Publié dans Chronique

Je relis mes manga préférés du collège.

Vous avez lu le titre, vous savez déjà tout ce qu’il y a à savoir ! Mais un peu de contexte: presque deux ans plus tôt, j’écrivais « REWATCH: Kaichou wa Maid-sama! », un article où, comme son nom l’indique, je donne mon avis sur un anime, mais des années après l’avoir regardé pour la première fois !

Et depuis, j’ai toujours voulu faire la même chose mais avec un manga. En l’occurrence, l’Académie Alice. Cependant, n’ayant jamais trouvé la motivation d’enchaîner les 31 tomes en prenant des notes, je me suis dit que j’allais plutôt reprendre le concept avec les tomes 1 de mes séries préférées quand j’étais au collège.

Je vais relire l’Académie Alice, Lovely Complex, Junjo Romantica, Black Butler, et Life, et voir si, en imaginant que j’aie acheté et lu ces manga pour la première fois aujourd’hui, j’aurais acheté la suite.

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J’ai suffisamment raconté cette histoire pour que vous sachiez que mon premier manga, c’était Détective Conan, en primaire. Mais je n’étais pas allée chercher pour loin. En cinquième, j’ai acheté l’Académie Alice d’occas’, et là, ma passion pour les manga s’est enfin éveillée.

Pendant longtemps, c’était mon manga préféré. Après relecture, j’ai beau essayer de rester objective, je suis emplie de nostalgie, et j’adore.

Tout commence quand Hotaru s’en va, du jour au lendemain, pour la fameuse Académie Alice, qui rassemblent l’élite du pays, ceux dotés d’un « don inné ». Ne supportant pas son départ, sa meilleure amie Mikan quitte sa petite cambrousse pour aller la rejoindre, direction Tokyo. Mais pour intégrer cette prestigieuse école, elle doit faire ses preuves.

Première chose qui me frappe: je déteste Natsume. Je crois que la plupart des mecs des shoujo de ma jeunesse me font cet effet quand je les redécouvre. C’est des sales cons ! Et pourtant, j’étais folle amoureuse de Natsume, dont je rajoutais toujours le nom de famille derrière mon pseudo, aussi ridicule se fût-ce… Bien sûr, on apprend à l’aimer en même temps qu’on apprend à le connaître, mais dans ce premier tome, il est exécrable, et la scène censée être « rigolote » où il enlève la culotte de l’héroïne est à gerber.

Les autres personnages m’apparaissent toujours aussi attachants par contre. Derrière ses airs de rebelle, Luca a un grand cœur. On cerne très vite Hotaru qui est froide mais dont l’affection pour son amie ne connait pas de limite. Et aujourd’hui, je me rends vraiment compte à quel point Mikan est cruche, impulsive et naïve, mais son optimisme est toujours aussi attendrissant. A l’époque, c’était mon modèle; j’aspirais à être aussi positive, tout prendre avec le sourire et faire de mon mieux dans chaque situation. Autant dire que ça ne m’a pas exactement réussi, mais je pense que son personnage a quand même eu un petit impact sur moi. Elle a besoin de mûrir mais c’est une bonne fille.

L’univers aussi est toujours aussi intéressant. Quand on pense « shoujo », on pense souvent « histoire d’amour », mais ce n’est pas la priorité ici, il y a toute cette académie autour, avec son système complexe, ses règles strictes, ses personnalités atypiques,… Il faut plusieurs tomes pour en découvrir toutes les particularités, et faire connaissance avec les nombreux personnages. Le premier tome pose déjà les bases, on se familiarise avec le concept « d’alice », mais on sent bien que ce n’est que la surface et que l’univers est très travaillé, et très vaste.

Est-ce qu’aujourd’hui, j’achèterais la suite ? J’aurais tort de ne pas le faire en tout cas. Le ton est plutôt enfantin, mais l’humour est efficace, et surtout, malgré les apparences, le manga cache une facette plus sérieuse, et sombre. Le premier tome peut paraître un peu niais mais il y a déjà quelques détails pesants (les élèves, pourtant si jeunes, sont coupés du reste du monde et n’ont qu’à un contact extrêmement limité avec leur famille, par exemple) (le comportement de fugueur Natsume laisse aussi entendre que tout n’est pas si rose à l’académie).

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Lovely Complex, également un des tout premiers manga que j’ai lu, à l’époque où Akata était encore relié à Delcourt. Encore un shoujo, donc ! L’histoire est assez classique: tandis que Risa est très grande pour une fille de son âge, Ootani, lui, est tout petit. Pas facile pour trouver l’amour!

Après relecture, toujours le même coup de cœur pour ce manga plein d’humour et de fraîcheur. Ce duo m’avait manqué ! Pas de suspens, dès le début, tout le monde (que ça soit le lecteur, ou leur lycée tout entier) sait qu’ils vont finir ensemble, mais on se plait à voir leur relation dynamique évoluer de la haine à l’amour, des chamailleries à l’affection.

