui s’arrête abruptement sans que rien ne soit réglé), une bad end et la « Wolf Brother’s ending » (qui est une bad end de plus mais centrée sur Lavan et Levi), donc… douze fins au total ! Pas mal mais pas exactement les fins d’un otome game traditionnel. Je le répète, ce n’est pas un mal, mais il faut savoir dans quoi on s’embarque !

Pour moi, en tout cas, c’était une très bonne expérience qui m’a totalement réconciliée avec Psychedelica et qui, je trouve, en rattrape honorablement toutes les erreurs. L’histoire et les personnages sont beaucoup plus soignés et donc considérablement plus plaisants à suivre, l’univers et l’intrigue sont mieux construit-es, et en plus, si comme moi vous appréciez tout particulièrement les graphismes, le jeu n’est pas radin en CGs… Je le recommande chaudement, que vous soyez amateur-ices d’otome game ou non.

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Comme d’habitude, je serais ravie de discuter du jeu avec vous dans les commentaires ! Et même si vous n’aviez pas joué, que vous comptiez le faire ou non, je serais curieuse de savoir quel personnage vous attire le plus pour l’instant !

Et si vous aimez ce genre d’article, ça tombe bien!, j’ai encore quelques jeux dans mon backlog… Mais avant de reparler d’otome game, je pense qu’on se retrouvera pour discuter d’Higurashi no naku koro ni, que je suis en train de redécouvrir en ce moment même ! En attendant…

La bise à Jed.

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