Otome Game Review

Otome game sur papier : le light novel Obsessions of an Otome Gamer

Cross Infinite World est une maison d’édition californienne qui me fait de l’œil depuis longtemps. En activité depuis 2016, elle se spécialise dans la localisation de light novels et de manga dits « de niche », avec une préférence pour les œuvres qui s’adressent à un public féminin. Et, le mois dernier, elle a eu la générosité de m’envoyer un titre de mon choix au format eBook ! Comme, ici, on aime les otome games, j’ai bien sûr opté pour Obsessions of an Otome Gamer, un web novel écrit par Natsu et illustré par Shoyu.

C’est un titre qui s’inscrit dans la tendance des isekai : des histoires où le personnage principal se réincarne dans un jeu vidéo. Ici, Mashiro est transportée dans le remake de son jeu préféré, Hear My Heart, où elle retombe à l’âge de l’école primaire et se découvre une passion pour le piano, à l’instar de l’héroïne d’origine. Mashiro refuse de mener sa vie en fonction d’un scénario décidé par le jeu, et met donc à point d’honneur à éviter d’atterrir par mégarde sur les routes de Kou et Sou. Mais malgré tous ses efforts, ils finissent toujours par se retrouver aux mêmes endroits qu’elle, menant à des scènes romantiques tout droit sorties d’un otome game. Mashiro peut-elle vraiment échapper à son destin tout tracé ? Va-t-elle déclencher une « bad end » en s’éloignant du scénario ?

Alors, spoiler alert : elle va bel et bien finir avec un des deux garçons. Est-ce que l’heureux élu sera Kou, le personnage qui lui avait volé son cœur à l’époque où elle était encore simple joueuse ? Ou va-t-elle se tourner vers Sou, le garçon sensible et débordant d’affection ? C’est vous qui allez en décider ! En effet, Obsessions of an Otome Gamer s’annonce comme une série en trois arcs : le premier se déroule à l’école primaire, le deuxième prend place au collège, et le dernier, qui correspondra aux années lycées, sera divisé en deux volumes, chacun consacré à un des deux garçons et apportant donc une conclusion différente à l’histoire. Libre à vous de lire choisir la fin qui vous attire le plus ou de lire les deux scénarios possibles, comme dans un otome game !

Ce premier tome est donc ce qui s’apparente à une common route et l’héroïne passe environ autant de temps avec Kou qu’avec Sou, de quoi vous permettre d’apprendre à les connaître et d’orienter votre futur choix… ! Si les personnages évoluent, grandissent, et se rapprochent, c’est un tome qui sert avant tout à planter le décor en expliquant les mécanismes du monde de Hear My Heart et les mystères qui l’entourent. Comme toute bonne héroïne d’otome game qui se respecte, Mashiro est amnésique : pourquoi est-elle ici ? quel lien ont certains personnages avec son passé ? pourquoi les souvenirs de sa précédente vie s’effacent petit à petit ? qu’est-ce que Hear My Heart veut lui faire oublier ? et surtout, que cache Kon, l’ancienne héroïne reléguée au rang de personnage secondaire dans ce remake ? Beaucoup de questions restent sans réponse à l’issue de ce premier volume mais la lecture n’en reste pas moins divertissante et on en ressort forcément curieux-euses de savoir la suite.

Les fans d’otome games seront servi-es parce que le concept est bien exploité et on voit que l’autrice aime et connaît bien ce genre de jeux. La protagoniste est une fangirl dans laquelle on aura aucun mal à se reconnaître et l’univers dans lequel elle est plongée fait plein de clin d’œil aux clichés des otome games : après avoir perdu ses souvenirs, elle devient une héroïne bien élevée qui n’a pas une once de méchanceté en elle, ses love interests qui vivent dans l’opulence, l’un d’eux est un personnage « ore-sama » avec un côté tendre et la menace d’une bad end où le gentil garçon séquestre l’héroïne plane…

Et ce light novel saura également satisfaire les amateur-ices de musique classique ! En effet, le piano a une place importante dans l’histoire et de nombreuses scènes, décrites en des termes très techniques, y sont consacrées. J’avoue que, en ce qui me concerne, ça ne me parle pas plus que ça et j’ai parfois trouvé pénible les descriptions à rallonge des morceaux joués pendant les récitals. Mais je suis sûre que certain-e-s y trouveront leur compte ; je n’y connais rien donc je ne peux pas affirmer avec certitude que c’est bien écrit, mais l’autrice a confié dans une interview qu’elle a joué du piano pendant de nombreuses années donc… elle doit savoir de quoi elle parle. Pour les autres qui, comme moi, ne sont pas là pour ça, ce n’est pas grave ! Ca reste un light novel donc ça se lit sans peine grâce à l’écriture relativement simple et les dialogues qui sont très dominants par rapport aux descriptions.

Niveau romance, par contre, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Il y a pourtant toutes les scènes qu’on pourrait attendre d’un shôjo : la Saint-Valentin, la sortie à la plage, le rendez-vous au parc d’attraction, l’aveu des sentiments amoureux,… Mais ce sont des enfants ! des bébés ! Et moi, ça me sort un peu du truc. Ca ne sera pas un frein pour tout le monde, ce n’est pas le premier bouquin dans son genre à prendre l’école primaire comme cadre, et même moi, à l’époque, j’étais dans tous mes états en lisant Gakuen Alice où les personnages étaient dans la même tranche d’âge mais… aujourd’hui, force est de constater que ça ne me fait plus autant d’effet. Je pense que j’ai un peu de mal à prendre ces scènes au sérieux. Mais ça reste mignon comme tout. Il en faut juste un peu plus pour faire battre mon cœur à toute vitesse !!! Peut-être que j’aurais été plus réceptive si Kon avait aussi été présentée comme un possible love interest mais, à en croire les dernières pages, le scénario a d’autres plans pour leur relation (et c’est dommage, parce qu’elles ont plein de scènes qui auraient pu aller dans ce sens !). Je suis curieuse de voir quel sera mon ressenti quand iels auront tous quelques années en plus.

En attendant, c’est une lecture très agréable -accompagnée de superbes illustrations où l’on peut voir les personnages grandir- que je recommande si vous aimez les tranches de vie, les otome games et la musique (évidemment !), et les histoires d’amour avec une touche d’angst.

Les deux premiers volumes sont d’ores et déjà disponibles en anglais, aux formats physique et digital ! Convaincue par cette licence, je compte bien en lire la suite, mais aussi jeter un œil aux autres titres de Cross Infinite World.

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