Au début très hostiles, ils se rapprochent en voulant s’entraider dans leur vie amoureuse. Bien que réticents à l’admettre, ils se rendent vite compte qu’ils sont faits l’un pour l’autre: non seulement ils ont les mêmes goûts et s’entendent très bien, ils partagent le même complexe et, par extension, les mêmes souffrances, et se comprennent l’un l’autre.

Le thème des complexes physiques est intéressant d’ailleurs, j’aime bien les problématiques dans lesquelles tout le monde peut un peu se retrouver. Là, leur taille est un mal-être au quotidien, mais ils font de leur mieux pour accepter les faits, ne pas se laisser bloquer par ça et mettre leurs meilleures qualités en avant, et éventuellement, s’accepter tel quel.

Le dessin n’est pas encore tout à fait maîtrisé mais il s’affirme et s’améliore au fil des tomes. Cela dit, les illustrations sont déjà très chouettes dès le premier tome; et l’auteure est sans aucun doute amatrice de mode parce que les personnages ont toujours des tenues très stylées !!

Agréable et drôle… Est-ce qu’aujourd’hui, j’achèterais la suite ? Oui. J’adorais ce genre de lectures à l’époque, et j’aime toujours autant aujourd’hui.

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Jusque là, le bilan est plutôt positif. Mais on va passer à… Junjo Romantica. … A l’époque où il est arrivé chez nous, soit il y a 6 ans, on n’avait quand même nettement moins de choix niveau BL. Beaucoup ne juraient que par celui-ci, et c’était moi-même mon premier « yaoi ».

Après relecture, je me demande bien comment j’ai pu autant aimer ce manga. Mais je m’attendais à ce qu’aujourd’hui, ça passe beaucoup moins bien avec moi.

L’histoire commence déjà sur de mauvaises bases. Misaki est aux résultats médiocres mais qui visent une assez bonne fac. Son frère lui recommande donc un ami de longue date pour des cours particuliers. Mais le courant ne passe pas très bien avec Usami, dit « Usagi »: friqué et arrogant, c’est aussi un auteur de BL qui met en scène un personnage largement inspiré du frère de Misaki dans ses récits érotique. En effet, il en est amoureux depuis toujours, et ça, Misaki a du mal à le digérer, comme en témoignent ses insultes homophobes.

18 et 28 ans, une différence d’âge qui peut mettre mal à l’aise, d’autant plus que leur première interaction est… un viol. Ca donne le ton dès les premières pages… Misaki a beau se débattre et lui crier de le lâcher, Usagi a plus de force et en profite donc pour le toucher, le dégrader, le provoquer, et l’humilier. Et il ne s’arrêtera pas là, le harcèlement sexuel est un peu le running gag tout le long du tome !

Mais il a du charisme et de l’argent. Donc ça passe. Je crois que je l’avais déjà comparé à Christian Grey, jadis, dans un autre article. Hé bien, ça tient toujours. Ils ont les mêmes qualités: possessif, très vague notion du consentement, font rimer « amour » avec contrôle,…

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Mais ce qui m’a marqué dès la première page, c’est que le dessin est dégueulasse. Junjo Romantica sans doute contribué au stéréotype « yaoi hands » avec ses corps disproportionnés. Sans parler du fait que les personnages se ressemblent tous… Mais l’auteure s’améliore avec les années, je ne peux pas lui enlever ça; son style actuel est même très bien.

Il faut aussi savoir que Junjo Romantica suit plusieurs couples, et la moitié de ce tome est consacré à « Junjo Egoist », c’est… un peu moins le malaise, mais leur relation est si précipitée, on ne comprend pas tout et ça pourrait être mieux rythmé. C’est vaguement plus sain mais la différence d’âge est aussi un peu… limite-limite. J’ai pourtant rien contre les grandes différences d’âge du moment que la relation est légale, mais c’est un peu comme… demander la Lune, je crois.

Est-ce qu’aujourd’hui, j’achèterais la suite ? Non, et je ne serais même sûrement pas aller au bout du premier chapitre ! Rien de romantique ni même d’intéressant. Maintenant, si on cherche du BL, on peut se tourner vers bien mieux. Je me demande si les gens lisent encore ce titre, dont un nouveau tome est sorti pas plus tard qu’en avril… je n’en entends plus jamais parler, et tant mieux…

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Qu’y a-t-il sur les étagères de ma bibliothèque ?

Pas grand chose. Ou du moins, plus grand chose. Quand on voit mon blog, on pourrait assumer que j’aime les manga, et que par extension, j’en lis souvent. Que nenni !, c’est du passé tout ça. Même s’il est vrai que, lorsque j’étais au collège, c’était là-dedans que partait tout mon argent.

J’en lisais, et j’en achetais, beaucoup; je ressortais pas d’une librairie sans avoir les bras plein à craquer de manga. Puis vint 2012; nos projets de voyage au Japon se sont concrétisés, mais pour pouvoir partir, il fallait que je paye mon billet d’avion, et après ça, que je continue à économiser pour pouvoir me faire plaisir sur place. Du coup, vu que je devais me serrer la ceinture pendant un peu plus d’un an, j’ai fait l’impasse sur quelques trucs, dont les manga. J’en achetais toujours, mais considérablement moins. Et quand enfin, j’ai à nouveau eu de l’argent à claquer là-dedans, j’avais pris du retard sur tellement de séries que je savais plus vraiment par où commencer. Et c’était sans compter sur tous les nouveaux titres qui avaient été licenciés. Ca m’a un peu découragée à reprendre les manga, d’autant plus que pendant le laps de temps où j’en avais pas acheté, je m’en suis aussi un peu désintéressée, tant et si bien que j’en lisais même plus en scans sur internet.

TL;DR: ça fait maintenant des années que les étagères de ma bibliothèque prennent la poussière. Malgré tout, il y a encore quelques titres que je suis et que j’affectionne, et aujourd’hui, dans cet article, j’avais envie d’en partager quelques uns avec vous. Voilà. C’était tout un pavé pour dire « les manga, c’est plus trop mon truc, mais je vais quand même en parler ». Vous pouvez vous en douter: il n’y aura aucune licence récente dans cet article, c’est pas sur ce blog que vous allez être tenu au courant des dernières sorties manga, mais j’espère quand même que vous allez découvrir des manga qui vous plairont !

9782351425879Et… le premier manga que je tiens à présenter n’est autre que Les Vacances de Jésus et Bouddha. Aussi appelé « Saint Young Men », il a été créé par Hikaru Nakamura en 2006, et est arrivé dans notre pays en 2011, chez Kurokawa !

On y suit le quotidien de deux amis qui ont décidé de prendre de petites vacances bien méritées à Tokyo. Ils louent un appartement ensemble, et tentent de s’adapter aux us et coutumes de ce pays auxquels ils sont étrangers. Ca aurait pu être un slice of life tout ce qu’il y a de plus banal, si nos protagonistes n’avaient pas été Jésus et Bouddha ! Et la Terre, ça fait bien 2 000 ans qu’ils n’y avaient plus poser les pieds; ça facilite pas leur intégration, et ça donne lieu à des situations pour le moins cocasses.

Sans prise de tête, Les Vacances de Jésus et Bouddha est un manga léger, plein d’humour, avec de très jolis dessins,… on s’en lasse pas, et on passe toujours un bon moment quand on en a un tome entre les mains. Je pense qu’il est aussi important de préciser que bien que ça soit un manga classé « comédie », et qu’il contient une tonne de références au christianisme et au bouddhisme, il ne se moque pas de la religion. Au contraire, l’auteure en est très respectueuse !,et a pris le temps de faire ses recherches.

L’idée est originale, et c’est tout à fait le genre d’humour que j’aime, mais comme c’est un slice of life, il n’y a pas vraiment d’histoire, de fil conducteur, donc si vous recherchez un scénario travaillé, des personnages développés et de l’action, ce n’est probablement pas pour vous. Mais si vous cherchez un manga de qualité pour passer le temps, je vous conseille vivement Les Vacances de Jésus et Bouddha ! 10 tomes sont disponibles en France.

Afterschool-Charisma-tome-1-de-Kumiko-SuekaneOn change totalement de registre avec Afterschool Charisma, un seinen de Suekane Kumiko. L’histoire se déroule à l’académie St Kleio, qui a la particularité de n’accueillir que des clones de grands noms de l’Histoire: Beethoven, Napoléon, Jeanne d’Arc, et même Hitler. On ne sait pas pourquoi ils existent, mais on attend d’eux à ce qu’ils suivent le même chemin que leurs « originaux » en excellant dans les mêmes domaines.

L’intrus, c’est Shiro Kamiya. Le fils du directeur, mais aussi le seul élève « ordinaire » de l’école.

Alors j’avoue, j’ai quelques tomes de retard, mais croyez-moi, c’est l’un des manga les plus passionnants qu’il m’ait été donné de lire. Le concept est génial, et, dieu merci, il est bien exploité. L’histoire est prenante, c’est un thriller avec beaucoup de suspens, de retournements de situations, de révélations, d’action,…Mais par dessus tout, c’est surtout les personnages qui m’ont convaincue; chaque clone réagit différemment à sa situation, mais la grande partie des élèves de St Kleio sont perdus, incompris, torturés, et ils rêvent tous à un autre destin. Ils sont tous touchants, et intéressants à suivre. Ce manga-là, j’ai bien envie de le recommander à tout le monde. En plus, le chara-design est magnifique, j’adore les dessins de Suekane; en espérant qu’on ait les mêmes goûts et que ça sera aussi votre cas.

Il est sorti en 2009 au Japon, et en 2011 en France. Avec 12 tomes, la série s’est achevée au Japon l’année dernière; à l’heure actuelle, Ki-oon en propose 10. 

(Et pour finir, un petit mot sur l’auteur ! Elle se fait aussi connaître sous le pseudonyme de « Cinnamon », et parfois « Macho », sous lequel elle publie d’excellents doujinshi IwaOi. Avis aux amateurs.)

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